Les mots de la Francophonie, chapitre 6: homosexualité.

Article : Les mots de la Francophonie, chapitre 6: homosexualité.
12 mars 2014

Les mots de la Francophonie, chapitre 6: homosexualité.

Le 20 mars c’est la journée internationale de la francophonie. Il s’agit comme chaque année pour la communauté de ceux qui utilisent partiellement ou totalement le français en partage de se rappeler leur appartenance commune aux valeurs de cette Francophonie. Alors je me demande quels pourraient être les mots clés à décrypter pour ce 20 mars 2014.  Dans ce billet, je parle d’une famille de mots : Homosexualité.

homo

Il est des jours où on ne sait plus à quel saint se vouer en matière de norme ou de valeurs. Quelqu’un avait pourtant affirmé que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Je voudrais donc clairement demander : Le débat sur l’homosexualité mérite t-il d’être mis à la table des discussions des sommets de la Francophonie ? Et pour cause, Dans Homosexualité, on a Homosexuels, on a Homophobie, et si on a Homophobie, on a aussi Homophilie. Il vous importera peu de savoir si je ne suis homophobe ou homophile, car en réalité je ne suis aucun des deux. Le dictionnaire Larousse définit l’homophobie comme étant le « Rejet de l’homosexualité, hostilité systématique à l’égard des homosexuels ». Je ne suis donc pas homophobe, car j’ai des amis homosexuels que je respecte, qui sont dotés d’une intelligence remarquable et qui sont des hommes et des femmes très brillants. Par contre, je ne suis pas pour autant homophile, car homophile était bien avant synonyme de homosexuel, mot préféré par les militants de la cause homosexuelle, parce qu’il évitait la référence à la sexualité pour lui substituer celle de l’amour et de l’affinité.

Franchement, que deux hommes ou deux femmes aient des rapports sexuels ensemble, quel est le problème ? En quoi cela pourrait-il vous gêner vous et moi ? Qu’il soit zoophile, bisexuel, transsexuel, ou hétérosexuel ? Un individu reste un individu normal tant que ses tendances sexuelles ne nuisent pas à autrui. Le hic est que plusieurs tendances sexuelles nuisent à autrui en Afrique francophone. L’homosexualité est plus ritualiste que  naturelle. Elle est souvent la condition pour accéder à un grade supérieur dans l’armée, à un poste ministériel, ou à une promotion en général. Le sentiment est d’autant plus abject à l’égard de cette pratique au Cameroun, que l’on l’a assimilée à une pratique magico-mystique. Certaines personnes voient dans l’homosexualité une façon d’asservir et d’avilir les personnes, à tel point que cette pratique est détestée par la grande majorité des citoyens camerounais. Pire encore, plusieurs sociétés d’Etat et multinationales implantées au pays sont accusées de ne sponsoriser que des évènements de personnes ou d’associations ayant intégré « le réseau », entendu comme réseau des homosexuels pour dans lesquels les décideurs appartiennent en majorité selon la population.  Des mouvements comme « Touche pas à mon anus » naissent au Cameroun chaque jour, mais en Afrique en général, comme au Nigéria, et en Ouganda notamment. Si le cas ougandais est très médiatisé, il faut quand même noter qu’il y’a plus de 70 pays qui pénalisent l’homosexualité dans le monde. Parmi eux ; les francophones Bénin, Cameroun, Bénin, Togo, Guinée, Algérie, Maroc, Tunisie, Mauritanie, Sénégal, Les Comores, Les Seychelles, Le Burundi, l’île Maurice, etc. C’est dire combien la question est encore délicate au sein des instances de l’organisation francophone. Par contre, Zigzag Magazine propose une réflexion comparée à ce sujet, entre le Québec et le Sénégal, deux pays francophones, complètement opposés sur la question. Le président Macky Sall a clairement déclaré à Barack Obama en 2013, que la dépénalisation de l’homosexualité n’était pas encore à l’ordre du jour au Sénégal. Même son de cloche au Cameroun où le Ministre de la Communication a rappelé à la presse nationale et internationale que le Cameroun n’était pas prêt à dépénaliser. De toutes les façons, si zigzag magazine permet d’aborder le clivage nord-sud sur l’orientation sexuelle, cela nous rappelle que zigzag est l’un des dix mots de la Francophonie en 2014. Le zigzag  a pour synonymes : revirement, volte-face, retournement ou encore sinuosité. Y’aura-t-il un zigzag des pays francophones homophones en la matière ? La question reste posée. En attendant,  il ne faut pas oublier que ce qui est valable à Montréal ne l’est pas forcément à Dakar, et c’est pour cette raison que je suis d’accord avec le Secrétaire Général de la Francophonie, Abdou Diouf : « NON à l’uniformisation culturelle et linguistique qui menace le patrimoine intellectuel et la création mondiale, mais aussi la démocratie internationale. ». Oui, Monsieur Diouf, non à l’uniformisation culturelle, non aussi à l’uniformisation sexuelle.

 

Partagez

Commentaires

Fabienne
Répondre

C'est très intéressant mais quand je fini de lire je ne comprends pas le NON de la fin. Quand vous dîtes ce non à l'uniformisation est-ce que vous dîtes que vous n'êtes pas d'accord avec cette pratique ou bien que les pays qui sont contre devraient soutenir leur idée pour valoriser cette diversité culturelle demandée par Abdou Diouf?

dania
Répondre

Votre question est la preuve que vous avez compris mon article. Non à l'uniformisation, à vous de me saisir et de me comprendre. La question reste posée.

Jack Meka
Répondre

Pourquoi voulez-vous sembler plus tolérante que vous ne l'êtes vraiment ?

Si vous acceptiez vraiment l'homosexualité, vous auriez discuté avec vos soi-disant amis qui vous auraient expliqué qu'ils étaient nés comme ça. Les prétendues "pratiques rituelles" ne sont qu'une tentative maladroite d'explication de ceux qui ne comprennent pas qu'on puise aimer quelqu'un du même sexe.

La vraie tolérance impose de militer en faveur des causes pour lesquelles on n'est pas forcément impliqué à titre personnel.

Jack Meka
Répondre

Et s'il ne s'agissait que de coucher pour réussir, nous aurions gravi tous les échelons de l'échelle sociale depuis longtemps. Or, tous les reportages et toutes les études montrent que, en Afrique noire en tous cas, les gays sont un groupe social plutôt pauvre et économiquement désavantagé.