Pourquoi j’aime les jeux olympiques

Article : Pourquoi j’aime les jeux olympiques
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7 août 2016

Pourquoi j’aime les jeux olympiques

Il y a de la magie dans les jeux olympiques. Il y a surtout une flamme qui brille dans mes yeux, comme la torche des jeux, si précieusement allumée par celui dont le nom est gardé secret jusqu’à la dernière minute. Il y a en moi, depuis Atlanta (1996), Sidney (2000), Athènes (2004), Pékin (2008), Londres (2012) et maintenant Rio (2016), quelque chose qui m’attache à ces jeux.

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Des gènes de sportif

Au-delà du sport, des nombreuses disciplines (43), du nombre de délégations (207), c’est d’abord parce que j’ai du sang sportif en moi. Ma mère était championne d’athlétisme et a fini professeur d’EPS. Mon père était joueur et entraîneur de Handball (champion du Cameroun et Champion d’Afrique). Tout le monde me prédisait une carrière de sportif. J’en souris forcément. C’est vrai, je ne pratique plus de sport ou pas du tout. Pourtant, ceux qui m’ont connu dans l’enfance et dans l’adolescence savent bien que j’ai pratiqué le judo, le football, et le basketball. J’étais toujours meilleur dans les épreuves de sprint et de fonds. On dirait que c’est génétique hein ? Oui, j’ai fait tout cela, jusqu’au jour où…

Un handicap à vie

Un matin, au Lycée Bilingue d’Application, pendant le cours d’EPS, mon professeur s’est rendu compte que j’avais du mal à respirer. Lui qui me connaissait si bien ne comprenait pas pourquoi j’avais désormais le souffle coupé. Il m’avait alors demandé : « tu fumes ? ». Evidemment je ne fumais pas. Je me suis même offusqué qu’il demande à un élève de la classe de Première s’il fumait. C’était impensable pour moi ! J’avais de plus en plus de mal à respirer. C’est ainsi que j’ai arrêté le sport. Finalement, j’étais déclaré inapte aux épreuves sportives en Première et en Terminale. Mais cela ne m’empêchait pas de participer aux rencontres de Football interclasses. Mon ami Jacques Noutang (qui était très moqueur au lycée, surtout vis-à-vis de moi) avait sacrifié un de ses après-midi simplement parce qu’il m’avait aperçu dans les buts de ma classe. Il avait alors réuni tout un comité de sa classe à lui pour me huer pendant que j’étais au goal. A leur grande surprise, j’ai pris un seul but et ma classe a remporté le match 4 buts à 1. J’ai vécu une autre anecdote semblable à l’Université Catholique, mes différents camarades de classe me voyaient en effet comme un garçon frêle mais ils furent bien surpris – surtout mon ami Stéphane Elemva Amana – lors d’un tournoi de Football dans le gymnase du campus de Nkolbisson… Bref, j’ai du sang sportif en moi, mais un jour, mes problèmes de respiration ont recommencé, avec de fortes douleurs à la poitrine. Après de multiples examens médicaux, voilà qu’on me détecte une hypertrophie du ventricule gauche (le même mal qu’on a diagnostiqué à plusieurs sportifs morts subitement en plein effort). On a donc écrit « Stop toute activité physique et sportive ».

Le nouvel inapte

Depuis 2001, le sport et moi ne sommes plus que des amis du dimanche. J’ai pris beaucoup de poids entre temps. Je sens bien que mon corps a souvent besoin d’exercice, mais je ne peux pas aller au-delà de ce que mon organisme peut supporter. Toujours est-il que je suis frustré par tous les performeurs que je regarde à la télé. Je me dis toujours que j’aurais pu être comme tous ces champions. Pourquoi n’ai-je pas persévéré ? Peut-être serais-je mort aussi dans un stade ? Peut-être aurais-je quand même gagné les milliards de Samuel Eto’o ? Pour me consoler de tout cela, j’ai ma PlayStation bien entendu, mais j’ai surtout ma télévision pour ne rien manquer de tout le monde du sport, malgré mon inaptitude.

J O

La passion du sport

Tout chez moi porte l’estampille de l’amour du sport. Quand j’ai soutenu mon mémoire de Master (Le Développement du sport par la décentralisation : le cas du football camerounais), beaucoup se sont demandés pourquoi je n’avais jamais opté pour le journalisme sportif ou pour le marketing sportif. La réponse que je leur donne est la même : je ne veux pas être journaliste sportif comme le sont la plupart au Cameroun. Je ne veux pas parler d’essai en Basketball, de but en Volleyball ou de drop en Handball. Oui, j’aurais pu être journaliste sportif. J’ai toutes les encyclopédies qui expliquent les règles des disciplines sportives chez mes parents. J’ai les archives des cassettes et les cours sur les règles de plusieurs disciplines. Sans parler de ma curiosité grandissante pour les affaires sportives. Mais j’ai refusé de me plonger dans ce milieu car pour moi, un journalisme de sport doit être calé, et bien calé. S’agissant du marketing sportif, je m’y atèle depuis quelques années. Je déplore malheureusement le manque d’engouement des marques et des produits pour les événements à objet sportif. Je vois combien la Ligue Nationale de Football Professionnel a du mal à mobiliser des sponsors, comment le Tour Cyclisme du Cameroun ne draine pas beaucoup de soutien, comment le Race of Hope (Ascension du Mont Cameroun) a souvent du mal à mobiliser des ressources. Et pourtant, je suis impressionné par la mobilisation populaire générée par l’Euro 2016, je suis admiratif de tout l’accompagnement logistique et institutionnel du Tour de France, et je suis bluffé, mais alors bluffé, par ce que j’ai vu pour ces Jeux Olympiques de Rio 2016 !

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Rio 2016 m’a convaincu

La cérémonie d’ouverture de Rio 2016 a montré le haut niveau d’évolution du Brésil en termes d’organisation et surtout d’infrastructures. Tous ces stades, ces gymnases, ces palais de sports, ces arènes, ces terrains de plages, ces piscines olympiques, ces cours, etc. Tout cela m’a amené à me dire : et le Cameroun ? pourrait-il atteindre ce niveau un jour ? En voyant toutes les difficultés auxquelles le Cameroun fait face rien que pour accueillir 7 pays pour la CAN 2016 de football féminin, qu’en serait-il s’il fallait accueillir plus de 200 délégations ? Alors je m’incline devant les Jeux Olympiques, car ils mobilisent le talent mondial autour du sport. Ils mobilisent aussi des valeurs, comme de permettre aux réfugiés d’avoir une équipe olympique, moment émouvant qui a arraché des applaudissements à Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies. Il y a dans ces Jeux Olympiques la fierté de voir nos volleyeuses perdre courageusement 0 set contre 3 face aux Brésiliennes en match d’ouverture. Il y a aussi de la surprise à voir Hassan Ndam Njikam, le boxeur camerounais, ancien champion du monde,  perdre son tout premier combat face à un amateur ! Oui, c’est cela les Jeux Olympiques. Même une équipe d’Australie peut désillusionner la France de Tony Parker dans le tournoi de Basketball. Oui, dans ces Jeux Olympiques, l’Afrique a toujours eu son mot à dire en Athlétisme et même en Football avec les médailles d’or du Nigéria (1996) et du Cameroun (2000). J’aime les Jeux Olympiques parce que là-bas, tous les sports se valent. Même l’escrime me plait (épée, sabre ou fleuret), le waterpolo est un délice, les épreuves de natation, d’équitation, de tir et toutes ces disciplines a priori « non africaines »me scotchent pourtant devant mon petit écran.
Dans les Jeux Olympiques, j’ai l’impression que le monde est multicolore, multiracial et qu’il porte une seule et unique résonnance : L’HUMANITE.

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Commentaires

Zagor
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Hahahah sacré Dani toi alors tu as de ces anecdotes mon pote, sérieux donc j'aimais particulièrement te charrier hein et même en plein match tu n'as pas perdu de vue le scénario où j'ai rameuté les gars pour te huer hahahah tu es trop fort mon très cher. Mais au-delà de cette anecdote un message très important et instructif dans ton billet comme d'habitude. Que dire de ce témoignage sur ton histoire avec le sport Trèsémouvant et c'est vrai j'ai beaucoup de réponses aux interrogations que j'ai souvent eues même si je ne les ai jamais vraiment exprimées. En tout cas il y a une chose que nul ne peut perdre de vue c'est que même sans chausser toi même la godasse, la basket ou monter sur le tatami, tu restes un très grand sportif par ta proximité avec le milieu sportif, ta grande culture sportive, tes connaissances et définitivement ta culture sportive qui n'a rien à envier aux pratiquants sportifs avérés.

Timour faits divers Fotso
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Aaaah Dania! Je dirais plutôt que ton article me donne vraiment une folle envie de m'intéresser aussi davantage au sport. Et te connaissant,tu ferais avec beaucoup de succès,du marketing sportif.

Nadège
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Très émouvant Dania....Désolée pour ces espoirs brisés quant à une potentielle carriere sportive. Saches seulement que rien n'arrive par hasard ici bas. C'était tout simplement pas ton destin. Regarde comme tu t'en sort bien dans la voie que tu as choisit au final....Pour les JO whaaouuu! Grâce à toi Je vais suivre cette compétition avec plus d'intérêts qu'avant!