ENEO, vers l’âge de la pierre taillée ?

Article : ENEO, vers l’âge de la pierre taillée ?
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3 juin 2015

ENEO, vers l’âge de la pierre taillée ?

Encore toi, ENEO, chère société d’électricité au Cameroun…

ENEO, la honte

Il y’a deux semaines, j’étais à Belabo dans la région de l’Est. Tout le monde n’avait qu’une seule récitation à la bouche : Coupures d’électricité. Oui, dans cette bourgade, pas loin de Lom Pangar, on coupe l’électricité pendant des semaines. A 110 km de là, à Abong Mbang, même scénario : l’électricité est rare. Alors, pour celui qui fait le chemin retour vers Yaoundé dans la nuit, tout est noir. Toutes les villes sont à la lampe et à la bougie. Même à Ayos, lorsqu’on est déjà dans la région du Centre, l’électricité est un luxe. Mais le cauchemar ne s’arrête pas là.

Allez à Kye-Ossi, la ville qui donne sur les deux frontières, Gabon et Guinée Equatoriale. De l’autre côté de la route, à Ebibeyin, en Guinée Equatoriale, tout est éclairé, mais côté camerounais, laissez tomber ! Kye-Ossi bat le record des groupes électrogènes au Cameroun. Le plus grave est que, des lignes haute tension transitent par Kye-Ossi pour aller alimenter le Gabon voisin.  Oui , Kye-Ossi fait partie des nombreuses villes camerounaises oubliées par le branchement de l’électricité. Evidemment, je ne vous parle plus des conséquences : vols, viols, braquages, bref, l’univers propice de l’insécurité. Que dire de Bafia, dans le département du Mbam et Inoubou ? Tout se passe comme si avoir de l’électricité relève de la magie. Avant, on nous disait que ce sont les saisons sèches qui empêchaient les barrages de fonctionner normalement. Maintenant, non seulement il pleut abondamment, mais l’électricité est encore plus rare qu’en saison sèche. Ils nous ont dit que la centrale à gaz de Kribi allait augmenter la production d’électricité, mais non, elle semble plutôt la réduire. Yaoundé ressemble de plus en plus à un cimetière. Hier soir, dans mon quartier, au retour de la lumière après plus de 10h de délestage, les gens ont crié comme si le Cameroun venait d’inscrire un but. Comme le disait le Quotidien camerounais Le Jour, cette semaine : « Les délestages en cours au Cameroun sont le témoignage d’une série de mensonges orchestrés pour le seul but de spolier l’Etat et les consommateurs. »

La vérité est que beaucoup ont intérêt à voir le Cameroun dans le noir, au sens propre comme au sens figuré. Beaucoup veulent de ce Cameroun qui ressemble à un grand village forestier des années 1920. Comment comprendre tous ces délestages en pleine session des examens du Baccalauréat ? AES-SONEL, ACTIS (ENEO) a décidé de faire réviser les futurs bacheliers à la bougie ? C’est que ces gens là n’ont rien à faire de ce pays. Pire, les factures augmentent et sont toujours présentes chaque mois avec des avis de coupures rapidement imprimés pour les payeurs retardataires. Oui, ENEO dicte sa loi au Cameroun. Vous avez eu de l’électricité ou pas, vous payez !  Vous n’avez pas le droit de vous plaindre, ENEO est toute puissante. Et comme le dit René Jackson le blogueur, ENEO, merci pour ces moments !

Merci pour ces moments dans lesquels tu as ramené les camerounais à l’état de nature. Merci de faire de nos quartiers des endroits lugubres où on ne peut plus circuler à 19h. Merci de faire de nos administrations des moments où on ne peut plus imprimer un seul document. Merci de faire de nos téléphones portables de simples coques vides à la recherche d’une simple énergie, d’une seule barre pour dire « allo ». Merci de faire de nos frigos, des endroits où le poisson, le saucisson, le bœuf et les légumes n’ont plus leurs places. Merci de faire de nos salons de coiffure des jours de tête à demi rasée, et des jours entiers sans recette pour celui qui tient la tondeuse. Merci de nous ramener à l’âge de la pierre taillée.

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