Adèle de Zurich

Article : Adèle de Zurich
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2 décembre 2016

Adèle de Zurich

Ma rencontre avec une chienne. Étrange voyage à Zurich, là où la phobie d’un animal peut devenir un atout.

Projekt: Viadukt Zürich Architekt: EM2N, Zürich

Arrivé à l’aéroport de Zurich, c’est la Chienne Adèle qui me souhaite la bienvenue. Accueillante, dressée, propre, elle s’attache très rapidement à moi. Personne jusque-là ne peut s’imaginer que j’ai la phobie des chiens. Mais Adèle voudra que je la caresse, que je la prenne dans mes bras, et même que je la promène le bord du Lac de Zurich. Pour la première fois de ma vie, j’ai dû toucher une crotte de chien que j’ai emballée dans du sac plastique avant de jeter dans une poubelle spécialisée. Sur le chemin du Lac, une dame suisse qui promenait également son chien a immédiatement demandé : « C’est Adèle ? ». Tout de suite, son chien et Adèle se sont mis à s’amuser, tandis moi, tout intrigué, je me trouvais nez à nez avec une dame que je ne connaissais ni d’Adam, ni d’Eve. J’ai alors deviné que ma tante et son compagnon avaient l’habitude de croiser cette dame et son chien sur le chemin du Lac.

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Adèle maîtrise très bien l’itinéraire, et sait même s’arrêter devant le passage clouté. Elle est plus civilisée que beaucoup d’humains.  C’est vrai que dans la gare de Zurich, outre les gens étranges que j’ai croisés et qui prenaient leur dîner dans cette gare, plusieurs personnes promenaient leur chien souvent même dans une poussette pour bébés. Quelqu’un me souffle à côté que ces chiens ont plus de droit que moi, et sont même assurés. Oui, l’Europe est fascinante, il y’a plus chaleur pour les animaux que pour les hommes.

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Mais la Suisse est paisible et belle. Elle est surtout moins stressante que la France ou la Belgique. Ici, dans la place centrale de Zurich, quelqu’un vient d’oublier sa paire de lunettes. Ma tante me dit : « T’en fais pas, personne ne peut la prendre. On ne vole pas en Suisse ». C’est vrai, il y’a un tel code d’honneur dans ce pays qui veut même que le rendez-vous à l’onglerie de Moussa (le camerounais) se fasse avec un strict respect de l’heure. La Suisse est le pays de l’heure. On est « On time » ici. Moussa n’est plus si différent de ces camerounais qui refusent qu’on parle fort, qu’on dise ce qu’on pense et qu’on s’exclame comme au pays, « parce qu’ici on ne parle pas fort  hein » dit-il avec une pointe de moquerie.

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Oui, on ne parle pas fort, mais la station NRJ Zurich se joue à fonds chez Moussa comme dans la plupart des domiciles que j’ai visités ici à Zurich. Froideur, quand tu nous tiens. Zurich est déjà dans des températures hivernales, et le tempérament des gens n’est pas si différent. Sauf, quand même cette congolaise qui s’est approchée de ma tante dans le train et qui lui a demandé : « C’est votre mari ? ». J’ai répondu « Oui ». Ma tante a voulu très vite corriger cette imposture, mais n’a pas compris que moi je venais de trouver quelqu’un en face de qui je pouvais simplement plaisanter. Dommage, la beauté de Zurich résidera toujours dans la grandeur de son organisation, la multiplicité de ses magasins, les décorations de Noel, ou encore à la beauté de son paysage. Côté humain, même si j’ai toujours peur des chiens, la compagnie d’Adèle m’a finalement consolé. Cette chienne était visiblement la plus humaine de tous les zurichois.

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