DANIA EBONGUE

Le Cameroun ne se « Wash » pas bien

Le Wash (« Water, Sanitation and Hygiene ») est l’acronyme signifiant »Eau Hygiène et Assainissement ». Un domaine tranversal qui touche à la santé, l’éducation, la nutrition, autant de domaines concernés par la 3ème étude sur la Traçabilité des dépenses publiques au Cameroun. Le domaine du WASH montre des signes alarmants.

Regardez ces toilettes ! C’est un dans un édifice public dans une ville camerounaise. Les ministères, les mairies, les administrations publiques et privées ont un véritable souci avec les latrines et les toilettes. D’abord c’est rare, et quand ça existe, la propreté et l’entretien ne sont pas toujours de mise.

Pourtant, en tenant compte de ce que l’UNICEF appelle la dépense sensible à l’enfant, on se rend compte que les toilettes sont primordiales. Il faut de l’eau coulante pour laver les mains, se nettoyer après les épreuves physiques. Il faut de l’eau potable pour que les enfants puissent se désaltérer pendant les récréations, il faut de l’eau pour le lavage des mains.

Avec la pandémie du coronavirus, des seaux d’eau sont apparus partout. C’est devenu un effet de mode de se laver les mains devant les boutiques, les lieux publics, etc. On a appliqué ces règles spontanément pour éviter la Covid-19, mais on avait vite oublié que les mêmes règles s’appliquaient déjà contre le virus Ebola, contre les épidémies de Choléra, contre les maladies hydriques en général. La journée mondiale du Lavage des Mains, célébrée le 15 octobre, vient nous rappeler ce réflexe, surtout dans certaines régions du Cameroun où la défécation en plein air expose encore les familles, et particulièrement les enfants à plusieurs maladies. Il y a donc urgence à investir dans la construction des toilettes modernes et propres.

La défécation à l’air libre est encore un grand problème au Cameroun

D’après l’enquête PETS III, 4% du budget d’investissement public global est consacré à la construction de latrines, des adductions d’eau potable et de forages. Mais sur le terrain, de nombreux manquements sont observés : Un peu plus de 77% des prestataires n’ont pas respecté la date de de fin des travaux des infrastructures de WASH au Cameroun en 2017. Pire, les Régions du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Est et de l’Adamaoua arrivent en tête des régions où on défèque le plus en plein air.

La Journée Mondiale des toilettes doit réveiller les consciences au Cameroun. Très souvent, les toilettes sont en panne, et ce n’est pas la priorité des administrations d’investir dans les réparations. Il y a plus de budget pour les séminaires, les pauses cafés, les fêtes du personnel, que d’investissement pour les toilettes. Or les employés de bureau, les élèves, les ouvriers et autres ménagèrent passent visitent les toilettes au moins une fois par jour.

Le Cameroun se wash (lave) mal. Latrines, toilettes, eau potable, tout est à faire ou refaire. Situation inquiétante.

297 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée pour avoir bu de l’eau insalubre ou par manque de services d’assainissement ou d’hygiène des mains. Beaucoup d’enfants en effet reçoivent leur lait et leur bouillie dans des conditions sanitaires qui les plongent de facto dans la malnutrition. Les adolescents, et notamment les jeunes filles souffrent de plus en plus de cette hygiène intime difficile à gérer surtout dans des établissements scolaires qui n’ont pas de toilettes ni de vestiaires. Un changement de paradigme s’impose, car le Cameroun se « wash » mal.


Bien manger ou bien mourir

5,5 millions de personnes sont à risque et exposées aux problèmes de sécurité alimentaire au Cameroun, d’après le professeur Carl Mbofung, qui s’exprimait ce 16 octobre 2020 dans un  webinaire organisé par la firme Nestlé, à l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation. L’occasion de réfléchir sur la situation alimentaire en Afrique centrale, et au Cameroun notamment.

Le 16 octobre, la journée mondiale de l’alimentation

Les nations ont décidé de combattre la faim et la malnutrition. C’est la raison d’être de la Journée mondiale de l’alimentation. « Cultiver, nourrir, préserver, ensemble ; agissons pour l’avenir », était le thème consacré cette année par l’agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAO.  Un thème qui arrive dans un contexte où la Covid-19 a plombé les économies mondiales, surtout les plus faibles. Les causes de la sous-alimentation (famine, malnutrition) sont :

  •  Les climats
  •  L’agriculture non résiliente
  •  La faible industrialisation de certains pays
  • Les conflits

C’est par ce postulat liminaire que Carl Mbofung a introduit cette conférence organisée par la firme alimentaire mondiale, Nestlé. Il nous apprend par ailleurs que « 5,5 millions de personnes sont à risque et exposées aux problèmes de sécurité alimentaire au Cameroun ». Un chiffre qui fait peur quand on sait que le Cameroun est pourtant un pays aux terres fertiles. Mais avec les nombreux défis sécuritaires et sanitaires, il y a lieu d’alarmer sur la question de la sécurité alimentaire dans le pays. C’est pour cela, ajoute le professeur, que « l’alimentation doit être durable », car  elle est « essentielle à la vie des individus et des nations ».

L’alimentation est essentielle à la vie des individus et des nations.

Bien se nourrir au Gabon, un défi ?

Le Cameroun et le Gabon ont en partage des frontières, mais également les mêmes cultures, les mêmes peuples et le même écosystème. En exposant cette question centrale : « Bien se nourrir au Gabon, un défi ? », le Dr Ghislaine Nzang Nguema du centre hospitalier universitaire de Libreville et nutritionniste a insisté sur les points suivants :

Et de conclure :

On retiendra que pour bien se nourrir demain, c’est « pourvoir des aliments nécessaires en quantité et en qualité », d’après le Professeur Kana SOP. Pour cela, le système doit être durable, les aliments doivent être disponibles et le système alimentaire doit être résilient. C’est-à-dire, créer des industries et des transformations, même artisanales (séchage, grillage). Pour demain, il faut enseigner les populations. Le bien être doit passer par le changement de comportements des populations et la diversification des productions alimentaires.

Demain, commence donc aujourd’hui. La sécurité alimentaire est d’abord une question de santé. Soit l’alimentation est prise en compte comme une donnée fondamentale du bien-être des populations, soit nous sommes appelés à être exposés à la famine, la malnutrition et la mort.


C’est quoi un blogueur ?

On nous pose la question depuis 20 ans, et ça reste toujours un mystère depuis tout ce temps. Oui, c’est qui ? C’est donc quoi un blogueur ? Nous voici le 31 Aout, Journée Mondiale du Blog, on ne sait toujours pas pourquoi on parle des blogueurs. Sont-ils des blagueurs sur le net ? De simples activistes ? Des gens qui cherchent la polémique, des journalistes sans formation ? Mais qui sont-ils ? Pourquoi une journée qui leur est consacrée ?

Marc Ghislain Ngbwa et Etienne Talla ( Blogueurs de Douala)

Jour du Blogging

A Dschang, région de l’Ouest, au Cameroun, Rihanno Mars, de son vrai nom Romuald Nguemkap, de son vrai nom organise « Dschang Blog » un évènement qui suscite des vocations vers cette passion d’écriture via le numérique. Des développeurs et autres étudiants y participent. L’évènement est soutenu par plusieurs blogueurs. Quelques heures plus tard, Dorothée Danedjo Fouba, blogueuse de la première heure au Cameroun, prend le relai via un « Blog Talk ».  Une conférence virtuelle sur le thème crucial du blogging au Cameroun. Des blogueurs de tout le pays participent à ce débat modéré par la coordinatrice du Barcamp-Cameroun. Carole Leuwé, l’une des participantes retiendra que c’était une « Moment d’échange chaleureux sur le blogging avec les définitions des concepts. La fameuse question de qui est un blogueur demeure malgré la définition avancée par l’ABC. On a échangé sur l’éthique et la déontologie qui doivent  être respectées même par les blogueurs. D’où la nécessité d’avoir un code pour ce secteur ».

En collaboration avec l’ABC, Association des Blogueurs du Cameroun, le « Blog Talk » passe en revue l’exigence d’une nouvelle approche du blogging au Cameroun, surtout avec le contexte difficile de la pandémie du Covid19 qui a remis au gout du jour, la place de choix du numérique dans les usages quotidiens. Parlant de cette pandémie, l’UNESCO, via un financement de l’Union Européenne, appuie des partenaires, associations et institutionnels dans ce combat via les plateformes numériques. ABC et le BARCAMP animent une composante de ce projet, c’est la raison première de cette mobilisation ce 31 Aout, qui va se poursuivre par d’autres initiatives, notamment lors de la semaine de l’éducation aux médias.

ABCBlogCoffee à Yaoundé
https://www.facebook.com/BloggersCM/posts/3389360047776244

 Frank William Batchou et Fotso Fonkam ont animé cette formation qui portait sur les outils WordPress et Canva, outils utilisés dans les contenus des blogs et dans les différents graphismes utilisés dans la sensibilisation actuelle. Parmi les apprenants, se trouvait la nommée Mbende Eliane Aurelie, lauréate camerounaise du concours « Blog4Dev » qui récompense les articles de blogs destinés au développement.

Atelier de Formation de l’ABC dans la ville de Mbalmayo

« Il se trouve que je ne suis pas blogueuse, mais j’ai réussi à ce concours. C’est la raison pour laquelle je suis venue ici à Mbalmayo pour me former », avoue Eliane, qui désormais se dit prête à animer un blog et à prendre sa carte de membre de l’Association des Blogueurs du Cameroun. Alors, c’est quoi un blogueur finalement ? Je réponds que c’est un citoyen-journaliste, mais c’est également un journaliste citoyen. Vous saisissez bien la nuance ?

https://www.facebook.com/BloggersCM/posts/3395667330478849


Saison 2 de Yelo Peppe!

Deuxième saison d’une web série qui rassemble des acteurs africains avec pour objectif, l’éducation nutritionnelle des populations « Yelo Peppe » est de retour en Juin 2020

C’est un nouveau site Internet avec plus de 40 recettes qui est la nouvelle attraction culinaire en Afrique du Centre et de l’Ouest. La firme Nestlé profite de la deuxième saison de la série « Yelo Peppe » pour mettre en avant les relations comme …les recettes épicées du continent. Le bouillon cube Maggi est la star de ce projet qui fédère les femmes africaines autour de la tradition sacrée qu’est la cuisine.

« MAGGI innove une fois de plus en proposant différentes variations de plats populaires africains qui offrent quelque chose à tous les amoureux de la cuisine », a déclaré Dominique Allier, directeur général de la division Culinaire de Nestlé Central and West Africa. « Nous sommes fiers d’être la première région du monde choisie par MAGGI pour lancer ce site web inédit », a-t-il ajouté.

« En plus de souligner l’importance d’inclure des régimes alimentaires nutritifs dans notre vie quotidienne avec les plats préférés des familles, le monde entier a maintenant facilement accès à des recettes africaines traditionnelles que nous connaissons et aimons », a déclaré Akua Kwakwa, responsable de la nutrition, de la santé et du bien-être pour Nestlé Central and West Africa.


CHAN 2020 au Cameroun, le match des hôtels

Les hôtels… C’est souvent le ventre mou des organisations des grands événements. Trouver un hôtel qui allie confort, qualité de service et commodités diverses, ce n’est pas toujours évident dans nos villes africaines. Trouver un hôtel comme le Noom Hôtel de Conakry en Guinée est rare en Afrique. Pour le Championnat d’Afrique des nations de football, le Cameroun a dû sélectionner des établissements haut de gamme pour accueillir les 16 équipes qui participent au tournoi en avril 2020.

La Confédération africaine de football (CAF) a donc choisi les hôtels de la compétition. À Yaoundé, ce sont trois hôtels qui ont été désignés : Le Mont Fébé qui va accueillir le Cameroun et le Mali, La Falaise qui va accueillir le Zimbabwe, et le Djeuga Hôtel (qui va accueillir le Burkina Faso) qui, il y a encore quelques jours, recevait l’équipe de l’émission « Les Cops d’abord » dans le cadre des activités de la fête de la jeunesse au Cameroun.

S’il est vrai qu’il est difficile de dresser avec exactitude le nombre d’étoiles attribuées aux hôtels du Cameroun, il n’en demeure pas moins qu’à Yaoundé, en dehors du Hilton qui est réservé aux officiels de la CAF, les trois hôtels choisis font office de référence. Certains hôtels trichent à Yaoundé : manque d’eau, toilettes et literies insalubres, odeurs de moisi, service approximatif et par-dessus tout, absence d’un bouquet réel à la télévision. Imaginez-vous dans une chambre d’hôtel, vous êtes à Yaoundé pour le CHAN 2020, et vous n’avez pas accès à une seule chaîne qui retransmet les rencontres. Premier couac. J’ai eu cette douloureuse expérience récemment à Dakar. L’Hôtel Savana, qui est pourtant une référence au pays de la Téranga avait un service impeccable, sauf… les chaînes de télévision. Cet hôtel proposait 14 chaînes de télé, et rien de plus, avec une qualité d’image qui me rappelle malheureusement les offres des câblo-opérateurs des  quartiers de Yaoundé. J’ai pourtant rencontré Marie-Andrée Dione, la responsable de la réception de cet hôtel à Dakar.

Elle est professionnelle, maitrise son sujet. L’hôtel en lui-même est construit à côté de la mer, sur la Corniche Est de Dakar et pas loin du palais présidentiel. Les repas sont impeccables, les chambres aussi, mais l’expérience de ce mauvais bouquet TV est encore vive dans ma mémoire. Du coup, je prie de toutes mes forces que les hôtels du Cameroun sélectionnés pour le CHAN 2020 et pour la CAN 2021 laissent un meilleur souvenir à nos touristes. À Douala où il y aura deux poules du CHAN, 7 hôtels ont été choisis. Le Star Land (Maroc), Hôtel La Falaise Akwa (Rwanda), Akwa Palace (Ouganda), Hôtel La Falaise Bonanjo (Togo), Hôtel Sawa (Libye et Congo), Onomo Hôtel (RDC) et le Douala Rabingha Hôtel (Niger).

Le Rabingha Hôtel, parlons-en ! Pour y avoir séjourné plusieurs fois, je suis content pour la délégation du Niger. Elle y trouvera confort et bien être. Elle tombera surtout sur Bertrand Dimody, qui comme Andrée Diorne de Dakar est d’une conscience professionnelle irréprochable qui emmène le client à revenir la prochaine.

À Limbé et Buéa, dans le sud-ouest anglophone du pays, la chaleur et le savoir-faire anglo-saxons seront au rendez-vous des hôtels Fini Hôtel de Limbe (Guinée et Tanzanie), et Parliamentarian Hôtel (Zambie et Namibie).

Dans cette poule D, exceptée la Guinée, il y aura un parfum d’Afrique Australe et… anglophone sur une terre où il n’y aura aucune CHANce pour le dépaysement. Vivement le CHAN des hôtels !


CHAN 2020 : Les Lions Indomptables A’ se préparent

Le CHAN est le Championnat d’Afrique des Nations. Compétition organisée par la CAF pour donner la chance aux joueurs du continent de pouvoir évoluer dans une compétition internationale. Seuls les joueurs du terroir sont éligibles. Cela veut dire que les joueurs de Coton Sports, Union de Douala, UMS de Loum sont sélectionnables. Par contre, un joueur camerounais du TP Mazembe ou de l’Espérance de Tunis ne peut disputer le CHAN. Quelle catégorie dispute le CHAN? On les appelle les A’ c’est à dire Équipe Nationale Intermédiaire. Les A » ce sont les Seniors Bis. Ils évoluent dans les compétitions régionales ou sous régionales comme : Coupe CEMAC, Coupe COSAFA, Coupe UEMOA, etc. 

Pourquoi dans certains pays, les joueurs et les entraîneurs des A et A’ sont les mêmes ?

🔴 Parce que dans ces pays-là, l’équipe A est constituée essentiellement de joueurs locaux comme le Tchad, le Niger, l’Ouganda, le Kenya, et certains pays du Maghreb. Il y’a donc pas de frontière entre les A et les A’ dans ce cas.

🔴Les Lions A’ ont battu le Tchad récemment en match amical (2-0). Cette équipe du Tchad prépare en ce moment les éliminatoires de la CAN 2021. Les Lions A’ ont donc affronté les Sao A’ qui sont en même temps les Sao A. Plusieurs équipes du CHAN 2020 au Cameroun seront dans cette configuration.

Les Lions Indomptables A’ du Cameroun quant à eux sont en quête d’une première consécration dans cette compétition. Depuis sa création, les camerounais n’ont pas fait mieux qu’une qualification en ¼ de finale en 2016. Du coup, cette compétition à domicile est l’occasion de briser le signe indien. Le Cameroun multiplie donc les rencontres amicales en vue de cette compétition continentale avec les résultats suivants :

14 Janvier à Douala : Lions A’ vs Léopards FC 3-1

15 Janvier à Douala : Lions A’ vs Avion du Nkam 1-0

21 Janvier  à Douala : Lions A’ vs Bamboutos de Mbouda 2-0

25 Janvier à Yaoundé : Lions A’ vs Tchad 2-0

16 février à Kintele (Congo) : Lions A’ vs RDC 1-0 

https://twitter.com/FecafootOfficie/status/1229088271436779521

20 Février à Kintele (Congo) : Congo  vs Lions A’   1-1

https://twitter.com/FecafootOfficie/status/1230538294016008193

24 février à Yaoundé : Lions A’ vs Rwanda 0-0

En rappel, le tirage au sort du CHAN a eu lieu le 17 Janvier dernier et a révélé les combinaisons suivantes :


Marielle Mballa Mbengue : L’experte en société civile

En côte d’ivoire, elle est réputée pour avoir participé à la mise en place d’une cartographie des OSC (Organisations de la Société Civile) et récemment dans son pays d’origine, le Cameroun, Marielle Mballa Mbengue a animé l’atelier de restitution publique du plan stratégique d’appropriation, par la société civile, de son rôle dans la transparence budgétaire au Cameroun.

La première chose que la société civile devrait corriger au Cameroun, c’est l’utilisation des termes techniques savants, qui sont une barrière pour les publics bénéficiaires de ses plaidoyers. Le langage des OSC est de plus en plus académique et institutionnel. Il y’a dans cette approche élitiste, une sorte de mur que cette même société civile reproche pourtant aux décideurs étatiques.

Marielle Mballa Mbengue, lors de la restitution du 14 février 2020

Marielle Mballa Mbengue, jeune trentenaire camerounaise vivant en Côte d’Ivoire, s’est essayée à un exercice de restitution à Yaoundé, le 14 février 2020. Dans un langage accessible à tous, elle a décrit les obstacles structurels de la société civile camerounaise :

  • La faiblesse de la culture citoyenne
  • La peur de la répression
  • La suspicion et la réticence des pouvoirs publics
  • La suspicion envers les acteurs de la société civile

Un constat froid qui objective la faible capacité de la société civile à agir sur la transparence budgétaire et la gestion des finances publiques au Cameroun. Il y’a donc lieu de changer la donne, une théorie du changement qui se résume en ces termes : «  Accroître la capacité des OSC à amener l’Etat à rendre compte et à répondre aux besoins de la population ».

Pour y parvenir, Marielle nous a dressé de manière méthodologique, comment l’étude qu’elle a menée a accouché de ces constatations. Tout est parti d’un appel d’offres du ROSFIP (Renforcement des Capacités de la Société Civile dans le Contrôle Citoyen des Finances Publiques), projet des ONG PLANOSCAM et COSADER, appuyé par l’Union Européenne pour lequel elle a postulé et été sélectionnée. Pour elle, mêlant passion et professionnalisme, le Cameroun, sa terre natale, devrait bénéficier de toute son expertise, ce qu’elle a fait sans aucune réserve.

Le ROSFIP veut contribuer à améliorer la gouvernance et la redevabilité de l’action publique au Cameroun, renforcer le rôle de la société civile dans le processus budgétaire. L’apport de Marielle est significatif, avec la teinte de son expérience ivoirienne, elle propose des astuces pour une société civile camerounaise plus impliquée, et plus encline à se porter partenaire des programmes étatiques. Son évocation a suscité plus de trois heures d’échanges et de partages, prouvant ainsi que la solution d’une société civile engagée se trouve simplement dans un mot clé : OSER. On le sait déjà, PLANOSCAM met le Cameroun à l’école de l’engagement citoyen. Son président, Docteur BIROKI Samuel s’est dit honoré de la vivacité de cette jeune dame dont la restitution va apporter à coup sûr, un souffle nouveau à la société civile camerounaise.


Planoscam met le Cameroun à l’Ecole de l’engagement citoyen

Kribi, cité balnéaire du Cameroun, du 22 au 24 Janvier 2020. Des membres de la société civile se regroupent autour d’un «  ATELIER D’ÉCHANGES ET DE PARTAGE D’EXPÉRIENCES EN MATIÈRE DE SUIVI BUDGÉTAIRE AVEC DES OSC AFRICAINES ET INTERNATIONALES ». Trois jours de réflexion pour aboutir au défi de l’engagement citoyen au Cameroun.

« Je m’engage à organiser cette année, le premier forum citoyen au Cameroun ». C’est par cette phrase fortement acclamée que le Président de PLASNOCAM (Plateforme Nationale des Organisations de la Société Civile du Cameroun), Docteur BIROKI Samuel a conclu les travaux de Kribi. Le chef du projet  ROSFIP (Renforcement des Capacités de la Société Civile dans le Contrôle Citoyen des Finances Publiques) qui est financé par l’Union Européenne, s’est bien rendu compte du partage d’expériences de cet atelier.

Docteur BIROKI Samuel

M. N’DOUFFOU Jean, Consultant Société Civile en Côte d’Ivoire, Mme DACKO de la République Centrafricaine, M. REMY de la France ont chacun partagé des expériences inédites d’engagement citoyen dans leurs pays respectifs. Chez les ivoiriens, le budget participatif municipal, le rôle de la société civile en RCA, et les audits citoyens de la dette, sont des exemples qui peuvent inspirer la société civile camerounaise. Une société civile camerounaise, appelée à jouer pleinement son rôle, comme le prônait quelques jours avant, le Docteur Ondoua Ekobena.

Madame Elise HAGBE

Côté camerounais justement, l’exposé de Madame Elise HAGBE a suscité de vifs débats. En évoquant la BSG (Budgétisation Sensible au Genre), c’est-à-dire « un processus qui tient compte des différences et des relations hommes/femmes dans la préparation, l’adoption et l’exécution du budget »,  les réactions ont été très enrichissantes. Surtout lorsqu’il faut évoquer les spécificités des femmes et tenir compte de leurs besoins dans les budgets. Il se trouve, notait un participant à Kribi, que la simple question des toilettes reste un problème au Cameroun. Elles sont rares, et quand elles existent, elles sont mal entretenues et vectrices de maladies. Les femmes sont exposées dans leur intimité et dans leur dignité, mais parfois les budgets alloués aux femmes sont orientées vers des activités ludiques et folkloriques. Il y’a donc lieu, pour elles comme pour toutes les couches de la société, de changer la donne. Et on dira avec le Dr BIROKI Samuel que: « Les leçons apprises devraient inciter  la Société Civile à  éclairer la vision de son positionnement stratégique et opérationnel pour mieux jouer son rôle ».


COUPE DU MONDE 2022 : L’AFRIQUE EST EN ROUTE POUR LE QATAR

La Coupe du Monde au Qatar aura lieu du 21 novembre au 18 décembre 2022, et les cinq représentants africains seront connus en Novembre 2021, au terme de trois tours éliminatoires âprement disputés dans le continent. Ce mardi 21 janvier 2020, la FIFA Zone-CAF a procédé au tirage au sort des 10 poules éliminatoires de la zone Afrique. Les premiers de chaque groupe passeront aux barrages, pour le 3ème et dernier tour.

C’est le classement FIFA qui a déterminé la répartition des pots avant ce tirage au sort de ce 21 Janvier 2020 au Caire en Egypte :

54 nations étaient en lice au départ, et elles sont restées 40. Ces 40 sont reparties en 10 groupes de quatre (4) pour donner un champion par groupe. Les confrontations auront lieu selon le calendrier suivant :

  • Journée 1 : 9 au 11 octobre 2020.
  • Journée 2 : 13 au 15 novembre 2020.
  • Journées 3 et 4 : 22 au 30 mars 2021.
  • Journée 5 : 3 au 5 septembre 2021.
  • Journée 6 : 9 au 11 octobre 2021.

Samson Adamu (Directeur des compétitions de la CAF), accompagné de deux légendes FIFA, Clémentine Touré et Marcel Desailly, procède au  tirage au sort depuis « The Nile Ritz-Carlton Hôtel ».  Djibouti est la toute première équipe à être tirée. Le pays est directement classé en position A4 selon la procédure du règlement. Ici, on termine d’abord avec les équipes du pot 4 réparties selon le tirage du Groupe A au Groupe J, ainsi de suite pour les équipes des pots 1, 2 et 3. Le tirage complet est donc le suivant :

Les Lions Indomptables du Cameroun iront donc en voyage en Côte d’Ivoire (comme pour la Coupe du monde 2006), au Mozambique et au Malawi aussi. 13 équipes africaines ont déjà pris part à la Coupe du Monde de la FIFA. Elles sont toutes encore en lice pour l’édition 2022 : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Maroc, Nigeria, RD Congo, Sénégal, Tunisie, Togo. Les 5 représentants africains seront connus en Novembre 2021.


Vert-Rouge-Jeune… Le message de la Paix au 237 !

Le code téléphonique d’un pays est souvent utilisé pour le représenter. Au Cameroun, c’est le fameux « 237 ». L’association « 237 C Chez Nous » se sert de ce code pour parler à la jeunesse camerounaise qui baigne dans la violence après l’assassinat d’un élève au Lycée Bilingue de Deido en 2019, et le meurtre d’un enseignant cette semaine au Lycée de Nkolbisson. Des jeunes camerounais, utilisent les couleurs vert-rouge-jaune pour passer le message de la paix, chez nous au 237.

La violence scolaire, les discours haineux, le tribalisme, sont de plus en plus fréquents chez les adolescents camerounais, encouragés en cela par une éducation pas assez rigoureuse, une délinquance accrue, et la consommation de substances illicites (drogues, chanvre, tramol, etc.) L’association se donne pour mission de sensibiliser la jeunesse camerounaise sur ces différents fléaux.

Leur stratégie de sensibilisation est simple : « Utiliser l’image des icônes (de la musique, du sport, de l’humour, des présentateurs télés, des influenceurs web) ayant une grande cote de popularité, comme vitrine du concept afin de véhiculer au mieux le message que nous voulons transmettre à l’ensemble du territoire national » d’après Tchoukekang Audenis Kenne, iniatiateur de ce projet. Ce jeune diplôme en logistique et résidant à Douala, la capitale économique du Cameroun réunit des jeunes en 2017 « pour promouvoir le vivre ensemble suite aux tensions sociaux politiques, à l’essor du tribalisme que traverse notre Pays le Cameroun ».  Projet très ambitieux qui souhaite revoir un pays plus uni, malgré sa diversité.

Le projet est appuyé par les Nations Unies, et de nombreux produits dérivés sont créés, notamment des tee-shirts, des casquettes et autres accessoires qui déclinent le message « 237 C’Chez Nous » en plusieurs dialectes du pays : BAYANGI, MOUSSOUM, OKU, BAKWERI, BAMOUN, LEBIALEM, MBOUM, BAKUSSI, EWONDO, MAKA, BANEM, BALI, FALI, BULU, MBORORO, NSO, DOUALA, BASSA, NSO, FOULBE, NKOM, TOUPOURI, BAKA, TIKAR, FANG, BAMILEKE, BAFIA… »

Tchoukekang Audenis Kenne envisage pour 2020 et 2021 les actions suivantes :

  • Campagnes d’éducation sur l’amour de la patrie dans les écoles et centre de formation académiques et professionnels ;
  • Engager plus de 500 ambassadeurs pour la promotion du vivre ensemble dans les dix régions du Cameroun d’ici 2021 ;
  • Organiser des consultations prénatales gratuites pour des filles porteuses de grossesse de plus de 06 mois issus d’un viol ou géniteur décédé dans les régions de la crise anglophone ;
  • Participer à la distribution des denrées alimentaires dans les camps de déplacés de la crise anglophone.

Vivement la Paix au Cameroun !