Moi, Ministre des Arts et de la Culture au Cameroun.

Article : Moi, Ministre des Arts et de la Culture au Cameroun.
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6 septembre 2014

Moi, Ministre des Arts et de la Culture au Cameroun.

Moi, ministre des arts et de la culture, je démissionnerais après tant de scandales. Je quitterais mes fonctions lorsque je perdrais un procès et surtout quand la décision est confirmée par la cour suprême, la plus haute juridiction de mon pays. Je ne saurais être le ministre de la musique uniquement, je ne saurais être le ministre de la répartition du droit d’auteur et du droit voisin surtout.  Moi, ministre des arts et de la culture, j’éviterais de me mêler des guerres de clans entre artistes, j’éviterais de créer des comités et des commissions pour «normaliser » , contrôler ou manipuler les fonds des créateurs, parce que je ne suis pas créateur, et je n’ai pas à me nourrir de la créativité des autres.

Moi, ministre des arts et de la culture, je ne réduirais pas mon responsable de la communication en simple coursier et distributeur de chèques selon mon bon vouloir. Non, non ! Je ne serais pas ce ministre là. Je serais un ministre républicain, légalitaire, et respectueux de la simple éthique. Une éthique qui veut que je respecte mon rang et ma profession. Une éthique qui veut que j’encourage la créativité. Moi, ministre des arts et de la culture, j’encouragerais la production cinématographique, je militerais pour la réouverture des salles de cinéma au Cameroun, et je travaillerais à faire éclore tous les autres domaines des arts.

Moi, ministre de la culture, je n’attendrais d’être invité par une chaîne de télévision pour récompenser les meilleurs artistes de l’année. Ce serait une honte si je ne connaissais pas les chiffres des ventes d’albums dans mon pays.  Je ne me grefferais pas derrière les projets privés pour tirer mon épingle du jeu. Non, je ne serais pas un tel ministre. Je rendrais lisible le Compte d’Affectation Spéciale pour le Soutien de la Politique Culturelle. J’éviterais surtout de tripatouiller ce compte avec mes collaborateurs et autres rapaces de mon ministère. Je ne ferais plus du salon du livre, un vrai scandale budgétaire. Je ne me laisserais pas impressionner par l’argent que l’UNESCO verse chaque année à mon ministère. Non, je ne salirais pas ma réputation de ministre pour me quereller avec les artistes que je suis supposé encadrer.

Moi, ministre des arts et de la culture, j’aurais un peu, mais un peu de dignité. Je comprendrais qu’être musicien c’est être habité par les muses. Alors, je respecterais les œuvres de l’esprit. Une œuvre spirituelle n’a pas de prix, alors, je ferais attention à ne pas mépriser ces gens qui ont des familles, et des enfants à nourrir. Non ! Jamais je ne serais ce ministre qui n’a aucune espèce de compassion pour ces hommes et femmes clochardisés.

Moi, ministre de la culture, je ferais en sorte que le droit d’auteur soit l’affaire de toutes les sociétés exploitant les œuvres des créateurs. Je bâtirais des musées. J’organiserais des journées du patrimoine. J’encouragerais la création littéraire. Je protégerais les artisans, les artistes plasticiens, les dessinateurs, les graphistes, etc. Je ferais un répertoire objectif des artistes camerounais, et je ne les laisserais plus crever, abandonnés à eux-mêmes. Oui, je ferais de ce ministère, le ministère de la mémoire vive de la nation, le ministère de l’inculturation religieuse, le ministère des métiers artistiques. Je créerais des écoles professionnelles. J’organiserais régulièrement des colloques de renforcement des capacités. Oui, je serais du côté des artistes, je serais du côté des créateurs et non du côté de leur argent. Ils vivront de leur art et de leur culture. C’est cela la vocation de ce ministère. Moi, ministre des arts et de la culture, je serais donc un vrai ministre des arts et de la culture.

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