Ma Guinée plurielle: Chapitre 1-Conakry by night!

Article : Ma Guinée plurielle: Chapitre 1-Conakry by night!
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24 novembre 2017

Ma Guinée plurielle: Chapitre 1-Conakry by night!

Un soir à Conakry, à la faveur des assises de la Presse Francophone. Chaleur et anecdotes au menu.20h 08 ce jeudi. Maison des jeunes de Ratoma. Le temps suspend son envol. La chaleur bat son plein. On étouffe dans ce bus loué pour nous transporter vers cette autre destination inconnue de Conakry. Pour oublier cet ennui insupportable et cet embouteillage interminable,  derrière moi, les occupants du bus racontent leurs expériences nationales.  Des débats ouverts sur les nationalités des uns et des autres. Evidemment,  les régionaux de l’étape,  les guinéens, sont fiers de nous brandir l’histoire assez particulière de cette Guinée qui a offert selon ses citoyens,  les couleurs jaune -rouge-vert à la plupart des pays africains. Sekou Touré est sur toutes les lèvres. L’homme qui défia le Général De Gaulle est perçu comme un héros,  dans une Guinée qui souffre néanmoins d’une monnaie sous-évaluée ,  pays dans lequel on est rapidement millionnaire en achetant simplement 10 pagnes. Oui, 10 pagnes coutent 1 500 000 frs guinéens, c’est à dire,  à peine 100 000 FCFA (150 Euros). C’est l’un des paradoxes de ce nationalisme exacerbé du pays qui nous accueille.

Assises de la Presse Francophone à Conakry 2017

Mais finalement nous arrivons dans la somptueuse résidence de Kerfalla Camara, à Lambanyi. On nous le présente volontiers comme le premier employeur du secteur privée en Guinée,  de même que le président de la Ligue de football. Il est également président de Hafia Fc,  club mythique de football,  triple champion d’Afrique des clubs.  Notre hôte est également président du Groupe Guicopres et c’est à ce titre qu’il réussit à mobiliser dans sa résidence, plus de 300 journalistes présents à Conakry pour les 46emes Assises de la Presse Francophone.

Diner-Concert à Conakry

L’hôte nous offre un diner-concert avec les sonorités locales. Du Kora pour commencer.  Empreinte nécessaire pour se plonger dans l’ex empire de Soundjata Keita. A côté de nous, la délégation des journalistes monégasques.  Je n’hésite pas à  leur demander pourquoi cet Etat souverain préfère avoir un club de football évoluant en France plutôt qu’une bonne équipe nationale.  «  C’est un petit pays » me rappellent-ils. Mais pourtant, 90% des habitants de Monaco refusent la double nationalité,  même pas française,  encore moins italienne.  Il existe des pays si fiers d’être eux-mêmes,  un peu comme ces guinéennes et guinéens que je perçois si téméraires, et si chauvins.

La musique est de plus en plus berçante et entrainante.  Il y a pourtant dans ce protocole exacerbé,  une joie de vivre transmissible. Les hôtesses ont le sourire. Il faut dire que c’est une sirène de la police nationale qui a dégagé la route pour nous conduire jusqu’ici.  Le propriétaire des lieux semble être proche du pouvoir.  Le portrait du président de la république traîne ici en Maître. Pendant ce temps,  un drone balaie les allées et reproduit les images  immortalisées sur un super écran géant,  comme adjectif unique de la soirée.  Il a fallu la chanson  » Malaika » de Miriam Makeba pour  apporter une touche nostalgique à la soirée.  Ce n’est pourtant pas un hasard si la feue diva Sud-africaine est invoquée ce soir. Miriam Makeba a bien connu la terre de Guinée. Et c’est là que je me suis   souvenu de toutes les paroles de mon frère et ami, Heyndricks, qui a longtemps séjourné  ici en Guinée : « Tu es dans un des rares pays africains  où un étranger peut être ministre. Un quartier de cette capitale s’appelle Cameroun et ce n’est pas une fantaisie ». Tiens, Cameroun ! Mes collègues Christelle Avom et Martine Noëlle Ndengue préparent un reportage au sujet de ce quartier nommé Cameroun en Guinée. Je frisonne déjà  de plaisir, car elles ont pu faire parler un des rares rescapés de l’époque où après la deuxième guerre mondiale, des lotissements avaient été construits pour des camerounais indépendantistes.

Délégation Camerounaise à Conakry

Le quartier porte depuis lors, le nom du pays des Lions Indomptables. Heyndricks avait ajouté que ce quartier abrite « le plus important cimetière de la ville, où sont enterrés plusieurs Upucistes. Moumié (militant de l’UPC-Union des Populations du Cameroun, et quelques-uns de ses compères ont vécu ici ». Bref, Heyndricks veut me démontrer que la Guinée est la vraie terre du panafricanisme : « Thabo Mbeki et Nelson Mandela y ont reçu leur formation militaire, au camp de Kindia. Myriam Makeba et Stockeley Carmichael y ont vécu en exil. Leur maison existe encore ». Clairement, se promener à Conakry est un véritable pèlerinage. Mais le temps est si court, d’autant plus que nous sommes venus ici pour les assises de la Presse Francophone. Le président de la section camerounaise, Aimé Robert Bihina, est accompagné d’Evelyne Owono Essomba, Julienne Mvogo, Christophe Bobokiono, Yvonne Eloundou, Rosalie Mbele Atangana et Sidonie Pongmoni entre-autres. La forte présence de ces professionnels de la plume, du micro,  et de l’écran du Cameroun à ces assises, n’a d’égal que leur assiduité dans la plupart des ateliers et des tables rondes. Une fierté pour le président national qui, le temps d’un séminaire, porte de manière emblématique, l’onction sacrée de plénipotentiaire d’une presse locale, saluée et adulée à l’international, alors qu’il y a quelques temps encore, certains confrères au pays n’ont pas apporté à la profession, une odeur de sainteté. Mais ça, c’est une autre affaire. Ce soir, fait rare, les journalistes sont aussi à la fête, dans la nuit chaude de Conakry.

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Commentaires

Bangoura Mohamed mansour
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Une très belle initiative et c'est salutaire force au métier de journalisme et bien venus dans le pays