Comment peut-on avoir faim lorsqu’on a du pétrole ?

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13 mars 2014

Comment peut-on avoir faim lorsqu’on a du pétrole ?

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Le Roi Chavez est mort, vive le roi ! Le Venezuela a de l’or noir entre ses mains, mais c’est le son de la famine qui retentit dans les oreilles de la population. Le lait, la farine et l’huile manquent. Le peuple s’interroge : comment est-ce possible ? Un sol mot pour expliquer cela : l’inflation. Les prix grimpent parce que le gouvernement avait décidé d’investir ses pétrodollars dans des programmes sociaux et dans des projets de lutte contre la pauvreté. A la base, Hugo Chavez voulait permettre que les revenus du pétrole profitent à la grande majorité de la population. Malheureusement, la hausse des prix est fille d’une consommation plus galopante que la production. Voilà la maladie vénézuélienne.

Pourtant, cette crise n’est pas nouvelle. Elle date au moins de 20 ans, même si le record d’inflation de 56% est atteint en fin 2013. De plus, l’actuel président, Nicolas Maduro est victime d’après ses proches, du sabotage de la haute bourgeoisie locale qui orchestre des spéculations et des contrebandes diverses. Seulement, la politique du refus du capitalisme a conduit le Venezuela à vouloir contrôler le taux d’échange au profit de l’achat des dollars qui ne profitent qu’à des classes plus munies. Les multinationales boudent, la Banque Mondiale tire la sonnette d’alarme, le Bolivar perd de sa valeur à l’intérieur de l’Etat, et les spéculateurs deviennent les véritables maitres du pays. L’Etat est endetté, et le climat des affaires est morose.

Nicolas Maduro tente le tout pour le tout, allant jusqu’à demander l’approbation du parlement pour une gouvernance par décrets. La lutte acharnée est donc lancée contre la spéculation et la corruption, mais en attendant, le panier de la ménagère est vide.  Est-ce que les cartes électroniques de rationnement et le système supérieur d’approvisionnement vont régler le problème ? Les vénézuéliens n’ont pas passé des années à dormir sur les lauriers de leur manne pétrolière ? Et pourquoi n’ont-ils pas imité l’exemple du Qatar ?  Maintenant l’économie suffoque. Trouver des produits de première nécessité est difficile. Les prochains jours s’annoncent donc pénibles pour Nicolas Maduro, car son peuple a faim, et n’écoute plus les discours d’apaisement ou les promesses de redressement. Ventre affamé n’a point d’oreille.

 

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