DANIA EBONGUE

Pourquoi négliger nos CHANpions ?

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Voilà une semaine déjà que le CHAN (Championnat d’Afrique des Nations), la 3ème édition a débuté en Afrique du Sud. Cette compétition, comme on le sait, réunit les équipes nationales A’, c’est-à-dire celles qui n’évoluent que sur le continent africain. Cette raison est suffisante pour que l’intérêt même de cette compétition soit contesté. Parce que depuis longtemps, les stades africains sont vides. Le football local attire très peu de monde, et l’unique attrait que les spectateurs ont pour le football, c’est bien lorsque les Yaya Touré, Drogba ou Eto’o sont présents dans un stade. Faut-il donc en déduire que le football africain est meilleur lorsque les joueurs évoluant hors du continent se déploient sur nos pelouses ou ce qui en tient lieu. Veut-on nous faire croire que si un joueur n’évolue pas à Marseille, Chelsea, ou Manchester City, il n’a aucune chance d’être adulé par le public du continent parce que fort peu médiatisé, fort peu payé, fort peu connu.

Mais à qui la faute, si ce n’est aux journalistes africains eux-mêmes, qui dans leurs manchettes font d’abord l’apologie des joueurs africains évoluant en occident ? A l’exception peut-être de ce journaliste photographe mauritanien qui a tout fait pour se retrouver au CHAN 2014, très peu des professionnels de la plume et du micro s’en donnent à cœur joie pour cette compétition que même les antennes africaines de BBC, RFI et CANAL + couvrent au rabais. On est loin des grands directs et des grandes analyses des consultants comme Joseph Antoine BELL, on est loin des chroniques sur le CAN, on est en tout cas d’un show médiatique digne de ce nom. Nos CHANpions sont oubliés, négligés, laissés au maigre sursaut de quelques rares télévisions nationales  obligées de suivre leur équipe. Ajoutez à cela la phrase de Patrick MBOMA, consultant sur Canal + : « Le CHAN n’égalera jamais la CAN ».  Lorsqu’un ancien ballon d’or africain fait ce genre de déclaration, que faut-il attendre de la visibilité d’une telle compétition ? Lorsqu’une icône du football africain a une telle posture dans une émission qui s’intitule pourtant « Talents d’Afrique », doit-on donc conclure que les talents africains ne se trouvent pas en Afrique ? Dans ce cas, peut-être faut-il admettre que ce football africain ne lui appartient plus.

Et pourtant, j’ai regardé un excellent match opposant le Nigéria au Mozambique sur la chaîne nationale de RDC. Là bas au moins, le football local est mis en valeur par le TP MAZEMBE de renommée mondiale (tout de même vice-champion du monde des clubs dans son palmarès), et presque toute l’équipe A est constituée de joueurs locaux. En RDC donc, le CHAN a un réel goût de CAN. De plus, des équipes comme le Ghana et le Nigéria profitent de cette compétition pour en faire une répétition générale pour la coupe du monde au Brésil. Le fait que Stéphen KESHI soit également le sélectionneur des A’ n’est pas le fait du hasard, car une bonne partie de son ossature actuelle complétera celle des professionnels au mondial brésilien. Des équipes comme le Maroc, répètent déjà la CAN 2015 c’est tout l’intérêt des rencontres comme celle qui l’a opposé au Burkina Faso.

Le CHAN est beau, je puis vous assurer, c’est une fête du football africain aussi belle que les autres. Elle manque de visibilité certes, mais elle est la garantie de la relève du football continent. Pour preuve, pour donner un coup de pouce à la jeune compétition, la Fifa a décidé, à partir du 12 janvier, de prendre désormais en compte les rencontres du CAN comme l’un des critères de son classement mensuel des sélections africaines. Chers médias d’Afrique et d’ailleurs, avez-vous besoin d’une motivation nécessaire ?  En out cas, cliquez ici pour avoir le calendrier des rencontres et , pour découvrir les enjeux de ce CHAN 2014.



RCA : Biya demande que la Misca soit transformée en mission onusienne

Paul Biya

Ce n’est pas toujours que le président de la République du Cameroun se prononce aussi clairement sur les questions diplomatiques. Le Cameroun a en effet une réputation de non-aligné ou de pays neutre, parfois même indécis. On reproche très souvent à ce pays moteur économique de l’Afrique centrale, de pratiquer la politique de la chaise vide lors de différents sommets. Pour preuve, pendant que le sommet de la CEAC (Communauté des Etats Afrique centrale) s’ouvre à Ndjamena ce 9 janvier 2014 avec pour ordre du jour la situation préoccupante en République centrafricaine, Paul Biya lui, recevait au Palais de l’Unité de Yaoundé, les vœux du corps diplomatique accrédité à Yaoundé. Comme un paradoxe, le doyen du corps diplomatique qui a pris la parole à cette cérémonie de vœux était de nationalité tchadienne. Personne ne peut croire que le chef de l’exécutif camerounais ait choisi le 9 janvier par un simple hasard du calendrier pour donner clairement sa position au sujet de la RCA. Il demande que la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) devienne une force de maintien de la paix de l’ONU.

A-t-il boudé ce énième sommet ou en a-t-il simplement assez de ces spéculations autour de la RCA ? Il est clair que Paul Biya n’est pas en phase avec son voisin, car on le sait, le Tchad s’accroche à la Misca alors que plusieurs pays du Conseil de sécurité ont demandé que la Misca se transforme en une mission des casques bleus de l’ONU. Peut-être alors que le Cameroun a bien compris que « les jours à venir sont pleins de surprises et d’événements pour la France tout comme pour le Tchad, nous saurons alors qui sera le gagnant dans cet imbroglio à plusieurs facettes et dimensions ».

Le paradoxe est que le Cameroun est pourtant l’un des contributeurs de la Misca. Paul Biya se félicitait d’ailleurs lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2013 en ces termes : « C’était le devoir, et c’est l’honneur, des soldats camerounais, de participer aux opérations de la force internationale qui visent à restaurer la sécurité et à protéger les populations chez notre voisin immédiat ». Mais alors, que s’est-il passé dans la tête du président entre le 31 décembre 2013 et le 9 janvier 2014 pour qu’il soit aussi formel : « Chaque  jour qui passe nous montre combien est complexe la situation (…)  d’où la nécessité de la transformation de la Misca  en une opération de maintien de la paix, conformément à la  résolution 2127 du Conseil de sécurité ».

Le Cameroun est un des contributeurs de la Misca. Il est aussi partie prenante de la Fomac (Force multinationale de l’Afrique centrale) et de la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (Micopax). Ces deux  forces d’interposition déployées depuis plusieurs années par les pays de la région se sont révélées incapables d’atteindre l’objectif d’un retour à la normalisation dans ce pays pauvre et enclavé. A ce jour, le Cameroun a déjà rapatrié près de 3 800 ressortissants à travers un pont aérien entre Bangui et Douala. Faut-il en déduire que le Cameroun craint de plus en plus pour la sécurité de ses frontières et interpelle l’ONU pour arbitrer au plus vite cette situation devenue incontrôlable ? Yaoundé a-t-il compris que dans Bangui à feu et à sang, « chaque avion qui le quitte, quelle que soit sa destination, délivre ses passagers de l’enfer ».


Les Grandes ambitions des Lions Indomptables pour Brésil 2014.

« Chers Lions Indomptables, vous vous êtes qualifiés pour la phase finale de la Coupe du Monde de Football 2014 au Brésil. Nous vous souhaitons de suivre les pas de vos illustres devanciers des campagnes glorieuses d’Espagne en 1982 et d’Italie en 1990. Faites-nous vibrer encore. Le peuple camerounais est avec vous ». Ces mots émanent du discours à la Nation camerounaise du Président Paul Biya, le 31 Décembre 2013. Car c’est connu, l’équipe nationale de football est fille de la politique étrangère du Cameroun. C’est donc tout naturellement que le journal de 13h de la radio nationale s’est délocalisé au Palais des Sports de Yaoundé pour le dévoilement de ce programme de préparation de l’équipe nationale du Cameroun. Malgré une qualité technique exécrable  de ce journal où les éléments sonores étaient inaudibles et mal réglés, l’auditeur de cette radio nationale a quand même tendre l’oreille pour retenir ceci du programme :

–          Février 2013 : stage de  regroupement avec les joueurs locaux pendant 4 jours.

–          5 mars contre le Portugal à Lille en France ;

–          Avril 2013 : Intensification du travail avec 30 Joueurs ;

–          13 Mai : Liste provisoire de 30 joueurs à la FIFA ;

–          20 Mai au 31 Mai 2013 : Stage en Autriche et match le 26 contre une sélection de l’ex Yougoslavie et un autre match en cours de négociation ;

–          1er Juin 2013 : les Lions indomptables joueront contre l’Allemagne à Mönchengladbach ;

–          02, 03 Juin : Repos des joueurs en famille ;

–          04 Juin : Match d’exhibition devant le public du Stade Omnisports de Yaoundé avant le départ pour le Brésil.

Ce programme officiel rompt avec les supputations diverses des sites d’information du Cameroun qui parlaient de rencontres avec l’Argentine, le Nigéria ou encore le Gabon. De la bouche du Professeur Joseph Owona, Président du Comité de normalisation de la fédération camerounaise de football, ces rumeurs viennent d’agents de matchs véreux qui profitent de l’image de l’équipe nationale du Cameroun pour négocier des rencontres sans en avoir le mandat. Le Professeur a ensuite fustigé cette presse camerounaise qui selon lui « demande de l’argent » au lieu de « faire son travail ».

A y voir de près, le sélectionneur Volker Finke,

Volker FINKE

 

qui a détaillé ce programme de préparation est le seul à l’avoir conçu et il l’assume pleinement. D’ailleurs, en prenant la parole, il a déclaré : « Je suis prêt Monsieur le Président », une façon de rappeler que les 4 entraîneurs de nationalité allemande qui officieront en Coupe du Monde 2014, sont tous issus de l’école fribourgeoise à laquelle il appartient. Les ambitions sont annoncées…


Ces applications qui tuent la téléphonie mobile.

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Dans les quartiers, une attitude vous frappe désormais chez les 15-35 ans ! Le doigt reste scotché sur leurs Smartphones et surtout avec l’arrivée du système d’exploitation Android. Les jeunes téléchargent des applications révolutionnaires, celles qui peuvent leur permettre de :

–          téléphoner gratuitement

–          chatter gratuitement

–          naviguer sur Internet de manière illimité.

Oui, les jeunes camerounais ont craqué tous les codes possibles. Au lieu de payer 10.000frs CFA ou 12.000frs CFA pour leur connexion mensuelle à Camtel, Orange ou MTN, les voilà devant leurs téléphones et n’ont plus peur de leur facture, puisqu’il y’en pas. Résultat des courses, Internet est démocratisé au Cameroun. Ceux qui vont encore au Cyber Café sont ceux qui utilisent encore leurs laptops ou autres ordinateurs pour surfer sur le web. Nos 15-35 ans n’ont plus ce problème à gérer, car désormais, les applications gratuites existent.

1-      Viber :

Plus de 200 millions de personnes utilisent Viber dans le monde. Le téléphone à la papa, c’est fini! Les appels gratuits en VoIP gagnent de plus en plus d’adeptes. Viber va plus loin que Skype. En WiFi ou en 3G, Viber permet d’appeler vos contacts qui ont installé Viber sur leur smartphone. Skype le fait aussi, avec en plus les appels vers des PC et les appels à téléphones normaux par crédits. L’intérêt de Viber se fonde sur l’avantage  d’afficher tous vos contacts téléphoniques, avec un logo Viber en face de ceux qui ont installé l’application. Vous pouvez aussi exporter l’historique de vos messages. Et si vous souhaitez convertir vos amis équipés d’un Smartphone, vous pouvez leur envoyer un message. Depuis Viber, vous pouvez recevoir des appels même quand l’application est fermée, appeler vos contacts Viber, ou vos contacts normaux (en utilisant votre forfait normal).

 

2-      WhatsApp :

WhatsApp Messenger est une application indispensable qui permet d’envoyer et recevoir des SMS gratuits vers les smartphones de ses amis. Multiplateforme, l’application permet d’échanger des messages, des images, de la musique, des vidéos et même sa position géographique. Relayant les SMS à l’âge de pierre, WhatsApp Messenger permet de communiquer à volonté et sans aucun frais avec ces contacts qui l’ont également installé. Il faut bien entendu avoir accès à Internet via une connexion 3G ou Wi-Fi. WhatsApp Messenger utilise le système de notifications Push: de fait, vous n’avez plus besoin d’être connecté en permanence au service pour recevoir des messages. Grâce à cette fonctionnalité, WhatsApp Messenger se révèle être aussi efficace que le service de SMS de votre téléphone. WhatsApp Messenger propose également des chats de groupe -jusqu’à 30 personnes- afin d’économiser les échanges inutiles et coûteux de SMS. L’application permet de réelles économies si vos amis l’utilisent régulièrement. Possibilité d’éditer et monter des vidéos avant l’envoi à vos contacts. Elle diffère de Viber en ceci qu’elle n’émet pas d’appels. Mais là encore, tout est gratuit.

 

3-      Kik Messenger :

Kik Messenger permet d’échanger des messages courts gratuitement, via la 3G ou le WiFi. Les messages arrivent en notification « Push », comme un texto. Ajoutons que Kik Messenger est multi-plateformes et permet d’envoyer des messages entre BlackBerry, Androidet iPhone… Pour peu que vos proches soient équipés de Smartphone, nous avons là un sérieux concurrent pour les SMS. La seule contrainte de Kik Messenger, c’est que vos contacts doivent installer l’application et créer un compte. L’inscription est rapide et se fait dans l’application, en quelques secondes.

Bien entendu, l’innovation est tellement galopante que d’autres applications comme ooVoo Video Call, Tango ou encore Hangouts et Libon Android vont même jusqu’à chatter en vidéo ou aller jusqu’aux vidéos conférences par simple Smartphone.  Aujourd’hui c’est donc la mort programmée des appels payants et des sms payants, surtout dans nos pays africains où la téléphonie coûte encore cher pour le consommateur et est toujours un luxe pour lui. Très peu de camerounais par exemple réussissent à charger leur crédit à 500frs (1 dollar)  le mois. Cette révolution d’applications gratuites va-t-elle donc tuer le chiffre d’affaires des compagnies de téléphonie camerounaises qui se situe entre 100 et 110 milliards de FCFA par an ? Les différents jeunes qui réussissent à installer Internet sur leurs téléphones et en illimité sont-ils dans l’illégalité ou simplement des génies de l’informatique ? En tout cas, tout cela entraine bien un remue-méninge chez nos amis développeurs. Est-ce la fin de cette téléphonie trop chère ?


Quand le marketing digital fait son buzz !

Voilà que la fin 2013 et le début 2014 nous aurons apportés deux enseignements majeurs : Le premier est que la radio, la télévision et la presse écrite ont du souci à se faire, mais çà, tout le monde ou presque le sait déjà. Le deuxième, c’est que,  aussi bien que l’industrie musicale est en perte de vitesse du fait de la musique numérique, aujourd’hui, c’est dans les réseaux sociaux que nous appellerons volontiers désormais médias sociaux que se trouvent les nouveaux codes de la promotion musicale.  Dans la plupart des pays du monde, la promotion d’un disque commençait par un single, puis une rotation dans les radios, et des clips en télé, suivis par une avalanche d’interviews, des notes d’écoutes et des unes de magazines. La tendance est tout autre aujourd’hui.

Le e-marketing ou marketing digital a gagné les habitudes depuis un moment. Le tableau mondial le plus spectaculaire en la matière est celui de Beyonce, artiste RNB américaine, qui, pour le lancement de son 5ème album a simplement dirigé les internautes vers le réseau social Instagram avec la mention « surprise » à travers laquelle on accède aux 14 titres de l’album éponyme « Beyoncé ». Elle avait bien gardé le secret longtemps, et comme tout effet de surprise, la « non-communication » de Beyoncé a eu plutôt un effet buzz, succès garanti.

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En effet, en 12 heures, son album s’est écoulé à 430 000 exemplaires. Beyoncé gagne ainsi le prix d’un digital marketing innovant, impulsé on l’imagine par sa maison d’édition Columbia Records qui, par un communiqué de presse, fait savoir que l’artiste Beyoncé en avait marre de cette façon classique et plutôt marathon de promouvoir un album, alors qu’un simple post sur Internet déclenche l’effet trainée de poudre. Beyoncé sait plus que jamais que les réseaux sociaux ont le pouvoir désormais. Ils sont plus rapides et plus puissants que les médias classiques. Voilà comment une artiste qui  a 8 millions de fans sur Instagram, 13 millions de followers sur Twitter et 54 millions d’amis sur Facebook dut se passer des canaux traditionnels parce que le Web est devenu une gigantesque caisse de résonance.

A côté de nous au Cameroun, l’année 2013  aura déclenché une nouvelle forme de promotion digitale. Deux singles, et voilà deux buzz assurés par deux rappeurs. Le premier se nomme Stanley Enow. Pas encore d’album sur le marché que notre jeune camerounais est l’artiste de l’année avec sa chanson « hein père » qui a débouché sur un label devenu incontournable au sein de la jeunesse camerounaise, grâce quand même à ses plus de 320 000 vues sur Youtube. Il a fallu quelques publications sur Facebook et Stanley a été sollicité pour tous les grands spectacles au Cameroun. La chaîne de télévision Trace Urban n’a pas eu d’autre choix que de mettre la chanson sur ses différentes playlist.

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Le deuxième se nomme Maahlox Le Vibeur. Las de n’être pas joué par les radios du pays qui préfèrent de loin les artistes qui paient des promos aux services commerciaux et aux animateurs, Maahlox a lancé son tube via son compte tweeter, et sur Youtube. « La bière c’est combien ici » est non seulement une parodie du phénomène de l’alcoolisme au Cameroun, mais se veut un véritable hymne des DJ lors des fêtes de fin d’années.

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Maahlox et Stanley  ont pris le pouvoir grâce aux 600 000  abonnés Facebook présents au Cameroun. Désormais, ils ne font plus la queue des radios et des promoteurs et c’est  même exactement l’effet inverse qui est observé.  Désormais, ils sont devant Lady Ponce, et X Maléya dans les charts au Cameroun. Ces derniers qui ont pourtant annoncé leur album en Août 2013 par des affiches, banderoles et pancartes dans les grandes métropoles du Cameroun, n’ont pas eu le succès escompté. Toute cette publicité n’a visiblement pas suffit, car le buzz se trouve uniquement sur Internet. La communication du 21ème siècle a donc changé de visage. Elle porte le visage de ceux qui ont le nouveau langage techno-numérique : Smartphone, tablette, et tout autre support de connexion instantanée. Ce monde digital appartient aux innovateurs et aux avant-gardistes. C’est un véritable casse-tête désormais pour les stratèges Ce digital marketing là ne coûte rien, mais il rapporte gros.

 


« L’année 2013 aura apporté au Cameroun, de réels motifs de satisfaction » selon Paul Biya.

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Ceux qui rédigent le discours présidentiel traditionnel du 31 Décembre à la Nation Camerounaise sont les spécialistes de la motivation psychologique et des effets d’annonce. Ce 31 Décembre 2013, le discours du Chef de l’Etat camerounais avait encore des allures de Bonne Nouvelle et d’Evangile. Le Cameroun institutionnel tranche souvent avec le Cameroun de tous les jours. L’optimisme du président est quand même tâché de nuances tout à fait réalistes :

1-      « L’investissement privé demeure quant à lui insuffisant ». Nous dit Paul Biya, dans une posture où il fait un bilan de cette année 2013  des agissements économiques ;

2-      Il décrie l’individualisme des personnes qui agissent dans l’administration camerounaise, et déclare à cet effet que: « nous sommes un peuple d’individualistes. Notre administration reste perméable à des intérêts particuliers » ;

3-      Il s’attaque aussi dans une grande partie de son discours, aux questions de sécurité ou plutôt d’insécurité qui ont été le lot des frontières camerounaises en 2013 : « la criminalité transfrontalière s’est développée de façon inquiétante au Nord et à L’est du Cameroun ».

En mentionnant le déploiement des forces de sécurité du Cameroun autour de nos frontières et présentes dans la force africaine en Centrafrique, Paul Biya a salué leur bravoure notamment dans la libération de la famille Moulin-Fournier et surtout pour la libération ce 31 Décembre même, du père Vandenbeusch.

C’est évident, la sécurité autour du Cameroun préoccupe son chef qui exhorte ses compatriotes à s’approprier les atouts de ce pays stable et prospère. Prospérité mise en avant à travers l’action publique et les trois élections de l’année 2013 (Sénatoriales, Municipales et Législatives) qui se sont déroulées dans le « calme » et la « transparence ». A ce propos, selon le Président de la République, il convient de « rendre hommage à ELECAM ». Un pays qui peut se targuer d’avoir un taux de croissance de 4,8% cette année, en deçà des 6,8% prévus. Des chiffres qui selon lui, sont «l’expression de la maturité du peuple camerounais ».

Pourtant, c’est à ce même peuple que Paul Biya demande deux choses : « Il nous faut maintenant agir » et « Je vous invite à un nouveau sursaut patriotique ». Le sursaut patriotique que Paul Biya attend le plus en 2014 est sans doute celui des Lions Indomptables en football, à qui il dira : « Faites-nous vibrer encore, le peuple camerounais est avec vous ! ».  Tout y était dans ce discours : La vie politique, la vie sociale, la vie économique, le sport et la santé. Un domaine dont Paul Biya dira qu’il est en bonne voie avec la création future de trois nouveaux hôpitaux de référence au Cameroun, un à Douala, un Yaoundé et un à Sangmélima. Sans doute en écoutant ce discours, le Cameroun donne envie d’y venir, surtout qu’avec le sens de la formule qu’on lui connait, le président conclura en ces termes : « notre pays connait la paix et la stabilité, alors que nous manque t-il ? ».

 


Auditrice Stupide de Koppo.

Koppo a vraiment le sens de la répartie. Pour un rappeur, parfois ses piques ont le chic d’être le tic qui survient avec beaucoup de tact. Mince alors ! Voilà une auditrice, comme il y’en a beaucoup un peu décalées dans nos émissions radios à Yaoundé. Celle-ci pensant être intéressante, j’imagine, se retrouve face au chanteur Henri Dikonguè plutôt naturel, tandis que notre auditrice du quartier Jouvence était vraiment perdue dans un autre astre. A la question de Koppo, qu’as-tu mangé aujourd’hui ? elle répond par une expression incompréhensible et indescriptible.

–          Qu’as-tu mangé au juste ? Insiste Koppo

–          …

–          Je demande ce que tu as mangé pour les fêtes de Noel ?

–          …

–          Tu réponds alors ?

–          Mais je t’ai déjà répondu, je t’ai dit que j’ai mangé des espèces de petites souris.

–          Ah, je vois, toi tu es une vraie CHATTE alors !

Oh, mon Koppo, même en en plein studio radio, tu es en chaleur ?

 

 


Quelle faim damnée!

Quelle faim damnée !

Oh là là !!! Le rapport 2013 sur la faim dans le monde est effrayant ! Les gens sont sous-alimentés sur notre planète. C’est une fin d’année qui fait froid dans le dos, alors je me demande : Va-t-on bouffer en 2014, 2015 et 2035 ? Le Cameroun, mon pays, s’en tire avec 13% de taux de prévalence de sous-alimentation. Cela m’écœure, puisqu’à l’observation des nombreuses poubelles autour de ces fêtes de fin d’année, on se dit, quel gâchis ! Ceux qui hypothèquent leurs salaires du mois de Janvier au profit d’une semaine de folie à coups de réveillons et de boissons à profusion ont-ils pensé à ces nombreux enfants qui ont arpenté les rues de Yaoundé à la recherche d’une simple pitance ?

Tableau de la situation de la faim dans le monde
Pays
 Cameroun Données
Population totale 20.5 million
Nombre de personnes sous-alimentées 2.7 million
Prévalence de la sous-alimentation 13.3 %

 

 

 

Pendant que le Cameroun est à 13,3%, des pays africains comme l’Afrique du Sud et le Ghana sont à moins de 5%. Voilà à coup sûr des pays qui vont dans le sens de l’émergence. Mais comment expliquer ce chiffre du Cameroun face au Mali qui a connu deux crises majeures : La crise du Sahel et la guerre du Nord. Il nous semble que le Mali est moins agricole que le Cameroun, mais pourtant il n’est à 7,3% de prévalence. Par contre, chez nos voisins de la RCA, la guerre de cette fin d’année n’est pas là pour arranger les choses : 28,2%. C’est la catastrophe !

Tableau de la situation de la faim dans le monde
Pays
Ghana Données  
Population totale 25.5 million  
Nombre de personnes sous-alimentées ns million  
Prévalence de la sous-alimentation <5 %  
République Centrafricaine Données  
Population totale 4.6 million  
Nombre de personnes sous-alimentées 1.3 million  
Prévalence de la sous-alimentation 28.2 %  
Mali Données  
Population totale 16.3 million  
Nombre de personnes sous-alimentées 1.2 million  
Prévalence de la sous-alimentation 7.3 %  

Situation de la faim ds le monde

Et pourtant, d’après les chiffres publiés par la FAO, en 2011-2013, 842 millions de personnes dans le monde, soit près d’une personne sur huit, souffraient de faim chronique, c’est-à-dire qu’elles ne recevaient pas assez de nourriture de façon régulière pour mener une vie active. Ce chiffre est inférieur aux 868 millions de personnes dans cette situation en 2010-2012. Depuis 1990 -1992, le nombre total de personnes sous-alimentées a baissé de 17 pour cent.

Cela pourrait paraitre une bonne nouvelle, mais à la vérité, c’est la consommation qui galope, et à ce jeu là, seuls les commerçants trinquent. Les vendeurs de poulets à Yaoundé ont doublé, voire triplé leurs prix. Comme on dit chez nous : « C’est un nouveau poulet » ? Vraiment ! Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer les fêtes de fin d’année ? Qui a eu cette idée de provoquer la pénurie et l’inflation des produits comme l’oignon, la tomate, les tubercules, etc. La consommation augmente peut-être mais les gens ont faim. Ils ont surtout faim de fin d’année, et ils participent à la fin programmée des réserves de leur portefeuille. Maudit mois de Janvier ! C’est le mois des dettes, alors que les alimentations, caves, bistrots, bars et supermarchés eux, se lèchent les babines, car c’est connu, les   fêtes de fin d’année augmentent les chiffres d’affaires des grandes surfaces.

Les victimes de la faim damnée sont donc  les femmes, les enfants, les paysans expulsés de leurs terres, les pauvres urbains… En définitive, ceux et celles qui constituent la masse des opprimé/es du système capitaliste. Parmi les gagnants se trouvent les multinationales de l’industrie agro-alimentaire qui contrôlent du début jusqu’à la fin toute la chaîne de production, de transformation et de commercialisation des aliments. Ainsi, alors que la crise alimentaire frappe principalement les pays du Sud, les multinationales connaissent une forte croissance de leurs profits !

Que mangera t-on en 2014 ?

 


Un café à ce pape qui a fait du Vatican, la vraie ONU !

Ce 25 décembre 2013, la perception que j’ai eue du pape François a changé. Il avait quelque chose de Jean-Paul II dans sa première bénédiction « urbi et orbi » (à la ville et au monde), donnée à la Basilique Saint-Pierre, au Vatican, devant des fidèles et même des fans séduits, comme moi, je l’avoue. Je me demandais récemment si le pape François est vraiment l’homme de l’année 2013. J’ai même pensé que c’était un peu trop tôt pour aduler notre nouveau pape. Mais peut-être suis-je allé trop vite ?

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Je me suis senti un moment envahi par cette prédication chrétienne aux accents de plaidoyer pour une meilleure configuration des relations internationales. Si on peut lui reprocher de ne pas être aussi polyglotte que ses prédécesseurs Benoît XVII et Jean-Paul II,  ses paroles épousaient bien l’air du temps : « La paix est un engagement que l’on fait avancer tous les jours », nous dit le souverain pontife qui a alterné sa double qualité de chef Spirituel et chef d’Etat du Vatican. Il demandera notamment dans sa prière : « Donne la paix à la République centrafricaine, souvent oubliée des hommes ». La même démarche est entreprise pour la Syrie : « Continuons à prier le Seigneur, pour qu’il épargne au bien-aimé peuple syrien de nouvelles souffrances et que les parties en conflit mettent fin à toute violence et garantissent l’accès pour les aides humanitaires ». Une véritable revue des relations internationales de cette année 2013, car tout y passe : le Soudan du Sud, le Proche- Orient, le drame de Lampedusa, et les Philippines.

Le Pape François, ce 25 Décembre

Oui, la Cité du Vatican est devenue l’espace d’un 25 décembre, la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. On a écouté le plaidoyer d’un chef d’Etat aux allures de secrétaire général de l’ONU, plongé dans une défense des grands problèmes stratégiques et géopolitiques,  pour « que des tragédies comme celle de Lampedusa n’arrivent jamais plus ! » François s’est adressé à la ville et monde, en mondovision, après tout, c’est cela qu’on attend des princes, et surtout des princes de l’Eglise. En espérant que celui-ci n’abdiquera pas comme son prédécesseur, car rappelons-nous, 2013, c’était l’année des abdications record.

Cliquez ici pour lire (le texte) ou voir (la vidéo) de l’intégralité du message urbi et orbi du pape François.

 

 


Bretagne et Cameroun : Pour le meilleur et pour le pire !

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Hé, vous là ! Vous connaissez la Bretagne ? Ce n’est pas l’Angleterre, l’Ecosse ou le Pays de Galles. Là-bas c’est la Grande Bretagne. Et eux là, on les appelle les britanniques, tandis que les habitants de la Bretagne sont les bretons. Les bretons, ce sont des celtes, c’est-à-dire les cousins des irlandais, des gallois et des écossais. Voilà pour la leçon de Géographie. Mais franchement, les bretons (français) aiment le Cameroun, ou plutôt l’inverse, je ne sais pas…

Je vous prends l’exemple du football. Souvenez-vous de Paul Le Guen entraineur malheureux de l’équipe nationale du Cameroun en Coupe du Monde 2010. Il a battu tous les records avec les lions indomptables : C’était l’équipe africaine la plus chèrement logée en Afrique du Sud, c’était aussi la première équipe éliminée lors de la phase finale, et lui, Paul Le Guen, c’est l’entraineur qui a battu le record de salaire en équipe nationale (70 millions de FCFA par mois). Oui, les bretons aiment le Cameroun.  La chanteuse BAMS qui est l’invitée de la Première Dame Chantal Biya pour ses festivités caritatives de Noël et de Nouvel an (en 2012 et 2013), est managée par le cinéaste Fred Gélard … Un breton !

Bams et Chantal Biya

 

Je reviens au football. La saison 2013-2014 de Ligue 1 compte plusieurs clubs bretons : En Avant Guingamp, Stade Rennais et FC Lorient. A Rennes, deux titulaires camerounais cette saison : Jean-Armel Kana Biyick et Jean II Makoun. A Guingamp, le gardien de buts se nomme : Roland Ndy Assembé. A Lorient, le meilleur buteur en ce moment, c’est Vincent Aboubakar. Que se passe t-il donc pour que la Bretagne aime tant les camerounais ? Que se passe t-il pour que cette région de la France épouse avec maestria les talents artistiques et sportifs du Cameroun ? Est-ce par hasard si le meilleur entraîneur de football du Cameroun est un breton ? Claude Le Roy !

Claude Le Roy

 

Avec le Cameroun en effet, il a connu de 1985 à 1998, 15 victoires, 6 nuls et 6 défaites, avec une coupe d’Afrique des nations en prime en 1988. Deux ans auparavant, il offrit déjà une place de finaliste au Cameroun à cette même CAN. 10 ans après, en 1998, il connut 5 victoires, 3 nuls et 2 défaites.

Souvenons-nous qu’en 1998, l’Equipe de Bretagne de Football dispute son premier match contre qui ? Le Cameroun ! Le match nul qui sanctionna cette rencontre, est une preuve de l’amour qui lie ces deux pays.