Léonora Miano, la plume que j’ignorais, Chapitre II.

Article : Léonora Miano, la plume que j’ignorais, Chapitre II.
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8 décembre 2014

Léonora Miano, la plume que j’ignorais, Chapitre II.

Le 7 Novembre 2013, j’écrivais un  billet intitulé Léonora Miano, la plume que j’ignorais. C’était au lendemain de son prestigieux prix, le Fémina, pour son roman, la saison de l’ombre. Je t’ai donc rencontrée aujourd’hui, pour la première de ma vie, ce matin du 8 Décembre 2014. Ton regard en disait long, plus long que ta simple production littéraire de onze ouvrages en 10 ans. Je t’ai demandée si avec une telle consécration, tu pouvais prendre déjà ta retraite, tu m’as répondu : « il faudra que j’y songe à un moment de prendre ma retraite ».

Léonora Miano
Léonora Miano

En fait, au-delà de la fascination et de l’admiration que je peux avoir pour toi, c’est surtout ta trajectoire afro-diasporique que tu revendiques qui m’a ébloui ce matin. Tu dis « je ne suis pas une afropéenne, mais une immigrée qui a eu des problèmes de papier en France ».  Tu ne fais pas dans la langue de bois, et tu es loin du politiquement correct, sans compter les répliques quelque peu désobligeantes que tu as lancées aux journalistes qui sont venus te voir ce matin. C’est là que le côté star est visible, avec tout ce qu’il possède d’arrogeant, de détestable et de répulsif. Mais cela n’a pas altéré pour autant la grandeur de l’écrivaine que tu es. Tout d’abord par la panoplie de tes prix reçus, une reconnaissance internationale avérée sans doute. Il y’a aussi la reconnaissance du gouvernement camerounais, ton pays d’origine, qui a mis ton œuvre L’intérieur de la nuit  au programme des classes de seconde. Il y’a enfin ta parfaite connaissance des sujets que tu abordes, notamment la traite transatlantique, dans l’œuvre La saison de l’ombre , dans laquelle tu nous plonges dans la réalité des conséquences de la traite au sein de ceux qui sont restés dans le continent.

Tu me combles plus loin, lorsque tu m’avoueras que ce roman a été le résultat de plusieurs recherches documentaires, notamment quand tu as approché un Roi du peuple Sawa au Cameroun, le PRINCE DIKA AKWA NYA BONAMBELA à travers son ouvrage LES DESCENDANTS des PHARAONS à travers l’AFRIQUE. Pour sûr que tu es une inspirée africaine, une initiée même, bien que tu aies refusé sèchement de me parler de ton ascendance spirituelle. « C’est du domaine privé, la spiritualité », m’as-tu dit avec un sourire tout à fait moqueur.

Dania et Léonora
Dania et Léonora

Mais tout cela c’est toi, une vraie Duala que tes 22 ans passés à l’hexagone n’ont pas altérés. D’ailleurs tu sais toujours dire « Ayo Mba ndé ! » comme pour marquer ton désarroi comme on sait le dire à la côte camerounaise. Et ton nom est si évocateur, Miano en Duala veut dire « Organisation, Planification, Programmation ». On lit et on voit en toi ces obsessions mémorielles de quelqu’un qui a cherché et trouvé ses racines identitaires, et qui vit dans la contemporanéité avec une aisance subliminale.  Tu es encore une fois la plume que j’ignorais, même si c’est difficile de lire en toi, comme dans un livre.

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