Quels enfants pour l’après 2015 ?

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23 juin 2015

Quels enfants pour l’après 2015 ?

A Yaoundé, l’Unicef s’est inquiétée de l’avenir que nous sommes en train d’offrir à nos enfants.

Ce matin au Hilton Hôtel à Yaoundé, devant plusieurs journalistes camerounais, Thierry Delvigne-Jean, le Chef Régional de la Communication de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, déclarait ceci : « Dans plusieurs pays du monde, de nombreux enfants ont un téléphone portable alors qu’ils n’ont pas d’eau potable à boire ». Si cette déclaration peut arracher un sourire, elle reflète néanmoins et froidement la situation du monde actuel : les technologies évoluent alors que les services de base se raréfient. La faute à Dame Planète Terre et surtout à son locataire l’Homme qui gaspille les ressources alors que la population augmente. Que faire alors et comment agir ? La réponse est peut-être à rechercher dans le livre d’Alice A. Bailey, Les Problèmes de l’Humanité, dans lequel elle affirme que le problème des enfants dans le monde aujourd’hui est « certainement le plus important de tous ceux qui se posent aujourd’hui à l’humanité. L’avenir de la race repose entre les mains de la jeunesse. Sans elle, un nouvel ordre mondial, si vivement désiré et auquel référence est si constamment faite, n’aurait absolument aucun sens. Ce que nous ferons de la jeunesse et pour elle aura des conséquences  de la dernière importance ». Ce livre, écrit pourtant dans les années 1960 est actualisé dans les propos de Anthony Lake, Directeur Général de l’Unicef, à écouter dans le lien audio suivant :

L’alerte d’Anthony Lake fait suite à un nouveau rapport de l’Unicef, publié le 23 Juin 2015 et qui  indique que :

  • Il y aura d’ici 2030, 68 millions de plus de décès d’enfants de moins de cinq ans de causes évitables ;
  • Environ 119 millions souffriront encore de malnutrition chronique ;
  • Un demi-milliard de personnes continueront de pratiquer la défécation à l’air libre, compromettant ainsi sérieusement la santé des enfants ;
  • Il faudra presque 100 ans pour que toutes les filles des familles les plus pauvres d’Afrique subsaharienne achèvent le premier cycle de l’enseignement secondaire.

Thierry Delvigne-Jean aura donc aussi attiré l’attention des journalistes camerounais sur quatre grands moments de l’année 2015, comme cruciaux pour la survie de notre humanité :

1- Le Financement du développement :

Après le Consensus de Monterrey (2002) et  la Déclaration de Doha (2008), voilà qu’une ville africaine, Addis-Abeba, accueille du 13 au 16 Juillet 2015, la  3ème  Conférence internationale sur le financement du développement. L’enjeu de cette conférence est bien entendu, l’agenda post 2015. Les objectifs de financement dans les trois dimensions du développement durable –croissance économique, équité sociale et protection de l’environnement- seront au menu de cette conférence. En toile de fonds, quelle planète souhaitons-nous léguer à nos enfants ?

2- Les ODD :

Autre fait majeur 2015, du 15 au 28 Septembre 2015 à New York, se tiendra la 70ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Au menu, les ODD (Objectifs du Développement Durable) qui en déboucheront après les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement). Par l’initiative My World 2015, plus de deux millions de contributeurs ont voté les points qu’ils souhaitent  voir mis sous agenda de ces objectifs. Car il s’agit bien  de « 2015 : Le monde que nous voulons » , une autre manière de dire : « L’avenir que nous voulons », thème du sommet de la Terre, RIO + 20 en 2012.

3- L’équité en faveur des enfants :

Entre temps, l’Unicef insistera pour renforcer l’équité en faveur des enfants du monde entier.  «  Vers l’équité et les objectifs post 2015 relatifs à l’enfance ». Car, remarque le Directeur Général de l’Unicef, Anthony Lake : « Les OMD ont permis au monde de réaliser d’immenses progrès en faveur des enfants mais ils nous ont aussi montré combien d’enfants nous négligeons. La vie et l’avenir des enfants les plus défavorisés sont importants, pour eux-mêmes bien sûr, mais aussi pour leurs familles, leurs communautés et leurs sociétés. »

4- COP 21 ou mettre fin au gaspillage des ressources.

Il y’a enfin, du 30 Novembre au 11 Décembre 2015,  la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21). Cette conférence est cruciale, car devant aboutir plus que jamais à un accord juridique universel et contraignant sur le climat, afin de sauver la planète. Cet accord préservera la terre de toutes les formes de gaspillage (énergies fossiles, exploitation forestière abusive, destruction de la faune et de la flore, etc.).

L’enfant, sujet transversal des Nations Unies :

Tous ces quatre moments ont pour dénominateur commun, les enfants. Il n’y aura pas d’enfant sans survie de la planète, et il n’y aura pas de planète sans survie de l’enfant. L’enfant est le sujet transversal de toutes les agences onusiennes. L’enfant est à la fois la clé et l’objet du développement. Il est au centre de la lutte contre la famine, la lutte contre la pauvreté, et par-dessus tout, le combat pour le développement durable. Il est la victime des conflits, et dont le bénéficiaire du monde pacifié que nous allons lui construire. La question de l’enfant, qu’on le veuille ou pas, est la question centrale du monde de demain. Quoique oubliés des discours politiques, quoique négligés par les rédactions et les sujets journalistiques, quoique marginalisés dans nos différents blogs, « les enfants d’abord ».

Et après 2015 ?

 Maintenant, posons-nous les bonnes questions : Que mangerons nos enfants lorsque les lacs et les océans seront asséchés ? Quelle paix durable leur lèguerons-nous alors que de part et d’autre de la terre, il y’aura des migrants climatiques ? Quelle énergie électrique pourront-ils avoir en Afrique pour faire fonctionner les téléphones, les tablettes et autres gadgets innovants des futures générations ? Comment leur inculquer les notions de paix et d’équité si la Terre qui les accueille restera une jungle où les rares ressources seront disputées au lieu d’être partagées ? Donnons donc raison à l’Unicef qui demande que les ODD tiennent compte de nos enfants, et des enfants de nos enfants. L’avenir que nous voulons ne sera radieux que si nous opérons des changements dans nos comportements, et dans de nouveaux modes de consommation que les héritiers de la Terre adopteront. Donnons-leur après 2015, une Terre de sourire et d’Espérance. Donnons-leur 2015 raisons de croire en l’avenir, car si hier nous n’avons pas pensé à aujourd’hui, aujourd’hui, donnons une chance à demain !

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Commentaires

Aboudramane koné
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Aujourd'hui donnant une chance à demain. Bien dit. Si seulement les OMD servaient à quelque choses. tu as oublié tous ces enfants soldats , victimes transformés en bourreaux par les adultes. beau billet. Gbès est mieux que dra