Au Cameroun, 34% des enfants ne sont pas enregistrés à leur naissance

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2 mars 2019

Au Cameroun, 34% des enfants ne sont pas enregistrés à leur naissance

Selon l’Article 7 de la Convention des Nations Unies pour les droits de l’enfant : « l’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité ». Malheureusement, 230 millions d’ « enfants fantômes » existent dans le monde, comme l’explique le journal français Le Figaro. Au Cameroun, 34% des enfants ne sont pas enregistrés à leur naissance.

A la faveur d’un atelier de formation des journalistes camerounais à Mbalmayo, à 30 minutes de la capitale Yaoundé, les 1er et 2 mars 2019, le rappel de ce chiffre alarmant est fait : seulement 66% des enfants camerounais sont déclarés à la naissance. L’urgence d’agir est implacable. L’UNICEF, fort de son partenariat avec le Réseau des journalistes pour la défense des droits de l’enfant et autres couches vulnérables (REJODEC) a décidé de rappeler que la question de l’enregistrement des naissances est une priorité absolue.

Journalistes du REJODEC – crédit : Dania Ebongue

Pour ce faire, une trentaine de professionnels des médias ont été édifiés sur les conséquences de ces chiffres sur le développement de l’enfant, sa survie, son émancipation. Un enfant sans acte de naissance n’a pas de diplôme, pas de possibilité d’insertion dans la société. C’est un « enfant-fantôme ».

« Nous avons inscrit cela dans l’agenda de cet atelier parce que des zones de notre pays affichent des chiffres effrayants. Même dans une cité balnéaire et touristique comme Kribi, beaucoup d’enfants n’ont pas d’actes de naissance« , affirme le journaliste Jules Elobo, président du REJODEC, qui ajoute qu’« il faut impérativement des descentes sur le terrain pour documenter ces tares et retards de la société. En tant que journalistes, notre implication dans le changement de comportements n’est plus à démontrer. »

Les animateurs de l’atelier ont insisté sur les deux régions les plus alarmantes du pays : le Sud-Ouest (55,6%) et l’Extrême-Nord (42,1%). Au sortir de cet atelier de Mbalmayo, les journalistes ont compris qu’il faut tirer la sonnette d’alarme, surtout auprès des autorités administratives, religieuses et traditionnelles, afin que les familles adoptent ce réflexe de déclarer les naissances.

Pourtant, en 2006, les chiffres étaient en hausse (70% d’enfants enregistrés dans le pays), avant de régresser en 2011 (61%). Il est donc question de rattraper et de dépasser le niveau de 2006 et donner la chance à des milliers d’enfants camerounais d’être simplement des citoyens. 

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