Célibat des prêtres: L’Afrique n’est pas un pays!

Article : Célibat des prêtres: L’Afrique n’est pas un pays!
Étiquettes
28 octobre 2019

Célibat des prêtres: L’Afrique n’est pas un pays!

Certains prêtres en Amazonie pourront avoir le droit de se marier, mais pourquoi pas en Afrique ? Et pourquoi pas des prêtres polygames aussi ? Si le Pape se prononce sur cette question du mariage des prêtres, qu’il autorise une bonne fois pour toutes la possibilité pour des prêtres africains d’avoir des femmes et des enfants légitimes.

« On estime que la moitié des prêtres des pays d’Afrique subsaharienne ont des relations amoureuses et sexuelles avec des femmes » nous dit l’historien des religions, Ondo Vallet, dans une interview accordée au Parisien. Pour lui, le Pape autorisera certainement le mariage des prêtres dans certaines régions du monde comme l’Amazonie, le Chiapas ( Sud du Mexique), mais pas en Afrique où les responsables religieux n’y sont pas favorables.

De deux choses l’une, très cher Ondo Vallet. Soit, comme vous dites, les prêtres d’Afrique ont des relations amoureuses et sexuelles, et l’hypocrisie doit être arrêtée, soit il faut bien nous expliquer comment les responsables seraient défavorables à une pratique qui est pourtant courante.

Pourtant, la chroniqueuse Isabelle de Gaulmyn était déjà catégorique en 2013 :  » Il existe d’ailleurs déjà dans l’Église catholique des prêtres mariés: les prêtres des Églises orientales qui dépendent de Rome, mais aussi des prêtres ordonnés dans une autre confession et venus au catholicisme, comme les anglicans « . Oui, je n’oublierai jamais ce prêtre exorciste qui m’avait reçu chez lui, pas loin de Yaoundé, me présentant son épouse et ses enfants. L’image m’avait heurté, mais après tout, le prêtre est un homme. Sur ce coup, Ondo Vallet a raison. Des fils et des filles de prélats pilulent en Afrique et ces personnes sont normales, brillantes et ont toute leur place dans la société, même si pour certains, il est difficile de dire à haute voix que  » mon père est un prêtre« .

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

L’Afrique n’est pas un pays. Il suffit que je dise cela pour que vous me demandiez si cette proposition vraie ne tombe pas sous le sens. La vérité est que je me méfie des évidences. Entre le mariage des prêtres annoncé pour l’Amazonie, et les déclarations d’Ondo Vallet, ayons le courage de se poser les vraies questions: Le célibat est-il insurmontable pour les prélats africains ? Le célibat est-il nécessaire encore de nos jours ? Il faut surtout savoir pourquoi les protestants, les gallicans, les évangélistes, les anglicans etc acceptent déjà le mariage des pasteurs et le diaconat féminin, mais pour l’église romaine, la question est encore en débat. Autant l’église peut être plurielle, autant, l’Afrique l’est aussi. Jean Paul II, lors de sa deuxième visite en terre camerounaise en 2015, il avait insisté sur un terme: « Inculturation« .

Inculturation donc…

« La richesse de cette rencontre avec le Christ qu’est l’inculturation vient du don unique de la Rédemption, accueilli avec toutes les ressources de l’être rétabli dans sa dignité: le message du salut est prononcé dans toutes les langues des peuples; les gestes et l’art de toutes les cultures expriment leur réponse priante aux appels à la sainteté; dans les diverses étapes de la vie, du travail, de la solidarité sociale, il y a fécondation des traditions diverses par la Parole de Dieu et par la grâce » nous disait Jean Paul II le 15 septembre 2015 à Yaoundé. Allons-y pour cette inculturation qui n’intègre pas seulement de chanter des cantiques en langues vernaculaires. Il faut aussi intégrer la possibilité du mariage des prêtres, et donc de la polygamie. Car de même que certaines églises célèbrent des mariages en faveur de la communauté LGBT. L’église doit être plus ouverte, plus tolérante, à la fois vis à vis des minorités sexuelles, mais aussi pour le respect du genre. Oui, pour une église africaine plus inclusive, qui tienne compte des spécificités de cette Afrique plurielle. Car, l’Afrique n’est pas un pays.

Partagez

Commentaires