DANIA EBONGUE

La magie de la radio au cœur du site des réfugiés de Gado.

Cortège des animateurs radios à Gado
Cortège des animateurs radios à Gado

C’est un dimanche ensoleillé à Gado-Badjere, une localité située à 220 km à l’est de Bertoua, dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï. C’est dans cette localité que se trouvent plusieurs milliers de réfugiés centrafricains, fuyant la guerre dans leur pays. Pour les animateurs des radios transfrontalières du Tchad, du Cameroun et de la République Centrafricaine, l’occasion était idoine pour récolter auprès de ces réfugiés, plusieurs éléments importants dans la production de microprogrammes et de messages liés aux pratiques familiales essentielles. Un cortège de trois bus et des voitures officielles de l’Unicef, du HCR et du Ministère de la communication se déploie sur le site avec à sa tête Monsieur Hamadou Bello.

Hamadou Bello, Ministère de la Communication, Cameroun.
Hamadou Bello, Ministère de la Communication, Cameroun.

Ce Directeur de l’Administration Générale du Ministère Camerounais de la Communication, par ailleurs Chef du projet «  plaidoyer et partenariat » , composante du plan cadre de coopération Cameroun-Unicef,  et enfin, Représentant du Ministre de la Communication, est allé à la rencontre des dignitaires du site des réfugiés à l’effet de procéder à la remise solennelle des radios qui serviront dans les prochains jours, de capter des programmes sur les pratiques familiales essentielles, les concepts de droits de l’Homme et la culture de la paix.

Don des radios aux dignitaires du site de Gado
Don des radios aux dignitaires du site de Gado

Pour encourager ces pratiques familiales essentielles, notamment les règles d’hygiène, des cartons de savon ont été remis aux communautés du site de Gado pour le lavage correct des mains. Hamadou Bello a évoqué l’éventualité d’une formation dans les prochains jours afin que les récipiendaires se constituent en club d’écoute pouvant remplir des fiches de suivi de l’évolution des comportements.

Scène de liesse des réfugiés de Gado
Scène de liesse des réfugiés de Gado

Des radios qui ont provoqué des scènes de joie pour ces centrafricains qui pourront avoir de nouveau des échos de leur terroir, grâce notamment aux ondes de « Radio Siriri » (Siriri veut dire paix en langue locale en RCA), basée au Grand Séminaire Saint Laurent de Bouar, et qui s’écoute  au Cameroun à Toctoyo, Ngawi, Garoua- Boulaï et même Meiganga à vol d’oiseau. C’est peut-être la preuve que si les hommes s’encombrent à créer des frontières, les ondes comme les oiseaux n’ont pas de passeport, ni de visas.


Soleil levant des pratiques familiales essentielles.

Quand il est 5h 30 dans la ville de Bertoua, Chef lieu de la Région de l’Est au Cameroun, le jour est levé depuis longtemps. La région est baptisée à juste titre « région du soleil levant », car le cycle solaire prend bien racine à l’orient, c’est connu. C’est dans cette région ensoleillée que le Cameroun puise la majorité de ses richesses minières, minérales et naturelles. Le bois de sa forêt équatoriale, le terminal minéralier, composante du projet d’exploitation du gisement de fer de Mbalam, dans la région de l’est du Cameroun, sans parler de l’or et des autres richesses du sous-sol. La région de l’Est est aussi la plus vaste en termes de superficie soit, 109 011 km2 sur les 475 442 km2 de tout le territoire national (22%).

Liste des pratiques familiales essentielles à l'atelier de Bertoua.
Liste des pratiques familiales essentielles à l’atelier de Bertoua.

C’est dans avec ce potentiel que le soleil levant accueille l’atelier de formation des radios transfrontalières à la production de programmes sur les pratiques familiales essentielles. Dix de ces pratiques ont été identifiées et reparties en cinq groupes qui produiront des spots et des micros programmes relatifs à l’hygiène (eau potable, lavage des mains, latrines), la vaccination, la paix et le développement, le mariage des enfants, la nutrition (allaitement maternel), l’enregistrement des naissances, les consultations prénatales, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, et la prévention des maladies hydriques et diarrhéiques.  Le rôle de ces radios communautaires est plus qu’important pour emmener les communautés à changer de comporter et à adopter ces pratiques familiales essentielles.

Par exemple, dans la région du soleil levant, la défécation en plein air est un « délice » absurde encore observable dans certaines communautés. De même, malgré la distribution gratuite au Cameroun de moustiquaires gratuites imprégnées, les populations utilisent ces moustiquaires pour en faire tout, sauf des instruments anti-moustiques.

Enfants de Yokadouma et moustiquaires reconverties
Enfants de Yokadouma et moustiquaires reconverties

A Yokadouma, à 300km de Bertoua, les jeunes filles utilisent les moustiquaires comme des corbeilles pour pêcher du poisson dans les étangs. Leurs frères, les garçons, rêvent de devenir des Ronaldo et des Lionel Messi à travers des filets dans les stades de football de fortune. Bienvenue dans l’univers de l’ignorance.

Moustiquaire reconvertie en filets de buts.
Moustiquaire reconvertie en filets de buts.

Metsampito Bamlatol Arthur Fidélis, responsable de la radio Shalom de Yokadouma (96.9FM), qui couvre aussi les localités de la RCA voisine, en fait son combat quotidien :

« Nous devons militer dans nos radios pour emmener les gens à comprendre que les moustiquaires et les latrines sauvent des vies au lieu de les détruire ».

Il a choisi de s’intégrer dans le groupe 4 qui traite de la prévention du paludisme et de la vaccination. Car, les populations ont souvent des a priori erronés sur les vaccins, les forages, les latrines et autres moustiquaires offerts par les partenaires au développement.

Enfants de Yokadouma et moustiquaires 3

Ces appréhensions empêchent souvent l’adhésion des familles à ces pratiques essentielles. Aujourd’hui, Metsampito et ses autres collègues des radios communautaires ont compris le défi qui les attend au retour de cet atelier : Impulser le changement afin que le soleil se lève et brille à jamais dans la vie des enfants.


Quand les radios transfrontalières militent pour la paix et le développement

Le souvenir de « Radio  Mille Collines » est encore dans nos mémoires et on se souvient de ce que cela a engendré en 1994 comme blessures et séquelles au Rwanda. Or, depuis quelques temps, les frontières du Cameroun sont exposées aux conséquences des conflits en Centrafrique et des exactions de la secte islamiste Boko Haram. C’est dans cette situation vulnérable que l’Unicef organise à Bertoua au Cameroun, l’Atelier de renforcement des capacités des hommes et femmes des radios transfrontalières du Cameroun, de la République centrafricaine et du Tchad. Au programme : la lutte contre les maladies à potentiel épidémique, la vulgarisation des pratiques familiales essentielles et la promotion de la paix et le développement.

CARTOGRAPHIE RADIOS TRANSFRONTALIERES

Pendant 6 jours, du 22 mai au 27 mai 2015, les délégations des trois pays se mobilisent pour qu’en fin de compte, les enfants et les femmes, les populations déplacées et les zones de frontières communes connaissent la paix, le goût du vivre ensemble et l’évitement de plusieurs fléaux.

Félicité Tchibindat, Représentante Unicef au Cameroun
Félicité Tchibindat, représentante Unicef au Cameroun

Pour Félicité Tchibindat, Représentante de l’Unicef au Cameroun,

« Le rôle des radios communautaires n’est plus à démontrer ; elles participent à travers le monde au processus de diversité culturelle, d’information, d’éducation, de lutte contre la pauvreté et pour le développement, dans la construction pour le changement social au bénéfice des populations et en particulier des groupes marginalisés, et pour leur sécurité ».

C’est vrai que les 27 radios communautaires du Cameroun (essentiellement des régions de l’Est, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord), auxquelles on associe celles du Tchad (Radio Soleil de Pala, Radio Terre Nouvelle de Bongor, Radio Léré, Radio Kadai du Lac et Radion ONRTV Moundou) et celles de la RCA (Radio Siriri de Bouar, Radio Maigaro de Bouar, Radio Kuli Ndunga Nola et Radio Zokpana Berberati) sont entrées dès ce jour à l’école des droits de l’enfant, des droits des réfugiés, et surtout de la gestion de l’information en faveur de la cohésion sociale et la coexistence pacifique.

Ivaha Diboua Samuel, Gouverneur de la Région de l'Est
Ivaha Diboua Samuel, gouverneur de la région de l’Est

En ouvrant les travaux, le gouverneur de la région de l’Est, Ivaha Diboua Samuel a rappelé que dans ce contexte,

«  les médias, et singulièrement les radios communautaires, sont appelés à être appelés à être au premier plan de tous les nombreux fronts de cette bataille. Je citerai notamment le front de la santé, celui de la protection et celui de la nutrition du jeune enfant, de l’incitation à l’adoption des pratiques familiales essentielles, de la consolidation et de la promotion de la paix ».

Les radios communautaires connues comme médias de proximité, qui utilisent les langues locales dans la production et dans la diffusion de leurs programmes informent, éduquent, animent et participent à la construction du vivre ensemble, qui plus est, lorsque ces radios sont écoutées au-delà des frontières nationales. La Représentante de l’Unicef ajoutera à ce propos que :

« Dans de nombreux cas, les médias communautaires peuvent combler le vide laissé par les grands médias privés, qui sont mus par d’autres impératifs excluant les couches sociales sous-représentées ou marginalisées ».

La présence des 223 730 réfugiés centrafricains dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua du Cameroun sont un exemple de l’impératif de la culture de la paix et de la tolérance, rôle dévolu aux professionnels du micro, afin que l’onde distille à la ronde, un monde dépourvu de la parole immonde.


Lady Ponce m’a baigné dans ses sons

« Je ne pense pas que je mérite tous ces éloges, parce que je suis encore dans mes débuts. J’essaie de m’inspirer se certaines icônes comme Koffi Olomidé. Je me dois donc de plus travailler ».

C’est par cette tournure renversante que Lady Ponce m’a séduit hier soir. Ce n’est pas seulement son sourire qui est incroyable, mais aussi la facilité avec laquelle la diva du bikutsi au Cameroun me répond avec une aisance déconcertante. Elle me dira ensuite :

« Je ne suis pas en aventure dans la musique, ce métier, je l’ai choisi ».

Ayant dit cela, je regarde ce parcours exceptionnel de Lady Ponce depuis 2006 avec un son premier album « Le ventre et le bas-ventre », jusqu’à son 5e album le 6 mai dernier, « Bain de sons ». Entre-temps, il y a eu « confessions » en 2008, « Bombe atomique » en 2010 et « La loi du talion » en 2012. Autant d’albums et autant de succès qui ont permis à la diva de se hisser comme l’artiste numéro 1 au Cameroun et même en Afrique à partir de son deuxième album. Aujourd’hui, c’est une Lady Ponce fraîche et affirmée qui me révèle qu’elle est toujours fan de plusieurs artistes, parmi lesquels Grace Decca :

« C’est une femme que j’aime énormément. J’aime son côté social, son côté classe, j’aime sa capacité à éviter les conflits. Qu’est-ce qu’on n’a pas raconté sur elle ? Elle a pourtant conservé sa finesse et son étoffe de star. La preuve, son cachet n’a jamais changé. Et j’attire l’attention des Africains sur cette futilité à comparer les artistes entre eux. Allez en France et voyez comment on respecte les artistes aînés ? On ne les compare pas et ne les met pas en conflit avec ceux de la nouvelle génération ».

Lady Ponce rappelle à l’ordre cette presse mal famée du Cameroun qui a l’art de comparer les artistes entre eux et organiser des conflits qui n’existent pas. Cela, Lady Ponce l’a compris et nous baigne dans ses 18 nouveaux sons depuis le 6 mai 2015 :

«  Vous découvrirez dans cet album, de nouvelles facettes de Lady Ponce » me confie-t-elle avant d’ajouter :

« Je fais 18 titres parce que moi je ne suis pas un artiste de singles ».

Là encore, il faut lire entre les lignes. Lady Ponce est une fan du travail accompli, planifié et finalisé, rien à voir avec cette vague de singles sortis sans suite et qu’on observe au Cameroun depuis trois ans. Elle tient à rappeler ceci :

«  Etant donné que nous n’avons pas de producteur au Cameroun et plutôt des bluffeurs, j’ai décidé de me lancer dans l’autoproduction de cet album sous le label NAR ».

NAR qui représente les initiales de son vrai nom est devenue une société artistique et événementielle qui accompagne tous les projets de Lady Ponce désormais. Autour de la diva, une équipe constituée de musiciens, de danseurs, de stylistes, de managers, de communicateurs, de conseillers divers, etc. Bref, Lady Ponce se professionnalise et le fait savoir à travers le design, la communication et la production de l’album « Bain de sons ».

Lady Ponce 1

Lorsque je lui demande pourquoi le troisième titre de cet album est intitulé « mes fans », Lady Ponce a la formule qui tue :

« Je n’ai même pas de mots, parce que je ne sais pas comment remercier mes fans. C’est un miracle ! Les gens m’aiment, me soutiennent, pleurent dans mes concerts, organisent même des messes et des prières pour moi. Simplement je leur dis merci ».

Elle me révélera la confiance qu’elle accorde à Pipiyo, ce jeune réalisateur camerounais à qui elle a confié tous ses clips, parmi lesquels la chanson « O bale me » ci-dessous :

Lady Ponce n’arrête pas de me sourire et je comprends dès lors l’hystérie de ses fans pendant ses scènes si enlevées. La chanson Awou (la mort en langue béti) est présente dans cet album et Lady de me dire :

« J’étais à peine avec Madame Fogning à la présentation des vœux qu’elle meure quelques jours après… Dernièrement,  Alain Mbarga, l’un des grands promoteurs de la culture au Cameroun, s’en est allé aussi. Les deux sont morts des suites d’un accident de circulation. C’est vous dire que la vie est éphémère et vanité ».

 Encore une réplique qui vous redresse le col. Lady Ponce ne le dit pas seulement, mais le chante aussi puisque son premier titre de cet album s’intitule « Vanité ». Elle rira et dira ensuite :

« Demain ou après demain, tout le monde passera de l’autre côté. Donc, vanité des vanités… ».

Lady Ponce 3

Et lorsque j’évoque le titre Koum koum koum qu’elle chante en featuring avec le groupe X MALEYA, je lui dis que cela me rappelle la fameuse nouvelle « Trois prétendants, un mari » de Guillaume Oyono Mbia.

« C’est bizarre, tu es le premier à me faire cette remarque » dira-t-elle avant de poursuivre : « A la base, le titre c’était Koum koum, c’est-à-dire deux fois. Et comme X MALEYA est constitué de trois membres, on a décidé de frapper trois fois. Effectivement, on toque trois fois parce qu’il y’a trois prétendants ».

Le chiffre trois ne s’arrête pas là puisque trois des dix-huit chansons de cet album ont été réalisées dans les studios de X MALEYA. Le temps passe, je regarde ma montre et cela fait plus de 40 minutes que je suis avec elle. Elle a presque oublié qu’elle doit prendre un avion. Et quand je le lui rappelle, elle saute faire ses valises. La vie de star est agitée, c’est à regret que je dois la quitter, mais je me console déjà à consommer son album sans modération, car c’est vrai bain de sons.


Oui, j’ai honte de ce Cameroun-là !

Cameroun, quelle honte

Je regardais l’émission « Fou Fou Foot » cet après-midi sur la télévision nationale camerounaise. On y relatait la qualification des « lionnes indomptables » pour le tournoi de football féminin des jeux africains de Brazzaville 2015. Au-delà de la qualification, c’est cette image invraisemblable d’une joueuse éthiopienne qui se blesse en cours de rencontre que je garde en mémoire. La jeune fille est évacuée sur civière dans l’ambulance du SAMU, et paf ! l’ambulance ne démarre pas. La voiture doit être poussée pour qu’elle puisse démarrer après plusieurs minutes, sous les huées et les sifflets du public. Dans ce public-là, se trouvaient plusieurs membres du gouvernement. Personne n’a bronché. Dans ce cas-là, aucune communication officielle. Le Cameroun organise pourtant en 2016, la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin. A un an de l’évènement, voilà un amateurisme criard qui se fait jour. Une ambulance qui n’avance pas, cela veut dire que la joueuse éthiopienne était plus en danger dans cette voiture que sur l’aire de jeu. Quelle image gardera-t-elle du pays de Paul Biya ?

N’est-ce pas la preuve d’un système chancelant, grelottant ?  N’est-ce pas la preuve que tout est improvisation dans ce pays ? N’est-ce pas la preuve que le sport est le reflet de la gouvernance moribonde de ce pays ? Oui, le Cameroun sait briller dans les faits divers. Il y a quelques semaines, de nouveau, un bébé a été volé dans une structure sanitaire et quelle structure sanitaire ? L’hôpital de l’école de police ! Grand Dieu, on vole un bébé chez les policiers et personne n’a rien vu ? Malgré l’ultimatum du patron de cette police, sommant ses équipes de retrouver cet enfant sous 48 heures, rien n’a bougé. C’est que, dans ce Cameroun, les discours succèdent aux discours. Les démentis succèdent aux démentis, les communications gouvernementales succèdent aux communications gouvernementales.

Mais pour dire quoi ? Que le Cameroun n’est pas le seul pays au monde où ce genre de choses arrive ? Pour dire quoi ? Que c’est la faute de tout le monde sauf du pouvoir et de son chef ? Pour dire quoi ? Que la communauté internationale exagère dans ses rapports sur la corruption et l’entrave aux droits de l’homme s’agissant du Cameroun ? Non, mais ! Quelle image pour mon pays ? Un pays des slogans, de la propagande et des messages creux. Non, mais ! C’est dans le détail qu’on juge l’œuvre d’un pays. On proclame l’émergence, on la décrète. Cela ne se décrète pas pourtant, elle se construit de manière concrète et palpable.

Une ambulance qui ne fonctionne pas, un hôpital de police qui n’est pas surveillé, cela suffit pour comprendre que rien de sérieux n’est à espérer de ce système. Allons plus loin ! Pour ce même football, les scandales se suivent et se ressemblent : Des joueurs qui ont passé deux nuits blanches dans un aéroport à cause des problèmes d’intendance, d’autres qui se sont retrouvés en Asie sans l’effectif complet, contraignant l’entraîneur des gardiens à s’inscrire dans la feuille de match comme remplaçant… C’est cela la fierté que je dois avoir ? Je dois être fier d’un pays dans lequel, chaque jour les ministres sont sur la défensive au lieu de nous surprendre pour une fois avec des actions concrètes qui changent positivement la vie des citoyens ? Je dois être fier des scandales à répétition des administrateurs de ce  pays ? Non ! J’ai honte de ce Cameroun-là. Changez-le ! Faites-le changer ! Nos enfants méritent mieux, et nous n’en prenons pas la voie pour le moment.


800 000 enfants fuient la violence au Nigéria.

Le nouveau rapport de l’Unicef (publié ce 13 Avril 2015) est clair:

Environ 800 000 enfants ont été obligés de fuir leurs foyers en raison du conflit dans le nord du Nigéria entre Boko Haram, les forces militaires et les groupes d’autodéfense civile

Le 17 Mars, Alia, 10, couvre son visage avec un dossier tout en se tenant devant une fresque murale d'un avion, dans un camp pour personnes déplacées à l'intérieur, à Yola, capitale de l'Adamaoua, un état dans le nord-est du Nigéria.
Le 17 Mars, Alia, 10 ans, couvre son visage avec un dossier tout en se tenant devant une fresque murale d’un avion, dans un camp pour personnes déplacées à l’intérieur, à Yola, capitale de l’Adamaoua, un état dans le nord-est du Nigéria.

Publié un an après l’enlèvement de plus de 200 écolières à Chibok ( Nigéria), le rapport Enfances perdues révèle que le nombre d’enfants qui fuient les violences à l’intérieur du Nigéria, ou qui traversent les frontières pour se réfugier au Tchad, Niger et Cameroun, a plus que doublé en à peine un an.

Le mur porte des phrases telles que "Un gars avec une mission» et «Je veux être un soldat» et les références en battant le groupe rebelle Boko Haram.
Ici, Samson 17 ans, un déplacé du Nigéria. Le mur porte des phrases telles que « Un gars avec une mission» et «Je veux être un soldat» et les références en battant le groupe rebelle Boko Haram.

Ces chiffres sont publiés alors que l’UNICEF attire l’attention de la communauté internationale sur les effets dévastateurs du conflit sur les enfants de la région en utilisant le hashtag #bringbackourchildhood (rendez-nous notre enfance).

Le rapport Enfances perdues présente le lourd tribut que le conflit fait payer aux enfants du Nigéria et de la région :

  • Des enfants sont utilisés dans les rangs de Boko Haram – comme combattants, cuisiniers, porteurs et guetteurs.
  • Des jeunes femmes et des filles sont victimes de mariage forcé, du travail forcé et de viols.
  • Des élèves et enseignants ont été délibérément pris pour cible – avec plus de 300 écoles endommagées ou détruites et au moins 196 enseignants et 314 élèves tués à la fin de 2014.

 Falmata, un enfant réfugié au Tchad fuyant le conflit qui affecte Nord-Est du Nigeria, fait ce dessin dans un  Espace Ami des Enfants dans le camp des réfugiés de Dar es-Salaam dans le domaine Bagassola dans la région du lac du Tchad.

Falmata, un enfant réfugié au Tchad fuyant le conflit qui affecte Nord-Est du Nigeria, fait ce dessin dans un Espace Ami des Enfants dans le camp des réfugiés de Dar es-Salaam dans le domaine Bagassola dans la région du lac du Tchad.

L’UNICEF a intensifié sa réponse humanitaire à la crise. Au cours des six derniers mois, l’UNICEF a fourni un soutien psychosocial  à plus de 60 000 enfants touchés par le conflit au Nigéria, Niger, Cameroun et Tchad, en vue de les aider à atténuer les souffrances que leur causent leurs souvenirs, à réduire leur stress et à surmonter leur détresse émotionnelle. Les enfants sont donc victimes de ce conflit barbare qui entoure les quatre pays. Pitié, rendez-leur leur enfance!


Un café au très respectable Cabral Libii Li Ngue

Cabral-Libii-Li-Ngue
Cabral-Libii-Li-Ngue

Si je te connaissais, les gens pourraient crier au complot de la savonnette. Mais toi et moi nous ne sommes jamais rencontrés. Et pourtant, depuis plus de cinq ans, je t’écoute dans les médias. J’écoute ton langage châtié et fougueux. J’y perçois de temps en temps un peu de zèle, beaucoup d’aisance cognitive, mais surtout de la bonne volonté, cette graine si rare dans le cœur et l’esprit de la majorité des jeunes Camerounais. Je t’écoutais souvent les samedis matins sur les ondes de « Radio Campus » à Yaoundé, et je dois t’avouer, je ne comprenais pas où tu voulais nous embarquer. Tu étais tantôt pour, tantôt contre le régime de Biya. Sur les plateaux de télévision, j’étais contrit de te savoir mêlé à ces diatribes de nouveaux « experts » crées par les nombreuses émissions de débat de l’espace public camerounais. Des débats qui en creux, restent toujours creux. Finalement, j’ai compris que dans la pire obscurité, une simple lueur peut nous sortir de la caverne.

Permets-moi de te dire que tu es cette lueur. Tu as le mérite d’être jeune, d’être brillant, d’être cultivé, d’être ouvert, et… de ne pas céder à l’opportunisme ambiant de la jeunesse camerounaise, défigurée par des aînés dont l’échec cuisant a conduit ce pays à la cacophonie généralisée. Cher Cabral, j’ai été admiratif lorsque tu as expliqué la pertinence de la future délivrance des doctorats professionnels à l’Université de Yaoundé II. Je me suis dit : « Enfin un académicien qui comprend la nécessité de former des professionnels et non des perroquets pour amphis ». Cela n’a rien à voir avec la « professionnalisation » tant prônée et proclamée par le fameux Ndongo. Car, si professionnaliser les enseignements d’après lui, c’est introduire un cours de création d’emploi dans la filière philosophie, alors bien entendu, il ignore de quoi il parle. Simplement parce qu’au Cameroun, on ne sait pas qu’avoir les diplômes ce n’est pas avoir un métier. Passons.

Que dire alors de tes interventions dans les plateaux de télévision. Tu ne t’en rends pas compte, mais tu es au-dessus de la mêlée. La masse est trompeuse, et tu as su t’en démarquer, même devant un charlatan de journaliste qui a osé te parler d’un mythe Béti qui avait la saveur nauséabonde d’une intimidation. Crois-moi, ce n’est qu’une question de temps, et la République de l’intimidation n’existera plus au Cameroun. Ton courage est en la preuve.

Oui, Cabral, fonce ! Je sais que tu fais face à une épineuse jalousie inévitable dans ce pays qui a perdu tout repère de méritocratie. Mais il ne s’agit pas de cela. Tu es désormais au-devant d’un sacerdoce dont tu n’as peut-être pas encore conscience, celui de montrer un autre chemin, celui de la crédibilité, de la dignité et de l’intégrité, denrées devenues rares dans notre société actuelle.

Merci, parce que toi au moins tu sors des sentiers battus. Merci, parce que dans ton langage juridique, tu connais les lois et l’esprit des lois. En bon constitutionnaliste que tu es, je ne peux que m’incliner. Merci parce que du haut de ton master II en sciences de l’information et de la communication, tu as eu l’humilité nécessaire de rappeler à tes co-panélistes (d’une émission que je ne citerai pas), que les journalistes camerounais ne peuvent pas prétendre donner des leçons de journalisme aux Français qui leur ont enseigné ce même journalisme. Je reviendrai sur ce débat-là une autre fois. Mais bravo pour ta clairvoyance au sujet de la MAFIA-FIFA et ses incidences sur l’opium-football camerounais. Bravo pour ton approche de la question juridique de l’homosexualité au Cameroun. Merci de ne pas être à la solde des corrompus de la République. Merci de ne pas être comme tous ces journalistes en veste et cravate, simple ombre d’une manette ou d’une gâchette ministérielle. Merci de ne pas briguer (illégitimement) une place dans la mangeoire politicienne nationale, car pour le moment le Cameroun ne te mérite pas. Demain sans doute.


Le football africain est complètement à l’Ouest.

Nigéria, Champion CAN U20 2015
Nigéria, Champion CAN U20 2015

08  Février 2015, Finale de la 30ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de Football en Guinée Equatoriale, deux équipes ouest-africaines se neutralisent pour le trophée. La suite, on la connait, les ivoiriens sont champions d’Afrique, et les ghanéens encore des chats noirs.  Voilà deux pays de l’Ouest du continent qui livrent une finale, alors que l’Afrique Centrale, hôte de la compétition, se contentera de la 3ème place.

Un mois plus tard, le 1er Mars au Niger, le Mali des U17 (moins de 17 ans) est champion d’Afrique face à l’Afrique du Sud. Là encore, la suprématie ouest-africaine est visible, car sur les quatre demi-finalistes, trois viennent de cette sous-région du continent : Nigéria, Guinée et Mali seront bel et bien présents à la coupe du monde chilienne de la catégorie. Notons au passage que 5 des 8 équipes de ce tournoi étaient de l’Ouest de l’Afrique.

Quelques jours après, le 22 Mars, l’Ouest de l’Afrique frappe plus fort encore au tournoi des juniors U20 (moins de 20 ans) où les quatre pays qualifiés pour la prochaine coupe du monde de la catégorie sont les africains de l’Ouest : Nigéria, Sénégal, Ghana et Mali.  Ces quatre demi-finalistes de la CAN U20 organisée  par le Sénégal accoucheront d’une finale Nigéria-Sénégal, consacrant ainsi le 6ème titre des Flying Eagles en 19 éditions.  La preuve par dix que là bas, le football se parle en termes de relève. Par exemple, sur les 4 finales disputées par des équipes africaines en coupe du monde junior, seuls le Nigéria et le Ghana y sont parvenues. Le Ghana est d’ailleurs la seule équipe africaine à être championne du monde junior en 2009. Ces deux pays sont d’ailleurs parmi les plus titrés de la coupe du monde cadets. Le Nigéria est 4 fois vainqueur (1985, 1993, 2007 et 2013), et trois fois finalistes (1987, 2001 et 2009) de la Coupe du Monde U17. Quant au Ghana, son palmarès est tout autant élogieux : 2 finales gagnées (1991, 1995) et deux perdues (1993 et 1997).

Allez donc me dire que tout cela est un pur hasard ? Allez me dire que des générations se succèdent dans la continuité du succès parce qu’une main invisible divine toucherait ce football de l’Afrique de l’Ouest ? Non ! Cherchez la réponse dans l’organisation, la formation et la gratification des jeunes.

Dans ces pays là, les écoles de football, font justement…école ! Dans ces pays là, les centres de formation  ont même connu la signature des grands clubs européens : L’Ajax d’Amsterdam et le Feyenoord ont investi au Ghana, et l’As Monaco a investi au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Dans ce dernier pays, le centre de formation de l’Asec Mimosas est le fournisseur de 70% des joueurs qui sont alignés au sein des éléphants. Là bas, les championnat de jeunes existent et sont très courus. Là bas, le football ne souffre pas d’une certaine nostalgie gérontocrate, où les générations anciennes refusent de passer le témoin aux nouvelles. On parle de continuité sans cesse. On voit les mêmes émerger dans les U17, les U20, les U23, et même les A’ (Equipes nationales intermédiaires).  Là bas, les querelles savent se taire si rapidement quand l’honneur de la patrie est en jeu. Là bas, le football se dépersonnalise pour rester un sport collectif. Là bas, les intérêts partisans existent, mais savent se mouler et se noyer dans la splendide godasse du jeune footballeur qui marque un but exceptionnel. Là bas, le football donne du plaisir et non pas les sueurs froides de la rubrique faits divers. Ne vous étonnez plus désormais, de constater que le football africain est complètement à l’Ouest.


Les mots de la Francophonie, Chapitre 10 : J’ai mangé francophone.

Chaque année le 20 Mars, la Francophonie se lève comme un seul homme pour célébrer sa richesse commune qu’est la langue française, ainsi que les valeurs communes partagées par les nations francophones ou francophiles. Au Cameroun, la semaine nationale de la Francophonie est devenue une institution, tellement que les jeunes s’approprient toutes les connaissances et tous les savoirs sur l’univers francophone. J’ai pu le vérifier par moi-même cette semaine, lorsque la Direction de la Francophonie du Ministère des Relations Extérieures m’a offert des ouvrages, dictionnaires et lots divers à offrir aux auditeurs méritants de ma radio, lesquels sont de vrais férus de francophonie. Parmi ces lots, j’ai particulièrement apprécié le logiciel qui permet d’accéder à des cursus de 13 universités francophones dans le monde.

Gael, lauréat 2015, concours radiophonique de la Francophonie
Gael, lauréat 2015, concours radiophonique de la Francophonie

Au-delà de la gymnastique intellectuelle de la francophonie, il y’avait ma rencontre avec ces 500 élèves des lycées et collèges de Yaoundé, au Lycée Général Leclerc. Après quelques causeries éducatives sur le thème « Jeunes, Environnement et Climat », après la diffusion du premier message officiel de Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de  l’Organisation Internationale de la Francophonie,

j’ai vu l’émulation des jeunes s’activer dans une maîtrise parfaite, des noms, des idéaux, des pays et des thèmes généraux de la Francophonie.

Elèves des clubs Francophonie de Yaoundé
Elèves des clubs Francophonie de Yaoundé

            Même ambiance ce 20 Mars 2015 au Ministère des Relations Extérieures. La diplomatie francophone présente à Yaoundé a commémoré cet évènement à travers quelques allocutions, mais surtout la très courue foire gastronomique. Je dois avouer, j’aime la bouffe, mais de là à me bousculer, ne comptez pas sur moi ! Par contre, quelques érudits en matière de bousculade ont eu le don d’ubiquité d’un stand à l’autre. C’est le Liban qui a eu la palme d’or de la fréquentation et pourtant, je ne saurais vous dire qu’est-ce qui attiraient tant les gens vers ce stand. Je voyais de loin des jus de fruits, des canapés de toutes sortes, et quelques boulettes. Dans le plat d’une diplomate, j’ai goûté un de ces canapés colorés, et…Un mélange de sucré et de salé, pas bon pour moi. Je décide néanmoins d’avancer devant le stand du Sénégal. Là-bas aussi, bousculade à souhait, et cette fois-ci ce sont les femmes qui sont en tête. Qui a dit qu’elles étaient le sexe faible ? Je vous assure que j’ai failli être renversé. Pas de chance alors, le Thieboudienne, ce ne sera pas pour cette fois.

Je décide de me rendre au stand du Mali voisin. J’ignore quel animal est ainsi exposé, mais cela ressemble à un bélier dont la chair est juteuse et onctueuse. Là aussi, bousculade, mais j’ai tout de même obtenu un petit morceau de viande.

Stand du Mali, Foire gastronomique de la Francophonie 2015
Stand du Mali, Foire gastronomique de la Francophonie 2015

Au Burkina Faso, on me sert du lait écaillé avec des graines de mil, il s’agit du fameux Dakeri. Je découvre alors que ce n’est pas seulement le Sénégal qui en est spécialiste. Je coure alors au stand français. Au menu, il y’avait du pain, du jambon, des cornichons, du fromage et du vin de France. On m’a servi du vin et des cornichons, mais plus de jambon, ceux qui m’ont précédé ont tout raflé.

Pour ne pas rentrer bredouille, tout ambassadeur du tourisme ivoirien que je suis, je ne voulais surtout pas éviter le stand des champions d’Afrique 2015 de football. Je décide à mon tour de bousculer, et bingo ! Je suis devant la serveuse et la photo du président Ouattara. On me sert un chocolat chaud avec du « cacao ivoirien » comme me précise la serveuse. Puis je demande du riz et elle me répond : « On  ne mange pas de riz en côte –d’ivoire, mais on mange Attiéké ».

Stand ivoirien,Foire gastronomique de la Francophonie 2015
Stand ivoirien,  Foire gastronomique de la Francophonie 2015

J’ai souri, car elle ignore sans doute que j’ai séjourné à Grand Bassam et à Abidjan l’année dernière. Elle finit par me servir de l’Attiéké  avec un morceau de poulet et une sauce qui avait la saveur de Grand Bassam. J’ai enfin mangé francophone, malgré la bousculade. Au fait, vous ai-je dit que ceux qui bousculaient étaient tous des diplomates ? Vive la Francophonie !


L’Education, quel cadeau aux enfants de Borgop !

L'éducation, un cadeau

Site des réfugiés de Borgop, Région de l’Adamaoua au Cameroun, précisément dans l’arrondissement de Djohong, qui se trouve à 20km. Il faut parcourir 110km depuis la ville de Meiganga pour arriver jusqu’ici. La route en terre embrasse volontairement tout usager, à pied ou en voiture, d’un nuage de poussière généreuse, avant d’échouer dans ce site de réfugiés. Ils sont en effet  15000 âmes ayant fui le conflit centrafricain pour se retrouver ici à Borgop. Partout, autour des tentes de l’UNHCR (Agence des Réfugiés des Nations Unies), le fulfulde et le sango sont les deux langues du camp. Ali Dan Juma, président du COGES (Comité de Gestion Scolaire) des ETAPEs (Espaces Temporaires d’Apprentissage) nous explique que ce sont essentiellement des populations Peulh qui ont traversé la frontière pour se retrouver dans cette partie du monde. Jusque là, seulement 112 enfants sur les 5000 que compte le site, étaient régulièrement inscrits dans une école centrafricaine. « Ils ont été reversés dans les écoles camerounaises ». Pour la majorité restée dans le camp, il fallait une réponse immédiate en faveur de ces enfants.

Un enseignant à Borgop
Un enseignant à Borgop

La réponse intégrée Education-Protection de l’Unicef s’est rapidement ébranlée : détection des besoins en soutien psycho-social, renforcement de la cohésion sociale, formation des encadreurs pédagogiques, etc. C’est ainsi que 68 ETAPEs pour l’éducation primaire formelle sont fonctionnels. Ici à Borgop, 4 sites accueillent 2100 élèves réguliers et assidus.  Sous financement de l’Union Européenne, dans le cadre du projet « Enfants de la Paix », l’Unicef se déploie pleinement sur ce site. Dans les salles, les gestes sanitaires sont obligatoires : Eau potable, Propreté, Hygiène.

De l'eau potable disponible dans les salles du site
De l’eau potable disponible dans les salles du site

L’enseignant Mboum Bruno, volontaire dans ce projet, estime que les mentalités ont évolué. Ces enfants qui au départ, ont été exposés à des atrocités et à la violence, sont arrivés ici traumatisés, violents et turbulents. Aujourd’hui, une nouvelle donne s’observe sur le site de Borgop.

Un enseignant à Borgop
Un enseignant à Borgop

Ces modules éducatifs leur enseignent désormais le vivre-ensemble, la tolérance, la politesse et la propreté. De 8h à 14h, du lundi au vendredi (sauf le mercredi où ils terminent à 12h), les enfants de la paix de Borgop chantent, récitent, apprennent à lire et à écrire, y compris les jeunes filles. Une des maîtresses de l’ETAPE, Madame Aïssatou Ousmanou, a dû délivrer une de ses élèves  d’à peine 14 ans, que son père voulait marier de force à un cousin, moyennant quelques noix de cola. Son plaidoyer est allé jusqu’au Patriarche du camp, afin que ce mariage forcé et précoce soit annulé. Elle obtiendra gain de cause, et son élève poursuit sereinement son apprentissage.

Aïssatou Ousmanou Enseignante à Borgop
Aïssatou Ousmanou Enseignante à Borgop

«  Si moi je n’étais pas allée à l’école, je n’aurais probablement pas été là ce jour à enseigner ces enfants. Aucune fille ne doit aller en mariage contre son gré et avant l’âge de sa maturité »  nous dit fermement Aïssatou, qui, bien que camerounaise, voit en ce combat de l’éducation de la jeune centrafricaine, d’abord une question de l’égalité et de l’autonomisation de la femme de demain.