Lady Ponce m’a baigné dans ses sons

Article : Lady Ponce m’a baigné dans ses sons
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19 mai 2015

Lady Ponce m’a baigné dans ses sons

« Je ne pense pas que je mérite tous ces éloges, parce que je suis encore dans mes débuts. J’essaie de m’inspirer se certaines icônes comme Koffi Olomidé. Je me dois donc de plus travailler ».

C’est par cette tournure renversante que Lady Ponce m’a séduit hier soir. Ce n’est pas seulement son sourire qui est incroyable, mais aussi la facilité avec laquelle la diva du bikutsi au Cameroun me répond avec une aisance déconcertante. Elle me dira ensuite :

« Je ne suis pas en aventure dans la musique, ce métier, je l’ai choisi ».

Ayant dit cela, je regarde ce parcours exceptionnel de Lady Ponce depuis 2006 avec un son premier album « Le ventre et le bas-ventre », jusqu’à son 5e album le 6 mai dernier, « Bain de sons ». Entre-temps, il y a eu « confessions » en 2008, « Bombe atomique » en 2010 et « La loi du talion » en 2012. Autant d’albums et autant de succès qui ont permis à la diva de se hisser comme l’artiste numéro 1 au Cameroun et même en Afrique à partir de son deuxième album. Aujourd’hui, c’est une Lady Ponce fraîche et affirmée qui me révèle qu’elle est toujours fan de plusieurs artistes, parmi lesquels Grace Decca :

« C’est une femme que j’aime énormément. J’aime son côté social, son côté classe, j’aime sa capacité à éviter les conflits. Qu’est-ce qu’on n’a pas raconté sur elle ? Elle a pourtant conservé sa finesse et son étoffe de star. La preuve, son cachet n’a jamais changé. Et j’attire l’attention des Africains sur cette futilité à comparer les artistes entre eux. Allez en France et voyez comment on respecte les artistes aînés ? On ne les compare pas et ne les met pas en conflit avec ceux de la nouvelle génération ».

Lady Ponce rappelle à l’ordre cette presse mal famée du Cameroun qui a l’art de comparer les artistes entre eux et organiser des conflits qui n’existent pas. Cela, Lady Ponce l’a compris et nous baigne dans ses 18 nouveaux sons depuis le 6 mai 2015 :

«  Vous découvrirez dans cet album, de nouvelles facettes de Lady Ponce » me confie-t-elle avant d’ajouter :

« Je fais 18 titres parce que moi je ne suis pas un artiste de singles ».

Là encore, il faut lire entre les lignes. Lady Ponce est une fan du travail accompli, planifié et finalisé, rien à voir avec cette vague de singles sortis sans suite et qu’on observe au Cameroun depuis trois ans. Elle tient à rappeler ceci :

«  Etant donné que nous n’avons pas de producteur au Cameroun et plutôt des bluffeurs, j’ai décidé de me lancer dans l’autoproduction de cet album sous le label NAR ».

NAR qui représente les initiales de son vrai nom est devenue une société artistique et événementielle qui accompagne tous les projets de Lady Ponce désormais. Autour de la diva, une équipe constituée de musiciens, de danseurs, de stylistes, de managers, de communicateurs, de conseillers divers, etc. Bref, Lady Ponce se professionnalise et le fait savoir à travers le design, la communication et la production de l’album « Bain de sons ».

Lady Ponce 1

Lorsque je lui demande pourquoi le troisième titre de cet album est intitulé « mes fans », Lady Ponce a la formule qui tue :

« Je n’ai même pas de mots, parce que je ne sais pas comment remercier mes fans. C’est un miracle ! Les gens m’aiment, me soutiennent, pleurent dans mes concerts, organisent même des messes et des prières pour moi. Simplement je leur dis merci ».

Elle me révélera la confiance qu’elle accorde à Pipiyo, ce jeune réalisateur camerounais à qui elle a confié tous ses clips, parmi lesquels la chanson « O bale me » ci-dessous :

Lady Ponce n’arrête pas de me sourire et je comprends dès lors l’hystérie de ses fans pendant ses scènes si enlevées. La chanson Awou (la mort en langue béti) est présente dans cet album et Lady de me dire :

« J’étais à peine avec Madame Fogning à la présentation des vœux qu’elle meure quelques jours après… Dernièrement,  Alain Mbarga, l’un des grands promoteurs de la culture au Cameroun, s’en est allé aussi. Les deux sont morts des suites d’un accident de circulation. C’est vous dire que la vie est éphémère et vanité ».

 Encore une réplique qui vous redresse le col. Lady Ponce ne le dit pas seulement, mais le chante aussi puisque son premier titre de cet album s’intitule « Vanité ». Elle rira et dira ensuite :

« Demain ou après demain, tout le monde passera de l’autre côté. Donc, vanité des vanités… ».

Lady Ponce 3

Et lorsque j’évoque le titre Koum koum koum qu’elle chante en featuring avec le groupe X MALEYA, je lui dis que cela me rappelle la fameuse nouvelle « Trois prétendants, un mari » de Guillaume Oyono Mbia.

« C’est bizarre, tu es le premier à me faire cette remarque » dira-t-elle avant de poursuivre : « A la base, le titre c’était Koum koum, c’est-à-dire deux fois. Et comme X MALEYA est constitué de trois membres, on a décidé de frapper trois fois. Effectivement, on toque trois fois parce qu’il y’a trois prétendants ».

Le chiffre trois ne s’arrête pas là puisque trois des dix-huit chansons de cet album ont été réalisées dans les studios de X MALEYA. Le temps passe, je regarde ma montre et cela fait plus de 40 minutes que je suis avec elle. Elle a presque oublié qu’elle doit prendre un avion. Et quand je le lui rappelle, elle saute faire ses valises. La vie de star est agitée, c’est à regret que je dois la quitter, mais je me console déjà à consommer son album sans modération, car c’est vrai bain de sons.

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Commentaires

thierry EDJEGUE
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Magnifique le boulot abattu; surtout la pertinence des questions et la profondeur des réponses de l'interlocuteur. Bien deschoses