DANIA EBONGUE

Les colombes du Stade Omnisports de Yaoundé.

La 10ème édition de la  Coupe d’Afrique des Nations de Football Féminin se déroule du 19 Novembre au 3 Décembre. Coup d’œil sur une cérémonie d’ouverture riche en éclats.

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En lisant la publication de Laure Anny Atangana Bassek sur son profil Facebook, on pourrait dire qu’il s’agit là d’un résumé succinct du lancement de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de Football au Cameroun. En  1972, date de la première et dernière compétition similaire au Cameroun, bon nombre d’entre nous n’étions pas nés. Il n’y a que les souvenirs racontés par nos aînés de l’époque qui nous rappellent ce qui s’est passé en 1972, et le drame de l’échec du Cameroun lors de la demi-finale perdue face au Congo.

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Depuis lors, seuls nos écrans de télévision étaient témoins de ce qui se vivait ailleurs en termes d’organisation des compétitions sportives et surtout le football. Les camerounais étaient tellement demandeurs d’une telle animation chez eux que lorsque le voisin équato-guinéen a organisé la CAN masculine de  2015, des milliers de camerounais ont traversé la frontière de kye-Ossi pour aller vivre les rencontres qui se disputaient au stade d’Ebibeyin.

Stade d'Ebibeyin
Stade d’Ebibeyin

On avait compris alors que le pays de Roger Milla, Patrick Mboma et Samuel Eto’o avait soif d’abriter une CAN sur ses terres. Le Cameroun s’est donc investi pour accueillir la CAN féminine 2016 et la CAN masculine 2019. Les stades de Limbé et de Bafoussam ont été construits, et le mythique stade Omnisports de Yaoundé a été rénové.

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C’est donc ce stade qui accueille la cérémonie d’ouverture ainsi que le premier match qui oppose les lionnes indomptables aux égyptiennes. Jamais le stade Ahmadou Ahidjo n’avait aussi bien porté son nom. Le premier Président du Cameroun a reçu un vibrant hommage lors de la parade culture d’avant-match. C’est bien la première fois dans mes souvenirs que ce Monsieur est mis en valeur dans une cérémonie où se trouve son successeur actuellement au pouvoir.

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Et Paul Biya aura aussi son heure de gloire lorsque tout le stade scandera « Paul Biya, notre Président, père de la Nation ». Oui, l’Afrique du football a été témoin de cette particularité camerounaise qui veut que lorsque le président se déplace les grands moyens de sécurité sont mobilisés. La parade militaire qui a précédé la culturelle était la démonstration que la République est solidement enracinée sur la force de son Chef Suprême. L’Afrique du football a vu un stade qui clamait et acclamait son chef, comme si les invectives contre lui dans les journaux et sur les réseaux sociaux ne sont que pure comédie. Oui, au Cameroun, on fait les choses comme ça. On tait les querelles et les clivages politiques le temps d’une grande fête du football.

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Oui, au Cameroun on est comme ça. Pendant que les gens combattent et insultent le système, déclarent en avoir marre du régime politique, le football est là pour mettre tout le monde d’accord. Le football, c’est la religion officielle du Cameroun. On y chante l’évangile selon Saint Ballon Rond. La preuve, il a fallu que les caméras se braquent sur Samuel Eto’o qui était l’invité spécial de cette cérémonie d’ouverture, pour que tout le stade chante les louanges de ce demi-dieu du football africain. La religion du football au Cameroun, c’est un stade plein même quand les femmes jouent. Pas de sexisme, pas de discrimination de genre, c’est le football, un point c’est tout. Dans la religion du football au Cameroun, telle le symbole du dimanche dans les églises catholiques romaines,  on se donne « un signe de paix », dans les gradins où les ethnies, les langues, les antagonismes se taisent devant le spectacle football.  Le signe de paix du stade Omnisports ce 19 Novembre 2016, c’était la cohésion des joueuses camerounaises, développant un jeu châtié, une démonstration technique incroyable, et un score deux buts à zéro, venu valider une journée inoubliable au Cameroun. Au début de la rencontre, un spectateur hurlait « Donnez-nous du sourire ».

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C’était donc chose faite à la fin du match.  Ce jour nous aura montré comment des Aboudi Onguene Gabrielle, Ngo Mbeleck, Ngock Yango Jeannette Grace, et la divine Nchout Njoya Ajara dont je suis définitivement tombé amoureux, font la fierté du Cameroun. Oui,  Nchout à elle seule,  m’a donné envie d’aller découvrir le peuple Bamoun à Foumban.  La messe est dite, le football a repris l’espace de ce moment, sa sacralisation légendaire au Cameroun. Au-dessus de la cuvette du stade Omnisports de Yaoundé, j’aperçois une colonie de colombes qui traverse le stade. Une semaine plus tôt, en match amical Cameroun-Tanzanie préparatif de cette CAN 2016, les mêmes colombes avaient déjà traversé le stade. Plus qu’un signe, c’était la validation certaine que le Cameroun est un pays de contradictions, un pays de particularismes plus ou moins bizarres, mais avant tout, et surtout, un pays… de paix.

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A propos des ex…

A propos des ex…

Les ex sont-elles encore exploitables ? Vous me diriez certainement : « Tais-toi DANIA, es-tu toi-même un exemple » ?

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Mais ai-je besoin d’être exemplaire pour partager mon expérience ? De fait, l’expression de mon excitation à parler de mes ex, n’a rien à voir avec le titre mon ex du groupe X (se lit ex en anglais) Maléya qui du reste est une bonne chanson qui rappelait que « je rappelle souvent mon ex ». Mais pourquoi la rappeler, son ex ?  A-t-elle fini avec ses excentricités ? A-t-elle fait son examen de conscience sur notre vie à deux ? A-t-elle compris pourquoi nous avons tous appuyé sur le bouton Exit ?

C’est vrai, les ex ne sont pas très explicites sur les raisons d’une séparation. Parce que les ex se présentent toujours comme victimes expiatoires du machisme des hommes. Les ex sont toujours extraordinaires, dans leur faculté à relater des situations qui ne nécessitent pas tant d’exacerbation.  Mais les ex sont toujours très excitées, quand il s’agit d’exagérer sur les exactions de nous, les ex chéris, devenus exécrables. Oui, l’exagération des ex est telle qu’elles savent exceller dans l’art de : cet ex ne valait rien . Oui, les ex sont exceptionnelles. Elles savent même attirer la malédiction sur vous, surtout lorsqu’elles affirment sur un ton exclamatif que leur chéri d’hier est pire qu’un excrément aujourd’hui. Oui, les ex sont les exégètes de la langue vipérine. Elles oublient tous les bons moments et se concentrent avec une haute exergie sur ce qui s’apparente à un vrai exercice de sabotage, exhumant même ta façon de hurler dans un lit, te réduisant désormais à un simple exarque de la sexualité, un nouvel infortuné du sexe, une victime d’excoriose là où le nouvel amant est devenu un  exorciste de sa condition amoureuse.

Oui, parler des ex est un exercice pénible. C’est comme si je la voulais subitement exorable, alors que tout notre trajet de couple n’a été qu’une perpétuelle exosphère qui embrumait nos éternelles discussions et querelles. Les ex sont vraiment dangereuses. Elles prétendent même que sortir avec vous était de la véritable exogamie. Elles diront qu’elles regrettent amèrement le jour de votre rencontre, qu’elles détestent la première fois que vous les ayez touchées, et que vous n’êtes qu’une exacte erreur de la nature.

Bref, les ex sont rancunières. Elles vous excommunient même de leurs souvenirs. Les ex font exonder en elles, la conviction que vous n’êtes qu’une monstruosité. Oui, faites attention aux ex ! Sinon, vous ne serez qu’une simple expectoration de leur vie déjà bien agitée. Vous serez une simple exponction, un simple épisode, un flash, un éclair. Triste vraiment, quand une ex déclare que vous êtes « un ex ».  Ça y est ! Game over ! Vous êtes exproprié de votre droit jouissif qui faisait de vous, l’homme extasié du quartier.

C’est du passé en tout cas. Adieu, mon ex.


Tout ça pour Sa’a ?

Des drapeaux blanc-bleu aux couleurs de l’UNESCO, brandis par des élèves du primaire et du secondaire, rassemblés ce mercredi 12 Octobre 2016 dans la cour de la mairie de l’Arrondissement de Sa’a, département de la Lékié au Cameroun. Au rythme des groupes de danses, des chants des associations féminines et des clameurs des populations riveraines, les sonorités perçues annoncent déjà un événement d’une grande envergure.

Il s’agit en effet de l’inauguration d’une radio communautaire, la radio baptisée « M’Mali FM ». On ne s’y trompe pas, la tribune officielle est suffisamment garnie par le ministre de la Communication (Issa Tchiroma Bakary), le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Abdoulaye Yaouba), et la ministre de l’Education de Base, Présidente de la Commission Nationale de l’Unesco (Madame Youssouf née Hadidja Alim), venus présider la cérémonie de visite de la radio communautaire de Sa’a, en compagnie d’un hôte de marque, le Président de la 38ème session de la Conférence Générale de l’Organisation des Nations Unies, pour la Science, l’Education et la Culture, le namibien Stanley Mutumba Simataa.

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Ici à Sa’a, les ondes radio ne sont pas aussi fournies en fréquences qu’à Yaoundé, la capitale, qui n’est pourtant qu’à 60 minutes de route. Seuls le Poste National (88.8 FM)  et CRTV Centre (101.9FM) émettent ici. L’avènement d’une radio rurale « apporte une alternative à ces populations qui ne savent pas parler anglais ou français », dira le ministre Tchiroma. Il est 10h du matin, et sur la fréquence 99.0 FM, le jingle de la chaîne tonne.

De la musique et des effets sonores en guise de bienvenue se distillent depuis Radio M’Mali. Une radio qui existe depuis 2002 par la volonté des femmes de la localité, réunies en association pour apporter leur touche au développement communautaire. Ayant fait du chemin, la radio a perdu de son éclat avec un outil de production qui devenait inadéquat et vétuste. Il devenait urgent de la réhabiliter et de la rénover. Une fierté pour le maire Jean Blaise Messina Noah, qui rappela que la radio « est rénovée et équipée grâce au partenariat avec l’Unesco ». L’organisation onusienne ne fournira pas seulement le matériel de production, mais ouvrira également un centre multimédia pour les jeunes, une bibliothèque et un centre d’archivage à l’intérieur de la radio. Un chèque de deux millions de FCFA sera remis d’ailleurs à la responsable de la chaîne comme frais de fonctionnement.

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Coupure du Ruban de Radio M’Mali entre Issa Tchiroma et Stanley Mutumba Simataa.

Des locaux qui seront visités par Stanley Mutumba Simataa et les ministres, non sans une satisfaction certaine devant ce joyau flambant neuf perché sur une des collines de Sa’a. Le défi sera désormais celui de la maintenance de ces équipements. Une inquiétude vite balayée dans le discours du ministre de la Communication qui dira « toute la disponibilité » de son département ministériel qui vient de se doter d’un comité en charge des radios communautaires. Toute la cérémonie protocolaire sera retransmise en direct sur M’Mali FM, notamment le discours de Charles Assamba, représentant les élites de la localité.

Mais pourquoi M’Mali au juste ? « Parce que M’Mali signifie Tam Tam et Tambour en langue locale », nous explique l’une des femmes dynamiques à l’origine de ce projet de radio communautaire. La radio M’Mali est un appel, un appel au rassemblement, aux valeurs de paix, de partage et de vivre ensemble. Pour ce faire, Le ministre de la Communication et son hôte de marque sont même aller jusque répondre aux questions de l’animateur de service, Max Ayissi, un peu impressionné par ses interlocuteurs, mais qui fini quand même par relever le défi de sa toute première interview institutionnelle. C’est aussi cela, l’apprentissage.

En 2010, c’était à Mbalmayo, une autre localité du Cameroun, que le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki Moon, s’était livré au jeu des interviews dans la radio communautaire « Radio Femmes ». Son passage a laissé une empreinte indélébile sur cette station, puisque Radio Femmes est restée jusqu’à lors, une référence dans cette ville. Il est vrai que les radios communautaires font de plus en plus l’objet d’une préoccupation attentive de la part du gouvernement Camerounais et des différents partenaires. C’est avant tout une question de rapprocher les populations des enjeux du développement, notamment les ODD (Objectifs du Développement Durable), affichés dans toutes les cabines de M’Mali FM pour rappeler que c’est le cap à franchir par la localité et le pays.

Centre Multimédia de la Radio de Sa'a
Centre Multimédia de la Radio de Sa’a

Comme nous le disions déjà, quand les radios communautaires militent pour le développement, elles provoquent le changement de comportement des populations. Pour cela, Sa’a méritait bien « tout ça ». Ce balai de diplomates, ces représentants de l’Unesco du Cameroun et des pays voisins, ces ministres de la Républiques, ces élites, ce cortège et ses sirènes impressionnantes, et surtout, cette radio qui tonne déjà dans tous les ménages de Sa’a. Car, dira finalement Stanley Mutumba Simataa, « la plus grande pauvreté est la pauvreté de l’information ».


Les anges s’appellent Torpédo et Madeleine

C’est une belle histoire, comme un conte de fée dont la scène se déroule dans une nuit parisienne mais paisible, subtilement agitée par ces populations qui se cherchent et qui espèrent un brin d’espoir.

Madeleine Autet, sourire implacable
Madeleine Autet, sourire implacable

Gare du Nord, il est 21 heures. J’ai rendez-vous avec Madeleine Autet. Cette organisatrice d’événements culturels tient à ce que je sois à l’heure à son rendez-vous. Alors, le téléphone crépite depuis plusieurs minutes pour que la nuit soit exactement comme souhaitée.

Ça y est ! Je l’ai retrouvée. Il faut se dépêcher, car on va retrouver notre hôte du jour. Un autre puissant de l’industrie culturelle franco-camerounaise. Pendant qu’elle actionne son GPS pour retrouver l’adresse du rendez-vous, voilà un homme grand comme les Sao qui clame : « Aidez-moi s’il vous plait, je suis un malvoyant ». Madeleine s’approche de lui, et lui tient la main affectueusement. Je suis impressionné, non pas par cet élan de solidarité, mais davantage par ce qui va suivre.

 

  • Que puis-je faire pour vous Monsieur ? Lui demande Madeleine
  • Je voudrais retrouver le bus qui va chez moi ?
  • Et c’est où chez vous ?
  • Arcueil

Madeleine hésite. Il est vrai qu’arriver à Arcueil à partir de la Gare du Nord, c’est un peu le parcours du combattant à partir des lignes de bus. Alors, elle sort son portable.

  • Ecoutez, monsieur, je vais vous appeler un taxi.
  • C’est très gentil à vous. Répond le malvoyant.
  • Sans problème.
  • Mais dites-moi, ça coûte cher, un taxi.
  • Ne vous en faites pas, je vais tout régler.

Dès cet instant, le malvoyant se confond en remerciements. Jamais, dit-il, il n’avait bénéficié de tant de générosité. Presque en larmes, il raconte son histoire.

  • Je m’appelle Abou Sy. Je suis d’origine sénégalaise. Cela fait 30 ans que je vis en France. Mon grand père a été tirailleur pour la France. Vous savez, le Sénégal est une grande Nation. On a des agrégés de grammaire, des grands politiciens, de grands sportifs. Merci encore madame, vous venez d’aider un sénégalais.

Un peu surpris par ce commentaire décalé de notre malvoyant, c’est surtout l’attitude digne et silencieuse de Madeleine qui me fera réfléchir. C’est vrai qu’on a des idées arrêtées sur ces mbenguistes froids, sans cœur et un peu trop souvent prétentieux. Mais celle que je vois ce soir, possède un grand cœur. Elle aide un inconnu, lui appelle un taxi et lui tient la main jusqu’à l’arrivée de celui-ci.

Bertrand Torpédo: Faire rire est un art
Bertrand Torpédo: Faire rire est un art

Quelques minutes plus tard, nous sommes au 9ème arrondissement. Notre hôte du jour nous y attend. C’est Monsieur Torpédo en personne. Au Cameroun, tout le monde le connait désormais comme producteur des spectacles de X Maléya, Charlotte Dipanda, San Fan Thomas et d’autres. Beaucoup ignorent sans doute que Torpédo est connu au plan mondial, jusqu’en Asie. Mais ce sont son humour et son humeur qui feront de lui un être à part.

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Entre me faire découvrir les recettes incroyables du « Braisenville », Bertrand Torpédo s’avère être un être attachant, intelligent, et…humble. Il est impossible pour moi de m’imaginer combien les gens du Cameroun, ne peuvent pas tirer expérience d’une si belle grandeur d’âme. On est donc à table. Bertrand me fait déguster un menu atypique : Du thon cru au citron (qui avait du mal à passer, je l’avoue), mais également  une assiette de légumes grillés, un Ceviche de Bonite, et ce bœuf saignant à déguster avec des patates impressionnantes.

14518226_1227173190668214_691652340_nQue dire de ce vin qui viendra tout arroser, dans une ambiance incroyable. Madeleine rit aux éclats. Toutes les blagues de Bertrand facilitent la digestion. Un coup d’œil sur son téléphone et la voilà qui s’exclame : «  Ca y est ! Il est arrivé ». Mais qui donc est arrivé ? Madeleine me répond que le sénégalais malvoyant Abou Sy est arrivé à bon port. Son application lui permet de le savoir. Cette belle nouvelle la replongera dans des rires interminables. Pourtant, on parlait affaire dans cette soirée très gastronomique.

14483404_1227173574001509_21082787_nAu-delà pourtant, j’ai rencontré deux individus qui incarnent le Cameroun qui gagne. J’ai rencontré deux êtres qui ont du cœur et qui sont loin des polémiques parisiennes vaseuses et vaniteuses. J’ai rencontré deux passionnés de culture, qui aiment profondément le Cameroun bien que vivant en France. J’ai rencontré Madeleine et Torpédo dans une nuit parisienne dont l’éclat était forcément le leur. J’ai surtout écouté deux grandes âmes, deux êtres généreux qui peuvent aider un inconnu ou ouvrir leur cœur, simplement parce qu’il est grand. Il est 1h du matin, il faut repartir. Le vin m’a un peu secoué, c’était le plus cher du restaurant, mais Torpédo voulait à tout prix me faire plaisir. Pendant ce temps, Madeleine manipule encore son téléphone.

  • Attends DANIA, je t’appelle un taxi.

Décidément, Madeleine !

A peine foulé ma chambre d’hôtel, elle m’écrit : «  On vient de me signaler que tu es bien arrivé. Je peux dormir tranquille ».

Ai-je rencontré des êtres humains ou des anges ce soir ?


Toujours Rfidèle et Mondoblogueur

Tiens, j’aperçois le grand studio de Radio France Internationale. Simon Decreuze me fait visiter. Qui vois-je ? Claudy Siar en direct de « Couleurs Tropicales ». Me voici donc dans les locaux de Radio France Internationale.

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« Dania, prends le métro, Ligne 5 ou Ligne 4 » me dit Simon (Decreuze) au téléphone. Le réalisateur du magazine « Atelier des Médias » s’étonne de mon insistance à demander plutôt la ligne de bus. Finalement, c’est le 126 qu’il me recommande. En arrivant à Issy-Val de Seine, il suffit de traverser la route pour arriver au nouvel immeuble de France Médias Monde (RFI, France 24, Monte Carlo Doualiya). Immeuble majestueux situé dans le département des Hauts-de-Seine, juste à côté de la gare ferroviaire. N’entre pas ici qui veut. C’est Simon lui-même qui descend me chercher. Pendant qu’il active son badge de sécurité, moi je dois entrer par une porte. « C’est mon invité » dit-il au vigile qui s’empresse de m’ouvrir les portes de ce paradis audiovisuel.

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Paradis audiovisuel, sur plusieurs étages. Et là, on prend l’ascenseur. Chaque émission, chaque rédaction, chaque langue a son compartiment. Les studios de RFI peuvent donner le tournis à nos techniciens ici. L’équipement de RFI donne envie de squatter là et de se dire comme dans les années 1990 : « RFI, la Radio du Monde, ça change du monde de la radio ». Un tel slogan est éternel. Je me demande d’ailleurs pourquoi ils l’ont changé. Tout est beau ici, la preuve, même l’émission «  Radio Foot Internationale » donne envie de rester sur place. Ils font de la vraie radio, pardi ! Simon me guette, amusé. Il n’ose pas me demander à quoi ressemblent nos studios radio au Cameroun. Au fond, il connait la réponse, du coup, il n’insistera pas. Mais pendant qu’on y est, où sont les équipes qui animent l’Atelier des Médias et Mondoblog ? J’aperçois Julien Le Bot, celui qui a présenté l’émission tout au long du mois de Septembre, en l’absence de Ziad Maalouf. Tiens, je l’ai appelé il y a deux jours. Il me propose de passer le voir au Nord de Paris avant qu’il ne se rende en Normandie. C’est cuit pour cette fois Ziad, on se verra au prochain séjour. Toutefois, si vous avez la chance de tomber sur sa messagerie, vous auriez la tendre impression que Ziad est en train d’introduire une nouvelle édition de l’Atelier des Médias. Où est Manon Mella ? Tiens, elle a publié sur son Facebook qu’elle est en déplacement à Nantes. Et mon Panda René Jackson alors ? Il dit qu’il ne viendra à RFI que demain. Bon, René est un peu comme ça hein, même au Cameroun, c’était déjà un bon petit français un peu distant et froid. On l’aime comme ça. Passons !

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J’arrive donc au bureau de ces génies qui font la toile de RFI (Mondoblog et Atelier des Médias). Mathias Virilli et Camille Deloche sont d’un délice relationnel. Rien à voir avec cet étrange monsieur qui a failli m’envoyer une belle droite dans le bus, juste parce que j’ai osé lui demander de reculer un peu son caniche qui devenait un peu agaçant. Il m’a lancé un regard qui semblait dire : « C’est la France ici. On l’aime ou on la quitte ».

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Bref, revenons, à des gens plus sympas. Mathias, Camille et Julien en l’occurrence. Ici, tout le monde s’aime. La bise est de mise, même entre hommes. C’est la fraternité de Mondoblog. Déjà, lorsque Ziad me parle au téléphone, il termine toujours par cet élégant « Je t’embrasse ». Oui, il y a de l’amour dans cet atelier de fabrication des billets, des podcasts et des chroniques qui viennent du monde entier. Camille doit se taper tous nos billets, les lire et les relire. Elle m’étonne même en me rappelant qu’elle a adoré un de mes derniers billets : Bande de moutons. Lorsque Simon insiste pour comprendre pourquoi je refuse de prendre le métro,  avant même de terminer mes explications, Camille sait déjà ce que je vais répondre. Elle a évidemment la réponse dans mon billet : Pourquoi j’aime les jeux olympiques.  Oui, elle raconte à Simon que mes problèmes cardio-vasculaires ne me permettent pas de supporter les hauteurs des escalators,  les escaliers trop longs des gares et des aéroports. Bref, de supporter ce rythme infernal des transports parisiens. Camille connait aussi bien la vie de 700 blogueurs francophones sans même sourciller ? Il faut croire que ce n’est pas évident hein, de parcourir toutes ces élucubrations quotidiennes. Je m’incline !

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Bon, allons faire un tour au grand studio Afrique. C’est l’heure de « Couleurs Tropicales » de Claudy Siar. Dans le conducteur de son émission, la chanson 5 est celle de Charlotte Dipanda. Je ne peux m’empêcher de sourire, car elle alimente la polémique en ce moment au pays en raison de sa participation plutôt désastreuse à l’hymne de la CAN 2016 de Football Féminin. Une chanson « exécrable » selon les dires des internautes plutôt déçus par la performance de la diva camerounaise.

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En tout cas, fidèle à lui-même, Claudy Siar sait glorifier même l’artiste le plus insignifiant du monde et en faire une icône en une seule phrase radiophonique. Il est fort ce Claudy, mais je dois quitter le studio. Mon guide Simon s’empresse de partir. Il doit rencontrer Philippe Couve (fondateur de Mondoblog) quelque part vers Porte d’Orléans. C’est drôle hein, voilà Simon obligé de prendre le bus 126 car on va dans la même direction. « J’aime les plans improvisés Dania. Tu ne veux pas qu’on s’arrête prendre une bière ? » Me demande Simon. Non, malheureusement, je dois repartir sur d’autres urgences parisiennes. Ce n’est que partie remise, de toute façon, puisque entre mondoblogueurs et Rfidèles, on se reverra bientôt, très bientôt.

Je vous embrasse.


Quel genre de mère es-tu ?

Quelle mère es-tu ? Une simple génitrice ? Un simple mammifère qui se reproduit comme tous ses cousins animaux ? Quel genre de mère es-tu ? Pourquoi nos mamans sont-elles si matérialistes ? Si calculatrices ? Si manipulatrices ? Derrière les filles que nous avons en Afrique aujourd’hui, se cache malheureusement le mauvais formatage de leurs mères.

Femme Indigne

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, assise sur son canapé et regardant « Secret Story » et « Novelas Tv » à côté de son bambin de 3 ans ? Franchement, que veux-tu qu’il assimile ? Quelles expressions souhaites-tu qu’il retienne ? Est-ce l’argot ou le français des marécages qu’on parle dans ces télé-réalités ?  Evidemment tu l’ignorais n’est-ce pas ? Tu ignorais que ce langage est celui des ghettos français. Non, tu l’ignorais parce que d’après toi, quand un français parle, c’est-à-dire qu’il parle forcement bien. Quel genre de mère es-tu ? Pourquoi ne pas suggérer à ton fils de vivre son âge simplement ? Pourquoi ne pas lui offrir un « Journal de Mickey », une bande dessinée, un jeu de coloriage ou lui permettre de visionner des dessins animés ? Non, toi, tu regardes des individus qui s’enferment dans un loft, se querellent, s’amourachent, s’insultent et se pavanent, et tout ceci devant ton regard fasciné et celui de ton fils, et tu n’es pas gênée ? Tu t’attends à quoi dans son adolescence ? Tu t’attends à quoi lorsqu’il devra te répondre demain ?

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, insultant ta fille parce qu’elle n’a pas su trouver le « gars idéal » à tes yeux. Tu aurais voulu un mec plein aux as, celui qui viendrait résoudre tes problèmes. Alors, ta fille est devenue ton espoir de rattraper tes multiples erreurs et tes mauvais choix. Tu as donc quatre filles. Chacune d’elle a cru devoir se faire enceinter avant l’âge de 20 ans. Evidemment, le cycle de la pauvreté est ainsi perpétré. Voilà pourquoi le premier individu qui se présente devant toi et qui demande la main de ta fille est presque le messie. Tu espères secrètement qu’il va te débarrasser de ce colis devenu encombrant que sont tes filles et les nombreux petits fils qui peuplent ta cour. Quel genre de mère es-tu alors ? T’es-tu au moins posé la question de savoir qu’est-ce qui n’a pas marché dans ton éducation pour que toutes tes filles soient aussi égarées ?

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, aujourd’hui tu pleures parce que ton fils est un « vaurien ». Souviens-toi lorsqu’il était enfant. A chaque fois qu’il escaladait les murs de son lycée pour sécher les cours, n’est-ce pas toi qui le camouflais ? A chaque fois qu’on le renvoyait d’un établissement scolaire, n’est-ce pas toi qui courais lui en trouver un nouveau ? A chaque fois qu’il manquait son admission en classe supérieure, n’est-ce pas toi qui forçais qu’on le mette en classe supérieure ? Simplement parce que tu avais plus le souci du paraître que du réel. Tu ne voulais pas que tes amies, sœurs et copines constatent que ton fils est un sacré cancre. Mais tu sais, la vérité finit toujours par nous rattraper. Le voilà aujourd’hui, ton fiston chéri, sans diplôme, sans travail, sans perspective, et qui vit chez toi, à l’âge de 32 ans.

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, qui a accepté que son fils devienne une « prostituée » le laissant traîner à la merci de cet investisseur riche, mais qui use et abuse de son anus. Oui, c’est succulent lorsque les « Western Union » et les « Money Gram » circulent. C’est succulent lorsqu’il t’achète une voiture, et lorsqu’il vient se pavaner au Cameroun. Tu proclames à haute voix : «  C’est mon fils, il travaille dur à l’étranger ». Oui, il travaille dur n’est-ce pas ? Vraiment dur. Passons.

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, et qui accepte que son fils fasse la revue sur les enfants des autres. N’oublie pas chère maman, que l’amour d’un père et d’une mère, n’exclut pas l’amour d’autres pères et d’autres mères. Comment peux-tu accepter cela ? Tu acceptes le défilé des filles dans la chambre de ton fils, une fille le matin, une à midi, une à 16h, et une qui passe la nuit. C’est pour te convaincre de quoi ? Que ton fils est le plus beau ? Et après ?

Qui est cette mère, cette mère que tu prétends être, menteuse devant l’éternel ? Une mère qui, parce que tu ne t’es pas mariée, alors, tu es jalouse de ta fille qu’on vient de doter. Pour mieux la détruire, tu t’interfères dans son ménage, tu te mêles de sa relation avec ton beau-fils, et évidemment, tu n’es jamais objective. Tu encourages ta fille à sortir, à faire le tour des discothèques, pendant que ton beau-fils est sagement assis à la maison à l’attendre et à lui ouvrir les portes à 3h du matin. Quelle mère es-tu ? Diabolique ! Encourageant ta fille de 22 ans, à quitter son amoureux de 30 ans, au profit d’un papy sponsor de 65 ans ? Au nom de quoi ? L’argent ? Le même papy sponsor, tu le nargues en encourageant ta fille à le tromper chez toi avec un autre papy sponsor ? Mais que se passe-t-il dans ta tête ?  T’as oublié que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Ta fille a une fille et tu transmets à cette fille les mêmes valeurs que tu as reçues de ta mère et que tu as transmises à ta fille, afin que ta petite fille à son tour, les transmette à sa fille qui les répercutera à son tour aux filles de ses filles. Après cela, chère mère, permets-moi de te demander : Pourquoi accouches-tu ? Pourquoi accouches-tu si c’est pour compter uniquement sur l’argent de l’homme ? Pourquoi accouches-tu si tu attends tout de l’homme, y compris d’accompagner ton enfant à l’école ? Pourquoi accouches-tu si tu n’es pas capable d’éduquer ton enfant et de lui transmettre des valeurs ? Pourquoi accouches-tu finalement ? Quelle est la différence entre toi et les autres mammifères ?


Bande de moutons

Les suiveurs, les imitateurs, les modélistes, les followers, les vrais moutons quoi. L’autre jour, j’ai une amie qui m’a envoyé un message Facebook pour me démontrer à quel point elle est toujours complexée. Je suis partagé entre la pitié et l’envie de la soigner. Le problème est que c’est devenu la maladie de plusieurs jeunes camerounais.

Moutons

Tu as vu les gens aller à Alfresco pour manger une pizza, alors tu veux aussi aller manger une pizza là-bas ? Voilà comment la gente féminine d’un certain type et d’un certain niveau fonctionne. Il y’a dans la mentalité des jeunes -qui ont plus de 25 ans et qui ne sont plus des ados- des attitudes qui m’interloquent et m’insupportent.

Comment comprendre que tu aies Bac +5, belle, intelligente, mais que tu réfléchisse comme la fille qui n’a pas fait le CM2 ? Comment es tu toujours autant fascinée par des modes déclenchées par des personnes qui n’ont que pour valeur, les choses éphémères ? Un nouveau snack ouvre à Yaoundé, tu y coures. Les gens mangent des beignets à Tchop et Ya Mo, alors tu publies sur Facebook que tu as mangé des beignets là bas. Finalement, est-ce de la vantardise ou de la bêtise ?

Quelle est ta personnalité réelle quand tu es suiveur ? Quelle est ton identité lorsque ta façon de penser s’appuie sur la pensée des autres ? Quelle est ta personnalité lorsque la seule chose qui te motive c’est de suivre les suiveurs, les coureurs, les moutons ? Quel est ton vrai « moi » ?

Ton vrai « moi », c’est de renier qui tu es, d’avoir honte de tes parents, de leur reprocher de n’avoir pas volé dans les caisses de l’Etat comme les autres parents. Ton vrai « moi », c’est de t’en vouloir d’être née là-bas, chez eux, dans leur simplicité. Tu aurais voulu être la fille de… Tu aurais voulu mener une vie qui est celle de ces enfants-là, n’est-ce pas ? Mais dis-moi, tu gagnes combien ? Connais-tu la valeur de l’argent ? Pourtant, tu sais dire : « je ne mange pas ceci », « je ne m’habille pas comme cela ». Franchement, quelle est ta personnalité ? Il y ’a quand même un âge où on est réaliste dans la vie non ? Il y ’a un âge où on sait faire la différence entre les aspirations légitimes et les rêves d’adolescentes non ? Vraiment, Alice au pays des merveilles, reviens sur terre !

Voilà pourquoi tu es complexée devant les enfants dits « enfants de riches ». Voilà pourquoi tu es alors grave complexée devant ceux qui viennent de Mbengue. Là alors, tu te sens tellement petite que tu deviens comme une vraie balle de tennis devant eux.

Et toi, jeune frère, sors un peu de ton mirage là. Si tu penses que le Cameroun n’est pas assez bien pour toi, deviens alors Gondwanais. Au Gondwana, peut-être que tu aurais une lampe d’Aladin pour résoudre tes problèmes. Mais ici, on est dans la vraie vie Tara. Tu ne peux pas gagner 150.000 FCFA le mois et vivre comme un pacha qui gagne 500.000 FCFA. C’est pour cela que tu t’endettes pour vivre, c’est pour cela que tu empruntes pour te payer une voiture. C’est pour cela que tu vis sur Mars.

Mais au fait, tout cela c’est pour impressionner qui ? C’est justement pour emmener d’autres camerounaises et d’autres camerounais à se complexer davantage ? La simplicité vous a fait quoi dans ce pays ? N’aimez-vous pas Obama quand il descend lui-même faire ses courses dans un supermarché ? N’aimiez-vous pas Nelson Mandela lorsqu’il portait ses chemises africaines et non des costumes ? N’aimez-vous pas des gens accessibles, des gens ouverts, des gens dignes ?

Entendons-nous bien, une pizza, une virée, des habits chers, tout cela, c’est bien, et même très bien. Mais si tu recherches derrière tout cela, une gratification, une reconnaissance, un certain respect ou une pseudo-admiration des gens, tu es complexé (e). Tu es simplement quelqu ’un qui a perdu tous ses repères et qui semble ne plus retrouver son chemin. Il en va de même des gens qui sont des moutons dans les églises. Ils prient parce qu’ils ont vu les gens prier. Ils baptisent parce qu’ils ont vu les autres familles baptiser leurs enfants. Ils portent des habits blancs parce qu’ils ont vu la voisine s’habiller en blanc. Arrêtons le culte de l’imitation au Cameroun. Sinon, imitons les choses simples, les plus belles, et surtout les plus essentielles.

 


Le jour où tu as souillé mon sperme

Petite sœur. Oui petite sœur. T’as jamais aimé ma franchise, mais ce soir j’ai le cœur lourd. Je te connais depuis 7 ans, et à chaque fois, notre relation a toujours été tumultueuse. Je voyais en toi une petite sœur, puis tu es vite devenue une amie, une confidente, et plus tard, une amante.

Il y’avait dans l’échange de nos regards, comme une fusion entre nous. Mais tout nous séparait. D’abord, notre écart d’âge, ensuite mes nombreuses ex que tu as vues et que tu as subies dans ma vie. Seulement, à aucun moment je ne savais que tu m’aimais. Du moins, c’est ce que tu prétendais. Tu attendais toujours que je me mette dans une nouvelle relation pour me le dire. Mais comment peut-on aimer quelqu’un et lui signifier le contraire ?

Petite sœur, que s’est-il vraiment passé entre nous ? Ai-je fléchi ou simplement je me suis laissé envoûter par un mirage ? Que s’est-il passé, petite sœur ? Pendant que moi je me confiais à toi, de ton côté, c’était silence radio sur ta vie. J’entendais par ci, par-là, tes échos les plus torrides. Tu avais une réputation de distributrice automatique de ton corps à qui voulait le prendre. J’en étais offusqué bien-sûr, mais je me disais toujours au fonds de moi que c’étaient tes oignons.

Petite sœur, entre-nous, tu m’as bien eu hein ? Tu t’es présentée à moi comme une Sainte, une vraie nitouche. Petite sœur, avoue quand même que ça me dérangeait de savoir que pendant que moi je respectais ce corps, toi tu l’exposais à toutes les souillures qui pouvaient exister dans ce pays. Petite sœur, tu me dis que ton cœur a été brisé quand tu as vu que je me suis mis avec une nouvelle fille. Mais tu étais où pendant tout ce temps ? Tu as goutté aux délices des dragueurs, aux draps souillés des auberges de Yaoundé, aux repas mal cuits des restaurants du Cameroun, et aux dangers de l’alcool. Oui, tu as parcouru tous les hauts lieux de plaisir de notre ville, à la recherche de je ne sais quoi. Je pensais que ton tour du monde du sexe finirait un jour par te tasser, te caser.

Tu es donc revenue vers moi, au prétexte de vouloir te caser, te marier. Tu es même venue me parler de vouloir me faire un enfant. Ce jour-là, alors que je m’y attendais le moins, tu as grandement et généreusement ouvert tes cuisses pour que je me plonge dans cette chaleur immense qui caractérise la douceur de ton corps. Je me suis senti englouti par cet élixir qui est ton envoûtante couronne charnelle. J’ignore qu’est ce qui s’est passé ce jour-là, mais on eût dit mon tout premier rapport sexuel. J’entrais dans ton corps comme si je tranchais du beurre. Si tendrement, si langoureusement, avec un cri intérieur que j’étouffais, car j’avais attendu ce moment depuis 7 ans. J’ai appelé tous mes aïeux, à l’ultime moment, celui de la connexion de nos effluves. Jamais éjaculation n’avait été si forte. C’est à ce moment-là que tu m’as dit que tu étais en période féconde. Evidemment, je ne t’avais pas cru, car je ne voyais pas comment tu pouvais te jeter dans mes bras après 7 ans, sans aucune précaution.

Sperme

Petite sœur, la vérité c’est que tu m’as bien embobiné n’est-ce pas ? Tu as commencé à me mettre une pression énorme, m’exiger ceci et cela, bref, vouloir devenir une télécommande pour ma vie. Mais t’as oublié petite sœur qu’on ne me télécommande pas. Je sais que le pouvoir des femmes se trouve dans leur vagin, mais là, petite sœur, tu as échoué. Tu as poursuivi tes mensonges, en montant et descendant partout. On t’apercevait dans des postures indécentes, dans des lieux insoupçonnés. Mais que me racontais-tu ?  «  Je suis à un mariage ». « Je suis à un deuil ». « Je suis dans un voyage avec mon père ». Tu tuais les membres de ta famille tous les weekends n’est-ce pas ? Tu as fini de tous les tuer, mais après, il y’avait toujours quelques survivants qui se mariaient. Il faut croire que ta famille là est étrange. Plus les gens y meurent, plus les gens s’y marient. Le comble, c’est lorsque tu te mets à écrire à un de tes nombreux monteurs devant moi, mais tu proclames que c’est ta coiffeuse. Tu l’appelles devant moi, apparemment, c’est un bon joueur comme toi, et il refuse de te voir. Mais toi tu insistes et tu t’en vas le rejoindre. Combien de fois m’as-tu raconté que tu ne pouvais pas sortir au-delà de 19h ? Franchement, tu m’as pris pour un gars naïf hein ? Au point même de me faire croire que tu avais un retard. Et lorsque je te demande de qui tu serais enceinte, tu fais semblant de t’énerver en m’accusant de te traiter de fille légère et vulgaire. Quand bien même tu aurais été enceinte, tu sais très bien, que l’enfant n’avait aucune chance d’être de moi. Et tu étais surprise que je te le dise en face. Malheureusement, tu as poursuivi dans tes mensonges. Et lorsque j’ai compris que t’avais pas du tout changé, j’ai regretté ce jour où tu m’as vu nu. Comment comprendre que tu me caches que tu as acheté de nouvelles chaussures ? Comment comprendre que l’un de tes nombreux monteurs et toi, vous vous prélassez devant ma porte, sans aucune gêne ? Vous vous ressassez votre moment cochon, et juste après, tu m’envoies un sms pour me demander pourquoi je t’ai ignorée quand je vous ai vus. Assurément, tu es un démon avec un corps humain petite sœur. Tu as réussi à me faire regretter le jour où mon corps et ton corps ont fusionné. Tu as déshonoré ma nudité. Tu as souillé ma semence. Néanmoins, merci pour ces moments. Je t’ai aimée. J’ai même voulu être avec toi comme Jésus a été avec Marie de Magdala. Oui, pendant que les gens étaient prêts à te jeter la première pierre, moi je voulais te prendre pour femme, ma chère « prostituée ». Dommage, t’as pas voulu que ce projet se réalise. Aujourd’hui je te souhaite bonne route en exorcisant ce jour où tu as souillé mon sperme.


Bientôt, même Jésus sera étudiant de l’IAI

Depuis quelques temps, le Représentant-Résident de l’Institut Africain d’Informatique (IAI) antenne du Cameroun ne passe pas inaperçu dans les médias. Entre consécrations internationales, propagande à outrance quand son roman est au programme scolaire du Gabon, et son projet de formation en informatique, Armand Claude Abanda a aussi décidé de s’attaquer aux paroisses religieuses. J’ai assisté à une messe surréaliste à travers laquelle, même Jésus aurait envie de prendre des cours à l’IAI.

Messamendongo

Cette messe avait quelque chose d’émouvant, de merveilleux et même d’exaltant. On n’était que le 14 Août, mais ce dimanche avait déjà des allures de fête de l’Assomption dans cette paroisse St Pierre Apôtre de Messamendongo (route de l’aéroport de Yaoundé). La chorale a donné le ton ; de la procession au Gloria, en passant par un Kyrie qui m’a poussé, moi, chrétien occasionnel, à confesser mes péchés. Oui, il y’avait quelque chose de magique au début de cette célébration eucharistique de l’église catholique romaine de ce coin du 4ème arrondissement de Yaoundé. Vraiment, tout allait bien, jusqu’au moment où, l’Abbé Joseph Désiré Essama Awono, curé de cette paroisse, entama son homélie. Quelques phrases, juste quelques phrases, sur ces extraits de l’évangile de Luc : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division ».  Pendant qu’on s’attend à ce qu’il nous explique cette « contradiction » biblique et surtout le lien entre ces phrases de Jésus, et la Première Lecture relative au prophète Jérémie sauvé par l’éthiopien Ebed-Mélek, voilà que notre Abbé, au quart de tour, et sans transition, nous parle des vertus des TIC et comment sortir de l’analphabétisme à travers la maîtrise des logiciels Word, Excel, Power Point, histoire de dire à ceux de ses paroissiens qui ne s’étaient pas inscrits à la formation de l’IAI, qu’ils avaient sans doute manqué le Salut. Cela résonnait un peu comme Jésus qui dit à Nicodème : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne pourra voir le royaume des cieux ». Mais, ici, ça sonnait ainsi : « Si un homme ne se forme pas aux TIC, il ne sera pas sauvé ». Devenu expert en orientation professionnelle, Monsieur l’Abbé ira même jusqu’à expliquer à ses paroissiens combien leur CV sera désormais gratifié de cette formation d’un mois (débutée le 4 juillet au sein de sa paroisse). L’Abbé s’est transformé en responsable marketing de cette formation, acceptant même l’exposition du visuel « MIJEC 2035 »,  qui côtoie allègrement les figures des Saints de la paroisse. Oui, désormais dans les églises, il est permis d’associer les messages marketing avec les images religieuses. Croyez-moi, Dieu est devenu moderne. Il aime le show, le spectacle et les paillettes. Le Dieu de la contrition et de la contemplation est mort. Il aime désormais la publicité, et pourrait même être inspiré de demander un dividende désormais. Pourtant, l’Abbé semble avoir oublié l’épisode où Jésus avait expulsé tous les marchands du Temple de Jérusalem en leur disant : « Otez tout cela d’ici et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »

Oui, à Messamendongo, on a oublié que la maison de Dieu ne fait pas de publicité, fût-elle à caractère éducatif. Parce que, lorsqu’Armand Claude Abanda fait son entrée dans la paroisse, l’homélie du prêtre est achevée. Mais, étrangement, il entre comme une pop star, entouré d’une suite de jeunes filles au visage froissé et à la chevelure remplie de mèches brésiliennes. Elles ont sans doute refusé de se rendre aux Jeux Olympiques de Rio de peur que les propriétaires de leurs cheveux ne le leur réclament. En tout cas, le Représentant-Résident de l’IAI est bien en poste, assis comme un prince sur un siège réservé aux rois. Qui a dit que tout le monde était égal devant le Seigneur ? Posez la question au curé, car, au moment de se donner «  la paix du Christ », c’est Armand Claude Abanda qui aura seul le privilège d’une accolade chaleureuse parmi les fidèles. Chose étrange, deux jeunes enfants prenaient leur première communion ce jour. Ils sont presque passés dans l’anonymat, en dehors d’une bénédiction du curé et de la prise de leur première eucharistie. Je ne me souviens même pas que leur nom ait été prononcé pendant cette messe. Par contre, les récipiendaires des attestations de fin de formation en informatique eux, étaient à l’honneur. Ils iront même en groupe remettre des cadeaux en natures et en espèces au curé, qui ne boudera pas son plaisir.

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Arrive alors le moment des allocutions. Pendant qu’une partie de la paroisse se vide, c’est la représentante des récipiendaires qui prend la parole. Cette maman d’un certain âge a cru devoir nous lire un discours qui avait plutôt des allures d’oraison funèbre. Une voix cassée, un accent meurtri par l’âge, et une lecture qui transformait la langue française en créole. Mieux, elle dira à Armand Claude Abanda qu’il ne fallait pas s’arrêter en si bon chemin, car « quand on sèvre un enfant brutalement, il risque attraper le kwashiorkor ». Même les plus fidèles de cette paroisse ont éclaté de rire. La maman poursuivra son propos en rappelant qu’Armand Claude Abanda a été élu meilleur manager 2015 en Afrique du Sud,  et lui dira : « vous avez été à l’écoute de tous les camerounais ». Oui ! Voilà une femme qui a payé 20.000frs CFA pour apprendre à utiliser Word et Excel, qui s’est payée un pagne spécial pour l’occasion, et qui a cotisé 5.000frs pour le cocktail de fin, mais qui se comporte comme si cette formation était gratuite. Heureusement pour nous, le supplice de son discours  ne dura plus longtemps. Vint alors le tour de l’Abbé Joseph Désiré Essama Awono qui ne tarira pas d’éloges envers la pop-star du jour et en lui répétant des remerciements qui avaient des allures d’appels du pied. Bingo ! Le curé annonce qu’il a besoin que le Représentant-Résident devienne le parrain de son projet d’ouvrir un centre multimédia au sein de la paroisse. Répondant à son appel, la pop-star annoncera que dès mercredi prochain, 10 ordinateurs seront fournis à la paroisse. Avec des youyous et des cris de joie fusant de toute la chapelle, l’Abbé Joseph Désiré ira embrasser Armand Claude Abanda devant son pupitre. Oui, l’église a du bon. Les cultes enflammés des églises réveillées ont trouvé de la concurrence ici à Messamendongo.

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Je vous assure, Dieu est venu guetter l’église de ce quartier. Quand Armand Claude Abanda dira que c’est une « église Androïde », Jésus a sans doute voulu aussi s’inscrire pour prendre des cours d’informatique. Cette expression Androïde est le nouvel opium du peuple camerounais depuis que le Président Biya a évoqué l’expression « génération Androïde » lors d’un récent discours à la jeunesse . Les catholiques de Messamendongo savent que lorsqu’on répète une phrase ou un mot du Président, c’est que le Président lui-même s’est déplacé. Et que dire de Dieu ? A ce moment, là, il devait certainement se dire que parmi ses créatures, Armand Claude Abanda était sans doute le meilleur en communication. Entre deux journaux parlés et/ou télévisés, entre deux interviews ou trois projets ici et là, Monsieur Armand Claude Abanda est la star des médias. Il y’a quelques temps, nos tympans ont entendu  à longueur de journée que son roman « Fils de Prélat » avait été retenu dans le programme officiel du système scolaire gabonais. C’était sans doute une autre occasion pour lui de nous démontrer qu’il était aussi un « excellent écrivain », de l’expression même du ministre de la Culture au Cameroun. Oui, Armand Claude Abanda est une star. Tellement que je me demande finalement s’il n’est pas vraiment un fils de prélat. Serait-il un fils de prélat ? Dans ce cas, il a toute sa place ici à l’église. Il peut y poser tous ses visuels, il peut y tenir des discours enflammés, il serait chez lui non ? S’il est vraiment fils de prélat, sans doute c’est la raison pour laquelle, après la messe, il aura droit à tous les honneurs : servi le premier, puis sa suite se servira aussi, à tel point que le prêtre dira : « Après le Représentant Résident et sa suite, quelques invités se serviront. Les récipiendaires des attestations, attendront ». Pauvres récipiendaires, eux qui se sont donnés tant de mal pour cette cérémonie. Beaucoup rentreront affamés. On leur a volé leur fête. Certaines femmes, frustrées, auront même le malheur de ne pouvoir satisfaire leurs invités, car le buffet va s’avérer insuffisant. Mais, pourquoi se fâcheront-elles ? Si le curé a mangé, si la pop-star a mangé, alors Dieu est content. Elles seront bénies d’avoir ainsi contribué au bonheur de ces illustres personnalités. Non, mesdames, ne vous fâchez point ! Surtout pas. La Bible ne dit-elle pas ceci (Luc 6 :21) : « Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés! ». Oui, oui, ils seront rassasiés ? Mais de quoi au juste seront-ils rassasiés ? En attendant, Jésus est content aujourd’hui, bientôt lui-même ira s’inscrire pour les cours informatiques. Après tout, il n’était pas encore Androïde à son époque non ?


Comment le harcèlement freine les jeunes

On aurait pu parler de sports, des jeux olympiques ou simplement du phénomène « Pokémon Go » qui fait rage dans le monde, ou encore des Journées Mondiales de la Jeunesse récemment tenues en Pologne, pour évoquer cette Journée Internationale de la jeunesse 2016, mais c’est plutôt un phénomène alarmant qui a retenu l’attention de l’UNICEF : le harcèlement.

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Plus de neuf sur 10 jeunes affirment que le harcèlement est un problème omniprésent dans leurs communautés, et les deux tiers disent avoir été victimes d’intimidation de première main. C’est un nouveau sondage réalisé par l’UNICEF qui le révèle à l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse 2016.

Le sondage a été réalisé par U-Report, un outil de plus en plus rapide de l’engagement des jeunes qui fournit une plate-forme pour plus de 2 millions de jeunes «U-Reporters » de plus de 20 pays. Dans le cadre du sondage, des jeunes ont été invités par SMS, Facebook et Twitter à répondre à une série de questions relatives à l’impact de l’intimidation dans leur communauté, leurs propres expériences personnelles du harcèlement et ce qu’ils pensent peut être fait pour mettre fin à ce type de violence. Plus de 100.000 U-Reporters, recrutés par des partenaires tels que les scouts et les guides, avec un âge estimé de 13 à 30 ans, ont participé au sondage, y compris les jeunes du Sénégal, le Mexique, l’Ouganda, la Sierra Leone, le Libéria, le Mozambique, l’Ukraine, Chili, la Malaisie, le Nigeria, le Swaziland, le Pakistan, l’Irlande, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, l’Indonésie, la Zambie et à travers le U-Report canal global.

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Le cas du Cameroun :

                Même si spécifiquement le Cameroun n’est pas évoqué dans ce sondage 2016, c’est néanmoins un secret de polichinelle de dire que la question du harcèlement est un phénomène sérieux au Cameroun. Anne Lucrèce Ntep, Miss Cameroun 2009 avait publiquement dénoncé les harcèlements dont elle était victime par les membres du Comité Miss Cameroun (COMICA) et par certains hauts cadres du pays. Elle avait également ému le milieu estudiantin en venant témoigner devant eux lors de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage de l’illustre Professeur Jean-Emmanuel PONDI. Le livre « Harcèlement sexuel et déontologie en milieu universitaire » n’avait pas que fait des amis à l’enseignant qui s’attaquait ainsi frontalement à un phénomène connu du grand public mais camouflé comme un sujet tabou. Beaucoup de jeunes filles ont été recalées par leurs encadreurs ou enseignants parce qu’elles n’avaient pas voulu céder à leurs avances. D’autres, moins scrupuleuses, ont simplement cédé à ce phénomène désormais appelé au Cameroun, les NST (Notes Sexuellement Transmissibles). Malgré les nombreuses interpellations de la société civile, le harcèlement au Cameroun n’a pas toujours subi le coup de fouet souhaité. Dans le milieu professionnel, dans les concours administratifs, dans le recrutement des hôtesses, dans les lycées et collèges, et même dans les établissements primaires, les jeunes filles subissent de fortes pressions morales et physiques. Il n’est pas rare de trouver au Cameroun des directeurs d’écoles primaires indélicats, surtout dans les zones rurales. Au lycée, certains établissements scolaires ont connu de drôles de fortunes du fait d’enseignants et de chefs d’établissements indélicats. En dehors des jeunes filles, les garçons aussi ont subi la loi du harcèlement. Les enseignants homosexuels et les adeptes des crimes rituels ont déversé leur dévolu sur les garçons et ce phénomène est relayé par les médias depuis des années.

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Au-delà du harcèlement sexuel :

                Mais les enfants et les adolescents ne subissent pas que des harcèlements sexuels. Insultes, humiliations, discriminations, chantages, sont autant de pratiques observées dans le milieu scolaire. Certains enseignants dénigrent les élèves du simple faite de leur précarité ou de leur handicap parfois. Les menaces sont légion, mais les enfants n’ont même pas l’opportunité de dénoncer leurs bourreaux. Parfois, ces pressions sont observées au sein même du milieu familial. Cela peut partir d’un tuteur, d’un oncle, d’un beau-père, d’un répétiteur, ou de toute autre personne qui exerce une forme d’autorité sur les enfants. Dans un tel contexte, l’égalité des chances est biaisée. Beaucoup de jeunes se mésestiment au Cameroun surtout dans leur quête d’un emploi décent. Les discriminations et les exclusions de toutes sortent réduisent une bonne partie de la jeunesse camerounaise à démissionner de ses efforts ou à recourir à des formes d’immigration parfois dangereuses et clandestines pour fuir la pauvreté.  Dans le milieu sportif, les jeunes footballeurs des catégories inférieures (minimes, cadets, juniors, espoirs) sont souvent victimes de harcèlement de la part des encadreurs pour être sélectionnés dans les équipes nationales. Les parents sont malheureusement condamnés à s’endetter pour satisfaire aux exigences des demandeurs afin de permettre à leur progéniture de réaliser leur rêve, synonyme de retour sur investissement un jour dans la famille.

Les alertes du U Report :

                Il faut donc saluer ce rapport de l’U REPORT de l’Unicef. Il met en exergue des propos qui n’auraient sans doute pas été évidents dans un contexte de libre parole. Ceci nous alerte sur la nécessité de protéger les enfants, les adolescents et les jeunes. Car :

  • Un tiers des personnes interrogées pensait qu’être victime d’intimidation était normal de sorte qu’ils ne l’ont jamais dit à personne ;
  • La majorité des répondants qui ont déclaré avoir été victimes de harcèlement ont dit qu’ils ont été victimes en raison de leur apparence physique ;
  • L’intimidation a également été attribuée au sexe ou à l’orientation sexuelle et à l’origine ethnique ;
  • Un quart des victimes ont dit qu’ils ne savaient pas à qui le dire ;
  • Plus de huit répondants sur 10 croient que la sensibilisation, y compris par la formation des enseignants est une façon d’aborder la question dans les écoles.

Dans certains pays, le harcèlement est dénoncé par le biais d’un numéro court et gratuit. Dans certains pays, le silence est brisé. Dans certains pays, le harcèlement n’est pas du tout toléré. Les Jeux Olympiques de Rio 2016 nous ont révélé au moins deux cas de harcèlement sexuel. Ceci est d’autant choquant que ce sont deux athlètes africains, un marocain et un namibien qui en sont les présumés. Ceci doit interpeller la jeunesse mondiale sur ce phénomène.

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Oui, à l’occasion de cette Journée Internationale de la Jeunesse, posons-nous ces questions :

  • Lorsque nous aurions harcelé toutes nos jeunes filles qui vont à l’école, comment ferions-nous pour qu’elles ne désertent pas les bancs pour échouer dans des mariages précoces ?
  • Lorsque nous aurions poussé tous nos jeunes sportifs à la tricherie, comment ferions-nous pour avoir des équipes compétitives et remporter des trophées ?
  • Lorsque nous aurions discriminé nous élèves et nos étudiants, quelle élite bâtirions-nous demain ?
  • Lorsque nous aurions empêché des filles et des garçons méritants à accéder à des emplois ou à des postes décents, du fait de leur origine, de leur handicap, de leur appartenance religieuse ou simplement de leur intégrité, « quel Cameroun voulons-nous pour nos enfants » ?